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Le Ligueur et les enfants

Un divorce... et deux maisons

Un divorce… et deux maisons

Un divorce ou une séparation parentale, et les enfants se retrouvent à vivre dans deux maisons différentes. Ce sont alors des habitudes à changer, des espaces à réaménager ou encore de nouveaux rythmes de vie à prendre. Un changement parfois aussi difficile à opérer pour les parents que pour les enfants.



Décodage


Les parents de Louis et de Léa se sont séparés voici quelques années. Leur père a conservé la maison dans laquelle ils ont vu le jour. Elle est - et restera - pour eux la maison familiale, la maison de leur enfance. LA maison. Un repère en dehors du temps, un repère pour la vie. Leur maman, en revanche, n’a pas eu l’occasion d’offrir à Louis et à Léa une aussi grande stabilité de lieu. Des soucis financiers et des changements de travail ont fait qu’elle a été contrainte de déménager à plusieurs reprises.

L’idée d’une "maison repère" n’a donc pas pu être assurée de manière naturelle et évidente du côté de la maman. Mais cela ne l’a pas empêchée d’offrir à ses enfants des repères dans les mouvements qui furent les leurs. Elle leur a proposé de choisir certains meubles, certains objets et les a assurés de les retrouver dans tous leurs lieux de vie successifs. Elle leur a ainsi permis de trouver une certaine stabilité affective et organisationnelle. C’est toujours la même petite armoire où l’on range les culottes, les chaussettes et le doudou. Chaque enfant a choisi avec soin une housse de couette qu’il retrouve d’étape en étape, et il l’investit tout particulièrement. L’odeur du linge du lit reste la même, quelle que soit celle de l’appartement dans lequel ils sont installés...

Louis et Léa ont donc deux lieux de vie. Et cela ne leur pose, généralement, que peu de difficultés. Une fois les repères installés, les choses ne tournent pas trop mal. Ils savent que, chez leur papa, on laisse les souliers dans le garage en rentrant. Que, chez leur maman, en revanche, on les range sur l’étagère dans le hall d’entrée. Autre différence assimilée? Chez leur père, chacun a sa chambre: l’espace individuel, délimité par la porte que l’on peut fermer au reste du monde, est donc défini de manière claire et évidente. Chez leur maman, par contre, Louis et Léa partagent la même chambre mais ils sont loin de tout partager pour autant. Les étagères de l’un ne sont pas envahies par l’autre. Le lit et la table de nuit de chacun sont respectés comme territoires personnels et intimes. C’est une règle, édictée et garantie par leur maman. Louis et Léa ont, par ailleurs, intégré le fait que chez papa ils vont au bain et que chez maman, c’est la douche. Certes, ils aimeraient parfois se détendre dans un bon bain alors qu’ils n’ont accès qu’à une douche. Mais ils savent qu’ils n’ont pas le choix et leurs parents leur expliquent régulièrement que l’important est de tirer le meilleur de chaque situation vécue… Alors, bon, le confort est un peu supérieur chez leur papa, mais c’est chez leur maman que les menus sont particulièrement délicieux. Chacun des parents apporte aux enfants le meilleur de ce qu’il possède ou de ce qu’il est.

Pratique

Certains points sont néanmoins difficiles à gérer: les sacs de sport et de piscine oubliés, l’appareil d’orthodontie que les enfants ne portent que la nuit, les manteaux qu’on laisse chez un des parents parce que la météo est clémente, mais dont on a urgemment besoin chez l’autre lorsque le temps se fait capricieux...

Dans les deux maisons, des espaces ont été aménagés pour tenter de répondre à ces difficultés. Par exemple, il y a une étagère dans l’entrée, où les enfants déposent d’office tout ce qui doit circuler "d’une maison à l’autre". S’y retrouvent les documents scolaires à faire signer par les deux parents, les sacs des activités parascolaires, mais aussi le petit pull rose que Léa laisse normalement dans la garde-robe chez sa mère et qu’elle souhaite assortir au pantalon qui se trouve chez son père. Il y a également un tableau fabriqué sur mesure, mi-calendrier, mi-aide mémoire. Il reprend les passages de témoin entre les parents et les événements de la quinzaine qui suit. Y sont aussi listés une série de points à ne pas oublier: l’appareil dentaire, le carton d’invitation pour l’anniversaire du copain de Louis, les livres qu’il faudra restituer à la bibliothèque le mercredi suivant...

On l’aura deviné, ce qui fait que ce genre de système fonctionne, c’est qu’il se transforme en habitude, en automatisme pour toute la famille. Il deviendra ainsi un repère rassurant pour les enfants.

Geneviève Salengros

 

Le Ligueur n°21 du 23/09/2009

 

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