Après une carrière qui l’aura vue tutoyer les sommets, Justine Henin rentre au vestiaire, et sans doute pour de bon. Les médias la courtisent une dernière fois, et Justine y apparaît avec une détermination au moins égale à la tristesse de son fidèle Carlos. D’un point de vue sportif, la nouvelle émeut ou indiffère. Du point de vue d’un parent, comment ne pas être interpellé lorsqu’un petit bout de femme s’apprête à jouir d’une retraite plus que dorée à l’âge où beaucoup d’autres commencent à peine à chercher un boulot ? Certes, un parcours de champion demande tant de travail, de volonté et de sacrifices, qu’on ne peut le comparer avec un itinéraire classique. Mais quelle différence entre Justine et nos post-ados, ces jeunes adultes qui tardent à faire le grand saut vers la vie active ! La retraite de Justine Henin nous confronte à ce phénomène de plus en plus fréquent, prolongation du syndrome Tanguy : nos jeunes développent encore des réflexes d’ados à l’âge où leurs parents avaient déjà fondé une famille. Habiter chez ses parents ne choque plus les jeunes adultes, leurs études s’allongent et tout semble parfois bon pour retarder le spectre effrayant de plusieurs décennies de dur labeur. Mais l’indépendance a un prix. Justine le sait, elle l’a payé il y a déjà longtemps et pourra désormais se consacrer à tout ce qu’elle a dû abandonner. Tout ce qu’on lui souhaite, c’est une famille aussi heureuse que nombreuse. Et pour à peine 44,40 € par an,
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