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Le dossier de la semaine

Bébé est là... tout un monde gravite autour de lui et de vous

Posez-leur vos questions, mais c’est vous qui décidez

Le bébé à peine né, se forme autour de vous tout un petit monde fait de personnes de référence (médecins et autres professionnels), de vieilles connaissances (des amis, des membres de la famille qui parfois sortent de nulle part), de nouvelles rencontres… Vous êtes le nouveau centre d’attraction ou, plutôt, le tout-petit est devenu l’objet de toutes les attentions (et, osons l’avouer, des envies parfois aussi). Tous vous veulent du bien, à tel point qu’à certains moments, vous en avez le tournis. Qu’a-t-elle dit ? Que me propose-t-il ? De quoi dois-je nous préserver ? Le couple (car il s’agit bien de cela dans les toutes premières semaines où vous et votre bébé êtes collés l’un à l’autre) est pris dans un grand tourbillon. Seriez-vous devenue soudain inadéquate ? Auriez-vous perdu, en cours de route, tout bon sens ? Qui est la mieux placée pour connaître son tout-petit ? Vous d’abord. Ne vous en laissez pas conter. Laissez-vous gâter, acceptez les félicitations et les soupirs d’extase (mais oui, votre petit est le plus beau !), mais sortez vos antennes toutes grandes pour distinguer le conseil avisé d’autres plus fantaisistes. Passage en revue de ceux et celles qui vont graviter autour de vous ces tout premiers mois (pages 4 à 8).


Ça commence à la maternité. Ils sont là, encaqués dans cette chambre exiguë. Les mamies surtout, penchées sur le petit berceau. À croire qu’elles l’ont toujours connu. Et vous, la maman, vous vous sentez soudain étrangère à ce petit être. Il vient de si loin, ce tout-petit, presque d’un autre monde, l’espace utérin, clos et tiède. Vous aimeriez vous rapprocher de lui, être connectée à lui, comme il y a quelques heures encore, alors que vous ne formiez qu’un seul et même corps avec lui. Vous ne souhaiteriez qu’une chose : que ces visiteurs décampent, vous laissent seule avec lui, pour le serrer contre vous, le sentir, le toucher. Pour le reconnaître.
Des études ont démontré que durant la grossesse, le bébé que la mère se représente grandit très vite. Autour du 7e mois de gestation, vous auriez comme image celle d’un enfant de 2 mois équipé de socquettes et d’un petit jean ! Le décalage que vous vivez aujourd’hui est d’autant plus grand que vous n’imaginiez pas ce bébé si frêle. Et le papa, lui aussi pris dans ce tumulte ? Il est encore plus difficile pour le père de se fabriquer des images mentales. Et lorsque son imagination se met en branle - toujours autour du 7e mois  de la grossesse - ses images sont parfois à des années-lumière des vôtres. Autre décalage… Pourtant, comme vous, naître père, c’est aussi rencontrer de nouvelles émotions : celle, notamment, de la responsabilité de ce bébé dont, pense-t-il, la survie dépend en grande partie de lui.

Retour à la maison, les deux pieds dans la réalité

Le cocon de la maternité est vite derrière vous. Vous voilà chez vous, oscillant entre des moments de grand bonheur et des moments de panique. Seuls. Plus souvent encore… seule. Où sont ces sages-femmes, ces médecins, ces professionnels qui vous rassuraient ? Pas très loin, si vous avez choisi un pédiatre proche de votre domicile, si vous vous appliquez à rejoindre les séances de kiné, si vous vous rendez à la consultation du nourrisson, organisée par l’ONE. Il n’y a pas de honte à vouloir se faire aider, à demander un coup de pouce à des personnes averties, capables d’apaiser votre angoisse du moment. Car, très vite, la vie reprend son rythme : lessives, courses, repas, tétées, sommeil… et cette impuissance à organiser le tout en fonction du rythme du bébé. Oui, vous avez le sentiment que tout déborde et c’est normal. La majorité des mères sont passées par là. Mais si les signes de grande fatigue perdurent, si vous vous sentez incompétente, ne sachant pas faire face, si à la place du bonheur que vous avez ressenti lors de la venue du bébé, s’installe une profonde tristesse, alors, n’hésitez-pas, allez consulter votre médecin. Et, si ce rendez-vous médical se fait attendre, parlez-en à votre pédiatre ou à tout autre soignant comme la kiné, la sage-femme… que vous croisez depuis peu comme  jeune mère. Notre pays a cette spécificité d’avoir des professionnels qui travaillent en étroite collaboration. Une chance à saisir… même pour vos questions plus légères et vos petits bobos. 

Le blues des mères

Le baby-blues touche la plupart des mamans. Certaines furtivement, "l’espace de quelques heures peut-être. Juste le temps d’apprivoiser cette nouvelle dimension à laquelle nous convie le petit enfant qui dort, pleure, mange et bientôt nous sourit", nous murmure Céline, rêveuse. D’autres, plus violemment, marquant ce passage d’une irritabilité envers le conjoint, les proches et même les professionnels, le temps d’intégrer les bouleversements particulièrement intenses qu’elles traversent. "Que de prévenance, que d’attentions autour de moi pendant ma grossesse, se souvient Clara. Puis, du jour au lendemain, dès que Loïc est né, finies les attentions. Tout les regards se sont tournés vers le bébé et plus personne ne vous propose de l’aide. C’est parfois dur à comprendre".
Non, vous n’êtes pas toute seule. La patience des proches, et particulièrement celle de votre conjoint, la disponibilité des professionnels qui vous entourent vous aident à retrouver rapidement vos repères et à déployer les compétences que vous portez en vous (oui, oui !) pour faire grandir votre tout-petit.


Myriam Katz

 

Le Ligueur n°6 du 17/03/2010

 

Dans ce même numéro pour la rubrique "Dossier de semaine"

Couverture du Ligueur numéro 6
 

 


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