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Un petit jeu pour débuter: en ouvrant votre frigo, repérez tous les aliments qui sont fabriqués à base de lait. Facile, pour le lait à boire, vendu en brique ou en bouteille. Autres exemples: le yaourt, le fromage (blanc, en tranches, à tartiner, à pâte dure…), les puddings à la vanille, le lait chocolaté, la crème glacée… Le lait utilisé pour fabriquer tous les produits laitiers provient (le plus souvent) de la vache. Un chiffre, impressionnant: la Belgique compte près de 500.000 vaches laitières, c’est-à-dire élevées pour leur lait. Un rapide calcul nous apprend que cela fait une vache pour vingt habitants! Toujours chez nous, plus de 13.000 éleveurs s’occupent de tous ces ruminants. Ce sont les fameux producteurs de lait, qui font beaucoup parler d’eux depuis quelques semaines. En deux mots, voilà à quoi ressemble leur métier, très exigeant parce que, avec des bêtes, il faut travailler tous les jours de l’année: soigner et nourrir les vaches ; les traire chaque soir ; récolter et stocker le lait. Une infime partie des litres de lait ainsi récoltés par les producteurs est vendue directement aux consommateurs. Le reste est vendu à l’industrie laitière, soit aux grandes marques qui fabriquent et vendent la majorité des produits laitiers qui se retrouvent dans notre frigo.
 





En juin dernier déjà, les producteurs de lait avaient manifesté, notamment dans les rues de Bruxelles. Avec leurs imposants tracteurs, ils avaient bloqué certains quartiers et même des autoroutes. Et ils l’avaient annoncé: après les grandes vacances, ils allaient reprendre leurs actions spectaculaires. Ainsi, en Belgique mais aussi à l’étranger, certains ont déversé leur production de lait dans des champs: plusieurs millions de litres ont ainsi été gaspillés. En agissant ainsi, ils veulent attirer l’attention de la population et des dirigeants européens sur les difficultés qu’ils rencontrent actuellement. Leur problème: la vente de leur lait ne leur rapporte plus suffisamment d’argent pour vivre correctement. Pourquoi? Principalement parce que comme d’autres domaines, ce secteur connaît une crise importante. Explications. À l’heure actuelle, pour faire des économies, les consommateurs achètent moins de produits laitiers de qualité, comme les fromages. À cause de cela, l’industrie laitière a besoin d’une moins grande quantité de lait. Mais surtout, les éleveurs reçoivent moins d’argent qu’avant pour la vente de leur lait. La faute à ce que l’on appelle la loi de l’offre et de la demande (voir plus loin).






Le fait que les producteurs de lait manifestent dans les rues de Bruxelles, la capitale de l’Europe, n’est pas un hasard. En Belgique comme dans les 26 autres pays membre de l’Union européenne, les éleveurs ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent. Ils doivent respecter certaines décisions et règles qui ont été prises par les dirigeants de l’Union européenne. C’est le cas de ces fameux quotas laitiers, qui font beaucoup parler d’eux actuellement. Qu’est-ce qui se cache derrière cette notion un peu compliquée? Les éleveurs des 27 pays membres ne peuvent produire plus qu’une certaine quantité de lait par an. Ceux qui respectent cette règle reçoivent de l’Union européenne une somme d’argent qui vient compléter l’argent rapporté par la vente de leur lait. Par contre, ceux qui désobéissent n’ont pas droit à cette somme et doivent, en plus, payer une amende. Le principe de ces quotas laitiers a été pris, voici plus de vingt ans, pour éviter le gaspillage. En effet, dans les années 1970, les éleveurs produisaient plus de lait que ce dont les habitants de l’Europe avaient réellement besoin. Résultat: ces litres de lait valsaient à la poubelle! Aujourd’hui, beaucoup d’éleveurs affirment que leurs difficultés actuelles viennent de ces quotas qu’on leur impose. Ils voudraient pouvoir travailler avec plus de liberté. Donc que les quotas soient modifiés tout de suite et non pas supprimés en 2015, comme prévu par l’Union européenne. Les dirigeants européens, eux, ne veulent pas accepter cette demande. Pour eux, les difficultés des producteurs de lait ne proviennent pas des quotas, mais bien de la crise économique qui touche le secteur.






Le problème des quotas laitiers et des règles imposées aux producteurs de lait illustrent la question suivante. Jusqu’où les dirigeants d’un pays (et au-delà, de l’Union européenne) doivent-ils intervenir dans la vie des citoyens? D’une manière générale, ces règles ont l’avantage de protéger aussi bien les consommateurs que les travailleurs. Dans le cas du lait, elles évitent le gaspillage et proposent une aide financière aux éleveurs. Ces règles ont aussi des inconvénients: les producteurs de lait ne sont pas libres de produire davantage de litres de lait afin de mieux gagner leur vie. D’ici 2015, avec la disparition prévue des quotas, la situation va évoluer. On dit aussi que ce secteur sera libéralisé. Il sera donc totalement soumis à ce que l’on appelle la loi de l’offre et de la demande. Qu’est-ce que cela signifie? Le commerce ressemble à un grand marché sur lequel se trouvent les consommateurs et les producteurs. Ces derniers offrent des produits (du lait, des fruits et des légumes…) et veulent gagner le plus d’argent possible en les vendant. Face à eux, les consommateurs demandent des produits qu’ils veulent évidemment payer le moins cher possible. Dans la pratique, le prix d’un produit augmente quand les consommateurs sont nombreux à l’acheter et/ou quand il est rare à trouver. Par contre, le prix d’un produit baisse quand il est peu demandé et/ou quand il est disponible en grande quantité. À cause de la crise, c’est ce qui se produit actuellement avec le lait.

 

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