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Actualité du 06/04/2009

Pétition en ligne pour une école plus juste

Pétition en ligne pour une école plus juste

Comme annoncé dans le dernier Ligueur, La Ligue des familles lance une pétition en partenariat avec une dizaine d’associations et de syndicats. Nous réclamons une refonte en profondeur du système scolaire en Communauté française, car l’école mérite mieux que des réformettes incessantes et répétées. Le constat est alarmant, notre système scolaire ne parvient pas à sortir de ses travers inégalitaires et peine à donner la meilleure formation possible à nos jeunes. Manque de suivi, redoublement, exclusion, voies de garage, il est grand temps de transformer la spirale de l’échec en spirale positive. Pour ce faire, la Ligue des familles dégage trois grands thèmes :

1. La mise en place d’un véritable tronc commun de 5 à 14 ans, pour assurer les compétences de base et retarder les sélections.
2. La signature d'un nouveau Pacte scolaire, plus crédible et plus cohérent, dont l’objectif est la maîtrise des compétences communes pour tous les élèves jusqu’à 14 ans.  
3. L'abolition de la concurrence entre les écoles et les réseaux, et le refus des sélections arbitraires, de la remédiation payante et des écoles-ghettos.


Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Citoyenparent.be, pour découvrir les propositions en détail et signer la pétition en ligne.

 


Vos réactions

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Réaction de Vega
du 06/04/09 18:03
Ancien directeur d'école secondaire générale technique et professionnelle, je ne pense pas que le tronc commun soit la solution. Pour moi celle-ci doit d'abord venir de l'acquisition au primaire des fondamentaux, lecture écriture et calcul. J'ai récemment envoyé un point de vue détaillé au ministre Dupont mais je n'ai obtenu aucune réaction de sa part. Je joins à la présente copie de ce texte. je précise que ma philosophie de l'enseignement a toujours été d'amener les élèvesà la réussite mais que, et c'est important, sans un travail régulier de ceux-ci par une étude journalière et sans l'appui des parents et des pouvoirs publicsc'est mission impossible. il faut que nos hommes politiques associations de parents etc cessent de critiquer continuellement le travail des professeurs/ laissez les professeurs faire leur métier. c'est la seule profession ou tout le monde prétend dire aux profeseurs ce qu'il faut faire alors que ce sont eux les pédagogues. je déplore ces critiques qui font que les bons professeurs quittent l'enseignement dès que cela est possible.



Voici le texte envoyé au ministre Dupont:



A propos de l’enseignement !!!



En tant que directeur retraité d’une école d’enseignement technique possédant des sections de transition, de qualification et professionnelles je réagis à un article publié dans « Le Soir » du 4 mars. « Les redoublements ont couté 335 millions d’euros en 2007--- Trop d’élèves sont encore en retard ».

On se focalise sur le coût du redoublement et l’on crée un tas de dispositifs d’évaluation interne et externe. On se focalise sur un taux de réussite devant dépasser les 80 % mais on travaille sur des statistiques sans jamais se demander si les soi-disant innovations pédagogiques laxistes ne sont pas responsables de cet état de chose.

Pour le primaire :On a limité dans le primaire le temps imparti au travail à domicile ; pourtant les exercices de lecture et des travaux à domicile doivent permettre aux instituteurs de vérifier, avant d’aller plus loin, que la matière vue a été assimilée et de remédier immédiatement aux lacunes constatées. En principe, la lecture doit être acquise au plus tard en troisième primaire mais il s’avère qu’en réalité ce n’est pas le cas. Trop d’élèves déchiffrent péniblement et lentement et, tant que ce stade n’est pas dépassé, la compréhension n’est pas au rendez-vous ; ensuite à partir de la quatrième on fait de l’histoire, de la géographie , des sciences et c’est très bien . Il y a un hic cependant : ces cours sont trop souvent considérés pour eux-mêmes alors qu’ils devraient d’abord être un exercice de perfectionnement en lecture, le reste venant en surplus. J’ai vu arriver dans le secondaire trop d’élèves éjectés du primaire, ou ils ne peuvent de toute façon pas rester plus de sept ans, mais sachant à peine déchiffrer un petit texte et écrivant phonétiquement.

Si l’on veut que le taux de réussite augment dans le secondaire il faut d’abord que l’enseignement primaire soigne les fondamentaux c'est-à-dire : la lecture, l’écriture et le calcul mental. Les autres connaissances seront acquises sans problème si ces fondamentaux sont bien inculqués.

Ceci n’est pas une critique contre les instituteurs qui font un métier extrêmement difficile et que je respecte. Ce que je critique c’est de vouloir faire des élèves des Pic de la Mirandole alors qu’ils ne savent pas encore lire correctement.

Autre chose est cette manie qui s’est instaurée chez de nombreux parents de faire les devoirs avec les enfants. Non, il faut que les enfants fassent leurs devoirs et étudient tout seuls. Ensuite les parents peuvent vérifier qu’ils sont corrects et éventuellement les faire recommencer. Par contre ils devraient faire lire à haute voix dans un livre ou un journal car c’est à force d’exercice que cela s’acquiert. Je reconnais que cela pose un problème pour les populations immigrées et là, des écoles de devoirs sont indispensables. Une autre solution qui a existé dans les années cinquante ( pour des flamands venant étudier en région francophone) est pour ces immigrés des classes spéciales d’intégration ou ils pourraient acquérir sur un an une connaissance suffisante de la langue de l’enseignement de la CF.



Pour le secondaire : On nous parle toujours du modèle finlandais, tronc commun jusque 16 ans, mais on ne dit jamais que la sélection se fait à ce moment et qu’elle se fait de manière rigide envoyant les élèves plus faibles vers les filières professionnelles et manuelles sans possibilité d’en sortir par la suite.

On parle d’évaluation externe, de nouvelles méthodes pédagogiques mais on évite soigneusement de mettre le doigt sur les vrais problèmes.

Quels sont ces problèmes ?

• Tout d’abord ceux évoqués à propos du primaire.

• Ensuite le manque de travail régulier au jour le jour. Je lis que les élèves ont de une à trois heures de travail après l’école. Ce travail est indispensable, il faut comprendre et assimiler au fur et à mesure ce qui a été enseigné. Le temps nécessaire varie d’une personne à l’autre en fonction de la vitesse avec laquelle elle travaille en profondeur. C’est seulement si ce travail est fait que l’élève pourra profiter du cours suivant et le comprendre : donc nécessité d’une étude régulière et continue. Trop d’élèves arrivent au cours suivant sans avoir pris la peine d’étudier puis s’étonnent de ne pas comprendre. Quand on leur dit d’aller revoir une matière antérieure indispensable à la compréhension, c’est cela la vraie remédiation, très peu le font et préfèrent se faire payer des leçons particulières inutiles s’ils se donnaient la peine d’étudier régulièrement. Aux parents qui font les devoirs avec les enfants je dis : vous ne leurs rendez pas service, c’est le travail personnel qui seul permet de se développer.

• Enfin et c’est le plus important depuis trente ans on n’a pas arrêté de critiquer les professeurs, de leur enlever toute autorité et tout pouvoir de décision. On a créé des commissions de recours contre les décisions du conseil de classe qui prend des décisions collégiales et donc n’est pas suspect de partialité. On a ancré dans la tête de nombreux élèves qui sont en échec par manque de travail qu’il suffisait de réclamer et on passe avec des lacunes graves qui deviendront bientôt des gouffres les emmenant sur la voie de la relégation vers une autre filière plus faible.

• Il faut rappeler quelle est la signification d’un échec en fin d’année : c’est un constat, le professeur ne met pas un échec, il constate que les lacunes dans les connaissances ne permettront pas à l’élève de suivre avec fruit les cours de l’échelon supérieur. Deux solutions se présentent alors pour l’élève : il profite des deux mois de vacance pour combler ces lacunes et rejoint alors le niveau supérieur ; ou, il ne fait pas l’effort indispensable puisque une commission qui ne connait rien de l’élève risque d’annuler son échec mais malheureusement ne lui enlève pas ses lacunes. Supprimons donc cette possibilité de recours contre les décisions collégiales du conseil de classe et rappelons à nos étudiants que seul leur effort personnel peut les aider.

• Rendez aux professeurs le respect qui leur est du par la société, les parents, les élèves. Laissez les professeurs faire leur difficile métier sans continuellement interférer par des critiques destructrices et l’imposition de méthodes pédagogiques foireuses et laxistes. Une seule pédagogie est efficace : c’est celle d’un effort continu et régulier.

• Enfin, cessez de multiplier des grilles horaires comportant des cours ayant une charge horaire trop faible pour permettre une véritable formation.

• Au lieu de focaliser sur le coût du redoublement, parfois nécessaire, attelez-vous à la tâche fondamentale de l’enseignement : acquérir d’abord des connaissances, puis des compétences, car il n’y a pas de compétences sans connaissances. Donnez une formation humaniste préparant à l’entrée dans la vie civile mais une formation en rapport avec les capacités des personnes. Il y a des individus plus doués pour des tâches manuelles ou concrètes et d’autres plus doués pour les abstractions. Tous sont nécessaires dans une société. Le vrai gaspillage n’est pas le redoublement. Celui-ci pourrait être évité dans pas mal de cas mais cela dépend de l’élève, pas du professeur. Le vrai gaspillage est d’amener dans la société en donnant un diplôme des personnes qui n’ont aucune méthode de travail ou aucune connaissance et que la société va rejeter sans pitié.

• La volonté politique d’aller vers le modèle finlandais dont on nous rabache les oreilles, du traditionnel camouflé que la région flamande a conservé dans la majorité des cas, indique à tout le moins que l’on souhaite en revenir à une forme plus traditionnelle avec un nombre plus réduit de choix de base . Mais on n’a pas le courage de l’avouer.



Remettez en avant la nécessité d’un travail personnel continu et régulier, le sens de l’effort et alors peut-être constatera-t-on une amélioration. Je sais que le mot « EFFORT » donne de l’urticaire à certains mais pourtant c’est lui qu’il faut mettre en exergue.

Madame Mia Vossen dans un article publié ce 11 mars dans le courrier des lecteurs sous le titre « Pourquoi les bons profs s’en vont » a très bien cerné le problème et je l’en félicite.

Dommage que depuis des années on n’écoute pas les gens qui sont tous les jours sur le terrain.



R. PAQUAY



PAQUAY Roger

Directeur honoraire Institut provincial d’enseignement secondaire

Rue des Blés, 4

4300 Waremme

Tel : 019 32 42 14

e-mail : roger.paquay@skynet.be

 

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