A quoi ressemblera l’école en 2020 ? C’est l’objet d’un sondage réalisé par l’éditeur de livres scolaires Van In, qui a posé la question à quelques 2100 profs du pays. Si certaines questions abordent un aspect plutôt pratique (par exemple "L’ordinateur remplacera-t-il la craie ?"), l’enquête met en lumière les craintes d’une profession exigeante souvent malmenée en dépit de sa mission fondamentale.
Car il existe une différence flagrante entre ce que souhaitent ces professeurs et ce qu’ils prédisent, à savoir la mutation du prof transmetteur de savoir en coach éducatif et surtout une aggravation de la pénurie. 81% des enseignants francophones estiment qu’il sera de plus en plus dur de trouver de nouveau professeurs, contre 58% des Flamands. En Communauté Française, ils sont 75% à penser que de plus en plus de profs quitteront l’école, contre 58% au Nord du pays. Les profs craignent de voir leur métier bientôt déserté par les jeunes générations, peu favorable à se lancer dans une carrière que d’aucuns annoncent difficile et dévalorisée. Car comme le confirme Vincent Dupriez, professeur en sciences de l’éducation à l’UCL : "Il est vrai que le nombre d’enseignants diminue, mais le nombre de diplômés reste important. Ils sont cependant de plus en plus nombreux à s’orienter vers un autre domaine ou à quitter l’école après 2 ou 3 ans. Car ce sont les jeunes professeurs sans expérience et sans outils que l’on envoie au front dans les écoles les plus difficiles. En plus, ils ne sont pas très bien payés et ont des contrats précaires. De quoi être vite dégouté".
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