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Le Ligueur et les enfants

Une oasis de bonnes nouvelles

Sur le vif
Une oasis de bonnes nouvelles

Lundi 17 novembre, gare d’Ottignies. Le train traîne à s’ébranler. Les navetteurs somnolent. Tout à coup, un petit groupe d’étudiants nous sort de notre torpeur, en de joyeuses envolées : "Mesdames, messieurs, bonjour, voici quelques bonnes nouvelles. Non, non, nous ne sommes pas une secte. Nous vous proposons simplement quelques bonnes nouvelles, pour changer." Dans la foulée, ils et elles nous tendent un tract.


À peine remis du passage de cette juvénile bourrasque, nous nous plongeons dans le feuillet photocopié : "Pas de nouvelles… Bonnes nouvelles !!! Toutes ces bonnes nouvelles dont on ne parle jamais assez." Suivent quelques exemples : "À Bagdad, ce 14 novembre, s’est rouvert un pont reliant des communautés sunnites et chiites, qui était fermé depuis 2005" ; "Le Cambodge et la Thaïlande ont décidé de retirer leurs troupes de leurs frontières" ; "L’Allemagne va créer une réserve naturelle de 3.863 hectares" ; "Les fonds éthiques, comme Crédal et Triodos, sont en plein essor"… Suivent quelques autres nouvelles du même acabit. Voilà qui nous change effectivement des informations maussades, voire dramatiques, souvent véhiculées par les médias (qui ne font bien sûr que leur boulot). Mais qui était donc derrière ce geste inhabituel, porté par une jeunesse si souvent décriée ? Réponse en tout petit en bas de tract : un nouveau kot-à-projet de Louvain-la-Neuve, qui regroupe une dizaine d’étudiants, l’Oasis (1).

Face à la crise…

Ils s’appellent Cha, Bao, Eline, Céline, Jon, Maëlle, Sophie, Xavier, Andrei, Aglaé, ils ont entre 18 et 24 ans, ils sont étudiants en sociologie, psychologie, mathématique, biologie, anthropologie, sciences politiques… L’idée est venue de deux filles du groupe qui avaient imaginé dans un premier temps un Alterkot, fondé sur l’idée d’altermondialisme. Idée non retenue qui a dès lors évolué vers la notion de bien-être, pour soi et pour les autres. Mais pas n’importe quel bien-être. Face à la surconsommation de biens à tout prix, coûteuse à bien des égards, ils veulent privilégier l’être à l’avoir. Leur projet s’inspire, tout en les mettant en question, de deux courants : d’une part, celui qui prône la simplicité volontaire, qui propose de rejeter, à l’échelle de l’individu, une consommation débridée et de retrouver une approche du temps plus harmonieuse ; d’autre part, à l’échelle de la société, la décroissance qui consiste en un modèle politique et économique plausible non fondé sur la rentabilité à tout prix. En pleine crise financière, leur démarche ne prend que plus de sens. D’autant que, comme le rappelait récemment Jean-François Kahn sur une chaîne française, cette crise en cache une autre, morale celle-là, d’une société qui reçoit en retour ses choix marqués par le cynisme, l’individualisme arrogant, le consumérisme, etc.

Un festival de petits bonheurs

Certes, ils réfléchissent, mais ils agissent aussi. De multiples façons. Dans la semaine du 13 au 17 octobre, ils ont mis sur pied le Festival des petits bonheurs, soit une semaine de bons moments simples à partager sur les différentes places de Louvain-la-Neuve, se terminant chaque soir par un bal aux lampions. Le 22 octobre, durant les 24 heures Vélo, ils étaient présents dans le Village des Enfants. Ce mercredi 19 novembre, ils ont organisé une journée sans achat dans le centre-ville, en collaboration avec d’autres groupes comme GAC, GRAAAV, Planète-Terre ou Kap Vert. Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’un boycott, d’une journée où l’on n’achète rien, mais de sensibiliser les passants à ce que signifient leurs achats : courses de caddies, foire aux vêtements, stands divers, distributions de bons de réduction pour des petits bonheurs, etc. Dans ce temple des petits plats pré-préparés réchauffés aux micro-ondes qu’est un campus universitaire, ils invitent également à participer, dans leur kot, à des soirées "Slow Food". Ils y concoctent des petites douceurs à base d’ingrédients non transformés, si possible locaux, qu’ils dégustent en prenant le temps de les savourer en toute convivialité. Sans oublier des films, des conférences et des cafés citoyens. Et, bien sûr, ces bonnes nouvelles qu’ils distillent chroniquement (prochain rendez-vous : le 8 décembre), à chaque fois sur un support différent. Merci, les jeunes : la bonne nouvelle, c’est vous…

Michel Torrekens

(1) http://www.oasis-lln.be
 

 

Le Ligueur n°39 du 26/11/2008

 

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  • Tout est jouet
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  • Ce n’est pas mal d’être jaloux!
6 > 12 ans
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12 > 18 ans
  • "L’Amérique", ou le rêve perdu d’avance
18 ans et +

 

Couverture du Ligueur numéro 39
 

 

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