Sait-on vraiment ce que la police sait de nous ? Non, et c’est notamment pour s’assurer de la protection de la vie privée en Belgique qu’un groupe d’experts européens était attendu lundi à Bruxelles. Leur mission : contrôler le respect de la réglementation à propos du fichage des citoyens, ainsi que les transferts de données au Système d’Information Schengen, une gigantesque banque de données internationale qui fiche des millions de citoyens. Ce contrôle européen intervient alors que le projet d’arrêté royal sur la Banque de Données Nationale Générale suscite une vive polémique. Le projet, datant d’octobre 2008, vise à renforcer les pouvoirs des services de police pour récolter, traiter et conserver des données à caractères personnel. La BNG est déjà riche de plus de 11 millions de "faits concrets", qui concernent 1,6 million de personnes, 1, 8 million de véhicules et 15 000 organisations. En cas d’adoption de l’arrêté royal, ce fichage pourrait s’étendre encore bien davantage, jusqu’aux mineurs à partir de 14 ans. Certaines données dites "sensibles" pourraient aussi entrer en ligne de compte : des informations physiques ou psychiques, des données relatives à la famille, aux habitudes de consommation et à l’orientation politique, sexuelle ou religieuse. Tout renseignement étant susceptible d’être conservé pour les dix prochaines années.
Accepter un tel projet constituerait un grand pas en avant pour le fichage généralisé, une pilule plutôt difficile à avaler pour les défenseurs des libertés individuelles, peu enthousiastes à l’idée de voir des données personnelles conservées à l’insu du citoyen, au sein d’un fichier intrusif dépendant de la sensibilité de chacun des 40 000 policiers du pays.
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