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Enquête : Mieux connaître nos 6-12 ans

Votre enfant, est-il heureux ?

Leur réponse à cette question

Un graphique rassurant. Nos enfants sont bel et bien heureux et si on en croit les chiffres, ce bonheur va croissant ces dix dernières années Un tout petit bémol: un pourcentage un peu plus élevé qu'en 1998 avoue n'être pas heureux. Consolation: le nombre de "pas du tout heureux" s'écrase.

Le point de vue du Ligueur

Bonne nouvelle! Nos enfants sont heureux et plus nombreux à l'être qu'il y a dix ans, malgré la morosité ambiante. Du moins, c'est ce qu'ils déclarent.

D'abord le soupçon devant ces chiffres dithyrambiques. Sincères ou politiquement corrects, nos chers petits? On pense ensuite à l'enfant-roi. "Mais qu'auraient-ils pu dire d'autre avec tout ce que nous faisons pour eux?", s'écrient certains d'entre nous. Ils ont la dernière console et bientôt l'i-pod, le T-shirt rose Naf-Naf et la paire de ballerines qui va avec, ils sont conduits là où ils veulent, quand ils veulent, au tennis, au cinéma, chez une copine... Et de faire le décompte, nos angoisses à la moindre difficulté scolaire, aux jérémiades pour les quelques minutes de plus à la garderie, à la colère qui gronde parce que nous avons osé dire une fois, juste une fois: non!
Évidemment, qu'ils sont heureux, ces gosses, ils ont tout!

Mais un surcroît de jouets et d'activités ne se traduit pas nécessairement par un bonheur accru. Nous le savons bien, même si cela nous console des pépins quotidiens et nous donne l'impression d'effacer ainsi les chagrins. Car l'enfance n'est pas un long fleuve tranquille. Nous nous questionnons suffisamment sur notre fonctionnement en tant que parent, sur ce que nous disons ou ne disons pas, sur ce que nous faisons bien ou mal. Avec cette interrogation qui nous taraude: "Suis-je une mère, un père à la hauteur?"

Et si le premier graphique de cette enquête nous soufflait une réponse? Si nos enfants, en affirmant qu'ils sont heureux, nous disaient, tout simplement, que nous sommes de bons parents. Des parents adéquats. Car qu'est-ce que le bonheur pour un enfant si ce n'est se sentir en sécurité et en confiance. Avec nous, ses principaux modèles. Avec aussi, à cet âge-là bien sûr, les profs, les éducateurs, les Akela et autres animateurs, tous ceux qui les accueillent dans les autres lieux que le toit familial et qui, comme nous, ont la conviction que seule l'éducation peut faire progresser le monde.

Le point de vue du spécialiste

Le point de vue de Diane Drory, psychothérapeute

Le Ligueur: "57 % d'enfants seraient heureux et 39 % très heureux", révèle notre enquête. Comment réagissez-vous à ces chiffres?

Diane Drory: "Le pourcentage obtenu est logique, compte tenu de la loyauté d'un enfant pour ses parents... et dieu sait si les enfants actuels sont conscients que leurs parents font tout ce qu'ils peuvent pour leur bonheur! Mais cela ne veut pas dire que ce chiffre correspond à la réalité. Cela me paraît énorme: il faut prendre ce résultat avec des pincettes. Mettons-nous dans la peau de l'enfant: dire qu'il n'est pas heureux, n'est-ce pas aussi, pour lui, dire qu'il n'a pas de bons parents? Mais un enfant peut-il énoncer ce genre de chose? Non. C'est une question de loyauté, il ne va pas trahir ses parents... D'autre part, ne prenons pas les enfants pour des idiots, ils ne vont pas se livrer à un inconnu. C'est une question de pudeur. Même un préado - qui devient révolutionnaire à la maison - n'exprimera pas ses sentiments à un étranger."

L. L.: Être heureux, pour un enfant, qu'est-ce que cela signifie?

D. D.: "Comme psychothérapeute, je vois évidemment plutôt des enfants malheureux. Nombre d'entre eux se disent nuls. Ils désirent ‘changer de vie', avoir ‘une autre vie', comme dans les jeux vidéo. Leur mal-être est très souvent lié à la question de l'école et de la performance. Ils veulent être parfaits, ont peur de l'échec... A contrario, je pense qu'être heureux, pour un enfant, est lié au plaisir d'exister. Ne pas connaître de problèmes scolaires ni des parents qui se disputent. Et avoir plein de copains à l'école, ne pas se sentir seul. Être heureux est de l'ordre du relationnel, du rire, du lien... Ceci dit, ‘heureux' est un mot difficile, non utilisé avant 8 ou 9 ans. À 6 ou 7 ans, on réagit davantage à des questions comme: ‘Aimes-tu ou n'aimes-tu pas ceci ou cela'?"

L. L.: Et pour un parent, qu'est-ce qu'un enfant heureux?

D. D.: "Pour des parents, un enfant heureux est celui qui leur renvoie l'image qu'ils sont de bons parents. Actuellement, le bonheur est devenu une espèce de mot d'ordre, les parents doivent rendre leur progéniture heureuse, ils sont responsables de son bonheur. Mais c'est faux. Son bonheur, l'enfant doit le faire lui-même."

Un graphique rassurant. Nos enfants sont bel et bien heureux et si on en croit les chiffres, ce bonheur va croissant ces dix dernières années Un tout petit bémol: un pourcentage un peu plus élevé qu'en 1998 avoue n'être pas heureux. Consolation: le nombre de "pas du tout heureux" s'écrase.

Votre point de vue

Ces résultats, ces analyses correspondent-ils avec ce que, vous les parents, vivez au quotidien avec vos enfants? Votre avis nous intéresse: faites-nous part de vos commentaires et réflexions, via notre forum. Première partie de cette enquête: votre enfant, est-il heureux ou malheureux?

 

 

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