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Le dossier de la semaine

Parents, vous avez un rôle à jouer

Parents, vous avez un rôle à jouer

Nous voici arrivé au terme de ce dossier. Pas facile d’élever un enfant diagnostiqué TDA/H. La première chose à faire pourtant, c’est de reconnaître le problème.
Votre enfant sera soulagé de savoir qu’il souffre d’un handicap dont il n’est nullement responsable ; il sera rassuré que vous le sachiez également et que vous faites votre possible pour l’aider à y faire face.


Mieux vaut bannir les commentaires du style: "Tu le fais exprès" - "Si tu voulais, tu pourrais…" et plutôt reconnaître son courage et ses efforts pour modifier son comportement: une journée pour lui est nettement plus fatigante que pour un autre enfant, par exemple.
L’encourager donc, sans cesse. Le contredire et le rassurer lorsqu’il se dit "pas intelligent" ou "pas capable", voire "fou". Mettre en évidence ses capacités, ses forces, ses atouts: un enfant souffrant de troubles de l’attention sera souvent plus créatif. Un hyperactif est généralement un grand enthousiaste, prêt à se lancer dans toutes les activités proposées.

Chercher la sérénité

Quelques conseils de base, évidents et donc valables pour tous les enfants mais pas simples à mettre en place surtout avec les jeunes TDA/H: mieux vaut une ambiance calme et sereine, sans cris ni hurlements. Des enfants reposés, dormant suffisamment. Des parents qui passent du temps avec leurs enfants, dans des activités relaxantes ou/et demandant une grande dépense d’énergie. Mieux encore, parce que cela arrive nécessairement à tous les pères et mères qui se retrouvent débordés un jour ou l’autre : il n’est pas inutile de s’excuser auprès de sa progéniture quand on est sorti de ses gonds et d’en reparler avec l’intéressé.
Un dernier conseil: pour tenir le coup, l’adulte se réservera du temps pour lui, pour souffler. Il fera appel à ses proches. 
 
La faute à personne

Lorsque l’enfant est en rééducation, le parent peut l’aider à se rappeler les consignes données par un thérapeute, jouer le relais des stratégies apprises chez une logopède ou un psychomotricien: "Quand j’écris une dictée, je dois faire attention à trois choses : je dois d’abord, et puis, et enfin…"
Ceci étant dit, "les parents ont leur place, le thérapeute et le rééducateur en ont une autre", précise Marie Loise qui ajoute un dernier conseil : "Inutile de culpabiliser non plus: l’enfant n’est pas TDA/H par la faute de qui que ce soit! C’est la faute à personne!"

Et les enseignants dans tout ça ?

Pas simple pour des enseignants, face à vingt ou vingt-cinq enfants, de tenir compte de tous et chacun. À leur intention, les Éditions Wolters-Plantyn ont édité une brochure fouillée, intitulée TDA/H à l’école (voir page 4).
Les informations générales concernant ces troubles sont suivies de conseils détaillés et de propositions concrètes. Les auteurs posent plus de vingt questions auxquelles ils répondent dans les détails. Quelques exemples: "Jusqu’où le corps professoral peut-il plus ou mieux tolérer les conséquences du TDA/H sans être taxé d’injustice par les autres élèves?" - "Comment aider l’élève à s’organiser?" - "Est-il normal qu’un élève TDA/H n’arrive pas à prendre notes tout en écoutant?" - "Quelle aide un professeur peut-il demander aux parents?" Cette brochure est cosignée par Pascale De Coster (fondatrice et présidente de l’association TDA/H Belgique), Anne-Geneviève de Longueville, enseignante formée en gestion mentale, et Xavier Schlögel, neuropédiatre spécialisé dans la recherche à propos du TDA/H et son traitement. Ce livre est vendu dans les librairies spécialisées en pédagogie.


Thérèse Jeunejean

 

Le commentaire du Ligueur
Poser erronément un diagnostic de TDA/H n’est pas sans conséquence. Coller cette étiquette à un enfant alors que les origines des troubles sont d’ordre relationnel ou éducatif, entraîne un traitement ne prenant pas en charge la réelle cause du mal. En effet, si les troubles sont liés à la manière dont fonctionnent les relations dans la famille, il est urgent, pour le bien de l’enfant, que les parents se questionnent sur leurs pratiques éducatives.
 

 

Le Ligueur n°32 du 08/10/2008

 

Dans ce même numéro pour la rubrique "Dossier de la semaine"

Couverture du Ligueur numéro 32
 

 

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