Les jeunes regardent régulièrement la télévision et ils écoutent beaucoup la radio, mais ils se voient et s’entendent peu sur antenne. De même, les 6-16 ans répugnent à passer physiquement sur les ondes. Quand la génération écrans cherche à participer à ses émissions préférées, c’est par textos ou par blog, chat ou forum en ligne.
Le Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs a sondé 1800 jeunes répartis en 4 groupes : jeunes enfants (1ère et 2ème primaire), préados (6ème primaire), jeunes ados (1ère secondaire et ados (15-16 ans). Le CRIOC leur a demandé comment ils percevaient les émissions audiovisuelles où leur participation était sollicitée, et s’ils avaient envie d’y participer. Chaque groupe est frileux à l’idée de s’engager sur un plateau télé ou de parler à la radio, même si c’est valorisant aux yeux des copains, disent les 6-12 ans. Ils sont partagés entre l’envie et la crainte de paraître. La peur du ridicule est réelle. On est impressionné, on a le trac. On veut bien, mais à condition de se taire. Que ce soit la télé ou la radio, les programmes préférés ne sollicitent pas la participation.
L’implication la plus notable chez les pré-ados et suivants consiste à envoyer des textos pour jouer. Ils se découragent vite, parce qu’ils ne gagnent pas et que cela coûte cher. Ils flairent la manipulation. Ici, les parents interviennent pour limiter la dépense.
Les jeunes ados et les ados s’expriment uniquement via Internet, surtout dans des blogs perso au début et ensuite essentiellement sur les forums thématiques et via les chats à 15-16 ans. Le sentiment de défiance à l’égard de la prétendue ouverture des médias progresse avec l’âge. Probablement parce que les jeunes apparaissent peu à l’écran, dans postures stéréotypées, le plus souvent associés à un fait divers ou à un incident scolaire. Pour résumer : à la télé ou à la radio, « le jeune est le bon élève ou un rebelle, ou bien il a un problème. »
L’étude du CRIOC fournit des informations intéressantes sur les habitudes de vision et d’écoute, sur l’équipement des familles et sur le contrôle parental. Celui-ci se raréfie rapidement et porte surtout sur la limitation du temps et sur la sélection des programmes. Le regard parental est plus fugitif dans les familles monoparentales. Tous les enfants allument spontanément la télé, sans permission. Le choix du programme est personnel à 80%, souvent par zapping ou par habitude. Les annonces de programmes marchent fort aussi (autopromotion).Les jeunes enfants apprécient les dessins animés et les émissions enfantines. A 10-12 ans, on regarde pour en parler avec les potes. Puis, bonjour les clips, les infos, les films, les séries et les Simpson, à raison de 3 heures quotidiennes. La radio est écoutée 4 heures par jour, surtout pour la musique (top 50).
Quand les jeunes écoutent et regardent, c’est principalement se détendre et pour la qualité du programme. Ils sont peu nombreux à considérer la radio et la télé comme un moyen d’apprentissage (30%) ou d’expression (10%).
La télé et la radio, oui pour se détendre et se faire plaisir, non pour apprendre et exister.
L’étude intégrale est disponible sur www.oivo-crioc.org.
P.Gilly
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