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Points de vue du Ligueur

Le point de vue du 31/03/2009

Pollution : protégeons les tout-petits

Pollution : protégeons les tout-petits

La pollution influence bel et bien le développement des enfants, c’est ce que confirme une étude du Steunpunt Milieu en Gezondheid, commanditée par le gouvernement flamand. De 2002 2007, le centre d’expertise de neurotoxicologie et de neuropsychologie de Geel a suivi 200 nouveau-nés jusqu’à leur troisième anniversaire, et l’analyse du sang provenant de leur cordon ombilical révèle une influence néfaste de certaines substances chimiques dans leur développement intellectuel et comportemental. Une forte concentration de plomb, par exemple, se traduira par une activité plus grande que la moyenne, mais aussi des difficultés de concentration et des résultats plus faibles aux tests de QI. PCB (PolyChloroBiphényles), pesticides, dioxine, toutes ces substances nocives peu biodégradables s’accumulent dans le corps humain et jouent donc un rôle dans le développement de l’enfant, retardant tantôt ses premiers mots, tantôt ses premiers pas. L’utilisation de ces polluants est pourtant en constante diminution, et même si les facteurs héréditaires, l’alimentation et l’environnement familial restent déterminants, des résultats similaires ont été observés dans d’autres pays, qui soulignent encore l’importance d’un environnement sain pour faire grandir nos petits bouts.

 

Le point de vue du 27/03/2009

Euthanasie des mineurs : une réalité cachée

Euthanasie des mineurs : une réalité cachée
Alors que le débat sur l’euthanasie vient d’être relancé par Amelie Van Esbeen, une nonagénaire qui réclame le droit de mourir, des experts universitaires flamands tente de lever le voile sur l’euthanasie des mineurs. Après l’analyse des pratiques en vigueur dans cinq des sept unités de soins intensifs pédiatriques du pays, le constat est très clair : même si la loi sur 2002 n’autorise que l’euthanasie des adultes consentants, les souffrances de certains mineurs sont également abrégées. Ces deux dernières années, sur un total de 76 cas, le personnel soignant s’est contenté à 51 reprises d’arrêter les soins actifs et d’atténuer les souffrances du jeune malade. Dans 25 cas par contre, médecins et infirmières ont pris la décision d’administrer des substances létales au patient en fin de vie. En connaissance de cause, neuf infirmières (ou membres du personnel soignant des unités de soins intensifs pédiatriques) sur dix se déclarent favorables à l’extension de la législation aux 12-17 ans. Nombreux sont donc ceux qui revendiquent le droit à l’enfant de mourir dignement.
Malgré l’interdiction légale et le tabou qu’elle représente, l’aide à la fin de vie des mineurs est donc une réalité dans notre pays, ce qui ne manque pas de susciter les plus virulentes réactions ; notamment celle du sénateur MR Philippe Monfils, qui, dès la publication de l’enquête, a demandé des poursuites contre chaque membre du personnel soignant qui aurait bravé l’interdit légal en participant à ces aides à la fin de vie.

 

Le point de vue du 25/03/2009

Décret Mixité : suite et fin ?

Décret Mixité : suite et fin ?

Après des mois d’attente et de crispation, il aura encore fallu plus de 5 heures de débats et pas mal "d’amendements techniques" à la Commission de l’Education du Parlement pour aboutir à l’adoption d’une nouvelle mouture du décret Mixité, lui-même né des cendres du décret Inscriptions. Le texte a immédiatement été soumis à la séance plénière, où la majorité PS-CDH est parvenue à faire passer son projet. Du côté de l’opposition, MR et Ecolo ont préféré s’abstenir, et ne cachent pas leurs craintes vis-à-vis d’un texte jugé flou, qui modifie des procédures en cours.
Le "nouveau" décret s’articule autour de trois points importants. Premièrement, le report des inscriptions pour la rentrée de septembre 2010 au plus tôt au mois de février de la même année, qui oblige la majorité à plancher sur une solution définitive d’ici-là. Ensuite, la possibilité pour les directeurs d’école d’ouvrir des places supplémentaires - une disposition qui peine à convaincre les détracteurs du projet-, et finalement, le dégonflement définitif de cette fameuse "bulle des inscriptions multiples". Déjà à la base du texte présenté, Julie De Groote (CDH) et Véronique Jamoulle (PS), promettent  d’immédiatement s’atteler à une nouvelle version qui, c’est la volonté des participants, sera élaborée à partir d’une feuille blanche. On leur souhaite bien du courage, ainsi qu’aux parents et enfant restés dans une inconfortable situation d’expectative.  

 

Le point de vue du 23/03/2009

Cosmobot, le robot thérapeute

Cosmobot, le robot thérapeute

Kevin, petit Américain de 6 ans, souffre de graves troubles de développement. Atteint de dyspraxie, il éprouve des difficultés à s’exprimer ou comprendre des concepts simples comme la  causalité ou la temporalité. La vie de tous les jours lui demande d’énormes efforts de concentration, mais ses parents sont ravis de constater une nette amélioration de son état depuis un an. La raison de cette évolution ? Un petit robot, nommé Cosmobot, qui devenu son meilleur ami. Cosmobot est une sorte de cousin bleu et jaune de Nono le petit robot, et il apprend à Kevin à mieux communiquer. Il répond à la voix, aux mouvements, et un gant équipé de capteurs permet son utilisation pour des exercices physiques, afin d’améliorer les capacités musculaires et motrices de l’enfant. Et ça marche avec Kevin ! Son comportement, ses relations avec les autres et son attitude en classe révèlent d’énormes progrès qui enthousiasment, outre ses parents, ses médecins et professeurs. Il réapprend à communiquer avec le robot, pour mieux communiquer avec les autres, et devrait ainsi poursuivre une scolarité classique. Un bel encouragement pour tous les parents d’enfants atteints de troubles du développement, et une nouvelle preuve du potentiel énorme de la robotique dans divers traitements thérapeutiques.  

 

Le point de vue du 20/03/2009

Istanbul Project 2009

Istanbul Project 2009

Cinq jeunes Belges participent au Forum mondial de l’eau qui se tient actuellement à Istanbul. Ils sont porteurs de recommandations formulées par 130 jeunes le 13 février dernier aux parlementaires fédéraux. Vous pouvez lire des nouvelles fraîches d’Istanbul sur le blog http://istanbulproj2009.wordpress.com.

L’asbl Green et Protos encadrent la démarche citoyenne ici et en Turquie. Parmi les recommandations votées au sein de l’assemblée juvénile figure la demande d’inclure l’accès à l’eau potable et l’assainissement dans la charte des Droits de l’Homme. Les revendications sont également concrètes au quotidien : 30 litres pour et par personne et par jour partout dans le monde. Les jeunes stigmatisent les 1800 milliards de dollars consacrés à la Défense dans le monde, qui écrasent les modestes 80 milliards pour la coopération au développement. Ils souhaitent encore que le parlement fédéral vote une loi obligeant à consacrer 1% du budget dédié à la prévention des conflits suscités par le réchauffement climatique n investissant dans des projets hydrauliques dans les pays en manque d’eau.
Toutes les 15 secondes, un enfant meurt d’avoir bu de l’eau impropre à la consommation. Cette situation ne fait que s’aggraver au fil du temps puisque les besoins en eau augmentent deux fois plus vite que la population. Les scénarios les plus pessimistes prévoient qu’en 2050, ce sont sept milliards de personnes, répartis sur 60 pays, qui souffriront du manque d’eau.
Cette année, le Parlement des Jeunes Bruxellois pour l'Environnement se concentre sur les thématiques des changements climatiques et de l'eau. Les parlementaires juniors sont occupés à rédiger des propositions de campagnes qu'ils soumettront aux élus bruxellois le 13 mai prochain. Ce jour-là, jeunes et adultes débattront des propositions et voteront leur adoption.

P.G.

 

Le point de vue du 18/03/2009

Sans-papiers : l’appel du 18 mars

Sans-papiers : l’appel du 18 mars

Le 18 mars 2008, les partis de la majorité signaient l’accord de gouvernement et offraient un espoir immense aux sans-papiers en annonçant la mise en place rapide d’une circulaire de régularisation aux critères clairs et précis. Un an de crise communautaire, sociale et économique plus tard, la situation des milliers de clandestins concernés n’a pas avancé d’un pouce. Et l’atmosphère devient irrespirable : il faut sortir de l’impasse au plus vite. Par-delà l’attente intenable, le mépris et les préjugés, la mobilisation néanmoins a pu poursuivre son cours. Associations, syndicats, universités, de nombreuses voix ont continué à s’élever pour prendre la défense des sans-papiers, jusqu’à l’exceptionnel soutien  conjoint des différentes confessions religieuses, ou, autre première, l’intervention commune des deux barreaux du pays. Dernièrement, treize requérants sans-papiers ont introduit une action en responsabilité civile, et leurs avocats réclament la réparation des dommages moraux et matériels subis par les sans-papiers, ainsi que l’adoption définitive d’une circulaire de régulation. Cette action  fait figure d’ultime coup de pied dans la fourmilière, alors qu’un millier de manifestant défile dans les rues de Bruxelles pour marquer le triste anniversaire d’un accord gouvernemental qui n’a pas tenu ses promesses.
 

 

Le point de vue du 13/03/2009

Un statut pour les accueillantes, et vite !

Un statut pour les accueillantes, et vite !

700 accueillantes d’enfants sont descendues vendredi matin dans les rues de Bruxelles pour réclamer un statut "complet propre à leur métier". Avant d’être reçus par Herman Van Rompuy et Joëlle Milquet, respectivement premier ministre et ministre de l’Emploi, les syndicats s’étaient entretenus avec les ministres communautaires de la Petite Enfance, Catherine Fonck et Veerle Heeren. Aucun engagement ferme n’en est ressorti, malgré l’assurance de la ministre Fonck d’adopter "une position dynamique". De son côté, Joëlle Milquet s’est engagée à instaurer un nouveau statut de salarié, combiné à un barème limité, pour le premier janvier 2010. Malgré l’ecourageante nouvelle, le chemin sera long avant la présentation du projet devant le Conseil des ministres, et l’application effective des nouvelles dispositions. Le barème prévu pour les nouvelles accueillantes est cependant considéré comme un "barème du pauvre", et les accueillantes actuelles souhaitent un phasage progressif vers ce statut de salarié. En définitive, puisque les trois ministres concernés sont de bord politique différent, le dossier a été confié à Herman Van Rompuy, afin d’éviter toute tentative de récupération politique à l’approche des élections. L’avenir semble plus clair pour les accueillantes d’enfants, inutile de préciser qu’il était grand temps !

 

Le point de vue du 11/03/2009

Allonger le congé parental : l’Europe dit oui

Allonger le congé parental : l’Europe dit oui

Les ministres européens chargés de l’Emploi et de la Famille ont accueilli favorablement le projet de la Commission européenne d’étendre le congé de maternité, qui passerait ainsi de 14 à 18 semaines. Lundi, un débat préliminaire confirmait la volonté d’une majorité d’états-membres - dont la Belgique - d’aligner les normes européennes sur les recommandations de l’Organisation internationale du travail (OIT). Quelques voix dissonantes se sont toutefois élevées, puisque Malte, l’Autriche, le Luxembourg et les Pays-Bas ont ouvertement désapprouvé l’initiative, jugeant que la directive actuelle permet déjà aux femmes de concilier convenablement vie professionnelle et familiale. En outre, ces pays craignent qu’une telle mesure n’affaiblisse la place des femmes dans le monde du travail. Et cette crainte est partagée même par ceux qui se prononcent en faveur du projet, vu que le taux d’emploi des femmes en âge de maternité est plus élevé lorsque celles-ci sont seules ou ne désirent pas d’enfants.
La Belgique et plusieurs autres pays souhaiteraient également profiter des échanges pour mener parallèlement un débat sur le congé parental des pères, qui souffre d’énormes disparités dans son application au sein des différents états-membres. 

 

Le point de vue du 09/03/2009

Internet et les enfants : soyez vigilants !

Internet et les enfants : soyez vigilants !

La récente mise en ligne de la version belge du site Stop Kinderporno a suscité une vive levée de boucliers. Au-delà des doutes qui planent sur la légalité d’une telle initiative, il apparaît clairement qu’encourager la délation n’est pas une solution valable pour lutter contre la pédopornographie. D’autant plus que s'exprimer au clavier encourage l'excès et entretient un sentiment d'impunité. La toile, dans son infinie largesse, autorise toutes les croisades, bonnes ou mauvaises, voire inutiles. Avant d'accuser quelqu'un ou de reprendre une information, vérifiez la véracité de ce que vous avancez. On peut ruiner une vie en lâchant des propos inconsidérés. Que cela ne vous empêche pas de redoubler de vigilance, a fortiori sur Internet. Nul n'est à l'abri d'une rencontre non sollicitée sur le Web, et surtout pas les enfants. Il est donc nécessaire de contrôler leurs cyber-fréquentations, et de les avertir des risques de tomber sur des sites violents, racistes ou porno. Si votre enfant a été confronté à ce genre de site, il faut essayer d'en parler avec lui, qu’il vous montre ce qui l’a interpellé ou choqué.
Et dans le cas d’une page au contenu pédopornographique, contactez le site de lutte contre la cybercriminalité de la police belge, eCops.be. Conservez l’adresse du site, l’heure des faits, et éventuellement une capture d’écran (que vous obtenez en appuyant sur la touche Print Screen de votre clavier, et en "collant" la capture ainsi obtenue dans Paint ou tout autre logiciel de traitement d’images) pour faciliter l’enquête de la police du Net. 

M.N., avec P.G.

 

Le point de vue du 02/03/2009

Ils écoutent et regardent, mais ne passent pas

Ils écoutent et regardent, mais ne passent pas

Les jeunes regardent régulièrement la télévision et  ils écoutent beaucoup la radio, mais ils se voient  et s’entendent  peu sur antenne. De même,  les 6-16 ans répugnent à passer physiquement sur les ondes. Quand la génération écrans cherche à participer à ses émissions préférées, c’est par textos ou par blog, chat  ou forum en ligne.

Le Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs  a sondé 1800 jeunes répartis en 4 groupes : jeunes enfants (1ère et 2ème primaire), préados (6ème primaire), jeunes ados (1ère secondaire et ados (15-16 ans). Le CRIOC leur a demandé comment ils percevaient les émissions audiovisuelles où leur participation était sollicitée, et s’ils avaient envie d’y  participer. Chaque groupe est frileux à l’idée de s’engager sur un plateau télé ou de parler à la radio, même si c’est  valorisant aux yeux des copains, disent les 6-12 ans. Ils sont partagés entre l’envie et la crainte de paraître. La peur du ridicule est réelle. On est impressionné, on  a le trac. On veut bien, mais à condition de se taire. Que ce soit la télé ou la radio, les programmes préférés ne sollicitent pas la participation.
L’implication la plus notable chez les pré-ados et suivants consiste à envoyer des textos pour jouer. Ils se découragent vite, parce qu’ils ne gagnent  pas et que cela coûte cher. Ils flairent  la manipulation. Ici, les parents interviennent pour limiter la dépense.

Les jeunes ados et les ados s’expriment uniquement via Internet, surtout  dans des blogs perso  au début et ensuite essentiellement sur les forums thématiques et via les chats à 15-16 ans. Le sentiment de défiance à l’égard  de la prétendue ouverture des médias progresse avec l’âge. Probablement parce que les jeunes apparaissent peu à l’écran, dans postures stéréotypées,  le plus souvent  associés à un fait divers ou à un incident scolaire. Pour résumer : à la télé ou à la radio, « le jeune est le bon élève ou un rebelle, ou bien il a un problème. »

L’étude du CRIOC fournit  des informations intéressantes sur les  habitudes de vision et d’écoute, sur l’équipement des familles et sur le contrôle parental. Celui-ci se raréfie rapidement et porte surtout sur la limitation du temps  et sur la sélection des programmes. Le regard parental est plus fugitif dans les familles monoparentales. Tous les enfants allument spontanément  la télé, sans permission. Le choix du programme est personnel  à 80%, souvent par zapping ou par habitude. Les annonces de programmes marchent fort aussi (autopromotion).Les jeunes enfants apprécient  les dessins animés et les émissions enfantines. A 10-12 ans, on regarde pour en parler avec les potes. Puis, bonjour les clips, les infos, les films, les séries et les Simpson, à raison de 3 heures quotidiennes. La radio est écoutée 4 heures par jour, surtout pour la musique (top 50).

Quand les  jeunes écoutent et regardent, c’est principalement se détendre et  pour la qualité du programme. Ils sont peu nombreux à  considérer  la radio et la télé comme un moyen d’apprentissage (30%) ou d’expression (10%).

La télé et la radio, oui pour se détendre et se faire plaisir, non pour apprendre et exister.

L’étude intégrale est disponible sur www.oivo-crioc.org.

P.Gilly
 

 

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