Sans-papiers :
la grève de la faim en question
Enfin ! Les grévistes de la faim installés dans l’église du Béguinage ont obtenu gain de cause et mis un terme à leur jeûne après 56 jours. Ce geste extrême, a été largement commenté, voire décrié. Car l’utilisation de la grève de la faim en vue d’obtenir la régularisation est souvent perçue comme un vulgaire chantage, dont se sont défendus les porte-parole du mouvement. Cette grève, nous disent-ils, était leur seul moyen de pression possible, et ils n’ont pas exigé une régularisation définitive, mais le seul droit de travailler. De son côté, la ministre Turtleboom dément avoir cédéà la pression, mettant en avant le caractère provisoire des permis de séjour accordés. La crise semble donc désamorcée. Mais on peut s’interroger sur l’utilisation de la grève de la faim comme arme : quelles limites inhumaines les prochains grévistes devront-ils repousser pour se faire entendre ? A l’instar de Philippe Hensmans, directeur d’Amnesty International Belgique, Le Ligueur souhaite que pour éviter le doute et la peur, qui favorisent les actes désespérés, une réglementation claire soit appliquée sans délai ; en sachant que même avec la circulaire de régularisation la plus juste, il se trouverait toujours des gens en-dehors des critères. Face à la détermination des sans-papiers, il devient néanmoins urgent que les autorités posent un geste fort et adoptent cette clarté tant réclamée. L’Etat doit faire respecter les lois, mais aussi protéger les citoyens (qui sont aussi parfois des parents), même à contrecœur.