Ma fille (3 ans) parle beaucoup de mort: ses bonhommes ou les personnages des ses jeux sont "très morts". Est-ce normal si jeune ? Doit-on l'accompagner de façon particulière
Votre fille arrive à un âge où les enfants posent un tas de questions sur tout: la vie, la mort, le monde, les gens. Ils ont besoin de réponses simples et claires et leur dire que, parfois, nous ne savons pas la réponse. Les questions sur la mort nous désarçonnent parce que nous n'avons pas de réponse définitive à leur donner: tant que nous sommes vivants, nous ne savons pas ce qu'est la mort, nous pouvons la décrire, expliquer que c'est la vie qui s'en va, mais de l'extérieur! Françoise Dolto, une psychanalyste qui a beaucoup travaillé avec les enfants, disaient qu'il fallait leur dire "On ne meurt que quand on a fini de vivre" affirmant que cette vérité était "totalement rassurante pour les enfants". Que la mort, c'est comme naître: un jour on a tous commencé à vivre et un jour, tous on aura fini de vivre ( cfr: Françoise Dolto: Parler de la mort. Conférence de 1985). Ce qui est difficile dans la mort, c'est la mort des autres, la mort qui nous sépare de ceux que nous aimons. On peut dire aux enfants que les personnes que nous aimons et qui sont mortes restent vivantes dans notre mémoire, dans notre coeur. En fonction des capacités de leur âge, les enfants construisent leurs propres théories sur la vie, la mort, l'amour. Ce sont souvent des leçons de sagesse!
Bon à savoir : certains livres peuvent aussi aider votre enfant à aborder cette question difficile. Le Ligueur vous propose des bouquins qui évoquent le thème de la peur : la mort, mais aussi le noir, le loup, la séparation...