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Livres : 12 à 15 ans
 
 Le Chemin de Sarasvati

Le Chemin de Sarasvati

Même si en Inde la condition des femmes s’est améliorée depuis quelques décennies, leur sort reste souvent peu enviable aujourd’hui. Claire Ubac raconte l’histoire d’une enfant malmenée par la vie. La malchance s’acharne sur elle. Sa mère, qui l’aimait et la protégeait, meurt dès les premières pages du roman et son père parti à la recherche de travail à Bombay ne donne plus aucune nouvelle.

Scandaleusement exploitée par sa tante, Isai ne peut compter que sur elle et sur un jeune ami rencontré par hasard au village. Unis par le chant qui les passionne, tous deux parcourent les routes de l’Inde du Sud, de Madurai à Cap Comorin, de Mysore à Bangalore et Hampi, avant de rejoindre Bombay où Isai espère retrouver la trace de son père. Plusieurs thèmes traversent le roman, l’extrême pauvreté de la paysannerie, le travail des enfants, la menace d’exploitation sexuelle, le rôle de la religion, l’importance de la débrouillardise et, bien sûr, l’amitié. À la fin du récit, Isaï qui, comme sa mère, a toujours eu confiance en Sarasvati, déesse de la musique et de la sagesse, trouve une voie qui devrait lui permettre de s’accomplir. Son courage et sa ténacité ont triomphé de l’adversité.

On ne peut qu’être impressionné par la connaissance de la culture hindoue de Claire Ubac. Sans doute a-t-elle admiré, elle-même, les milliers d’ampoules qui chaque dimanche illuminent le palais du Maharaja de Mysore ! Sans doute a-t-elle savouré elle-même l’exquise saveur du thé blanc des Nilgiri ! Sans doute a-t-elle ressenti, elle-même, la ferveur de la foule lors de Ganesh Festival ! La découverte du monde de l’Inde compense la construction, sans doute trop apparente, du roman. Perte des parents, succession d’épreuves, rencontres d’auxiliaires protecteurs. Le tout apparente le récit à un conte, avec une fin prévisible. Quoi il en soit, lorsque l’on a lu les premières pages du Chemin de Sarasvati, on ne peut que suivre Isaïe sur les routes de l’Inde.

Le Chemin de Sarasvati, Claire Ubac, coll. Médium, l'école des loisirs

 
Mahout

Mahout

Y a t-il animal plus emblématique de l’Inde que l’éléphant ? Éléphants sacrés des temples ou éléphants caparaçonnés d’or des maharajas… ils nous font rêver. Mais, tout décor a son envers. Patrice Favaro, qui a longuement vécu en Inde, porte un regard désenchanté sur la condition des éléphants et sur celle des mahouts. Il raconte l’histoire de Sid, un jeune muet vendu par son père pour rembourser ses dettes. Le garçon se retrouve dans un abominable camp d’éléphants à la merci d’un patron crapuleux. Triste condition des animaux mal-aimés, maltraités et mal nourris. Triste condition des humains réduits à l’état d’esclaves. Un accident lors d’un tournage de film au cours duquel un éléphant et son mahout sont morts permet au garçon de s’enfuir et de se réfugier, après moult tractations, dans un centre de protection pour éléphants. Sid trouve à s’y épanouir.

Mahout, Patrick Favaro, Thierry Magnier

 
Un sari couleur de boue

Un sari couleur de boue

Ce livre a été écrit par une Indienne née au Gujrât, devenue microbiologiste aux États- Unis. En même temps qu’elle fait écho à la vie de sa grand-tante, veuve très jeune, l’auteur nous entraîne dans son pays natal, à l’époque où Gandhi venait de fonder l’ashram de Sabarmati. Celui-ci menait alors une lutte acharnée en faveur des paysans et des opprimés de tous bords contre le Raj britannique. Comme l’explique la jeune Leela, à la suite du mahâtma, c’est un double combat qu’il faut mener. Lutter contre un gouvernement étranger et, tout autant, contre ce qui est injuste et cruel au sein de la société hindoue elle-même. Et Leela sait de quoi elle parle.

Fiancée à 2 ans, mariée à 9 ans, la voilà veuve à 13 ans, alors qu’elle s’apprêtait à rejoindre la famille de son mari. Ce dernier a été mordu par un serpent et la fillette se voit soudainement condamnée à devenir une morte-vivante. Car, il n’est, à l’époque, pire condition que celle de veuve. Pendant un an, la règle lui impose de rester cloîtrée à la maison, la tête rasée ; privée de ses bijoux, elle est vêtue d’un sari couleur de boue. Méprisée par la société, jamais elle ne pourra se remarier. Même si son destin paraît scellé par le poids des traditions, Leela lutte, soutenue dans ses épreuves par son frère aîné et par une directrice d’école. Elle réussira à convaincre son père rallié aux idées gandhiennes de la laisser poursuivre des études. Ainsi contribuera-t-elle à améliorer la condition des femmes hindoues. Kashmira Sheth bouleverse les stéréotypes.

La femme est ici énergie, capable de remettre en question le pouvoir masculin : elle réclame l’égalité de traitement entre homme et femme. Loin d’alourdir le roman, les références historiques et culturelles confèrent à la fiction une dimension de témoignage.

Un sari couleur de boue, Kashmira Seth, l’école des loisirs

 

 

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