L'autre jour, sur les ondes de la RTBF, on a pu entendre lors d'une revue de presse, qui rappelait les principaux titres du jour côté Flandres, que certains de nos voisins s'interrogeaient sur le lien entre les examens prénataux et le nombre d'avortements. A cette occasion, le Ligueur voudrait rappeler combien l'enjeu préventif de ces examens prénataux est important. Pour preuve, la diminution de la mortalité et de la morbidité périnatales lorsque la grossesse est suivie. Il a interrogé notre collaborateur Luc Roegiers, pédopsychiatre en périnatalité.
"Les examens prénataux sont destinés à évaluer la santé maternelle, la santé de la grossesse ou encore l'intégrité du fœtus.
Parmi les démarches de dépistage, certaines vont identifier des facteurs de risque ou des affections touchant le foetus sans que l'on puisse malheureusement offrir aux parents aucune possibilité thérapeutique. La loi belge prévoit la possibilité légale d'interrompre de telles grossesses lorsque ces affections sont particulièrement graves. Cette issue n'est envisagée qu'à la demande de la femme enceinte, après information complète et discussion avec le couple. Un délai minimal de six jours est nécessaire entre la première consultation et l'interruption de la grossesse. En outre, l'avis d'un deuxième médecin est requis. La question éthique posée est, dans ce cas, l'évaluation de la souffrance prévisible pour l'enfant malformé et son entourage versus le respect de la vie humaine. Cette évaluation est l'affaire des patientes concernées dans les limites de ce qu'autorise la loi. La demande d'interruption n'engage pas forcément l'obstétricien(ne) qui peut toujours la refuser sur base de son objection de conscience. Il devra, dans ce cas, veiller à la continuité de la prise en charge auprès d'un(e) collègue compétent(e).
Ces trois filtres, limites légales, demande éclairée de la femme enceinte et conscience de l'obstétricien(ne) constituent aujourd'hui le contexte de décision de ce douloureux problème des pathologies foetales. Personne ne s'engage le coeur léger vers l'arrêt d'une vie attendue et déjà investie. On doit sans doute mettre en question l'utilité de certaines explorations coûteuses, peu utiles en matière d'information et qui véhiculeraient des troubles chez les futurs parents. Mais revenir en arrière et renoncer aux examens prénataux essentiels tels que l'échographie serait préjudiciable à la mère comme à l'enfant."
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