Ça fait 50 ans que vous nous accompagnez… 1960-1970
À l’occasion des 60 ans du Ligueur, nous vous entraînons à remonter l’histoire de votre magazine préféré de décennie en décennie (lire l’édition du 2 février). Cette fois-ci, il s’agit bien de noces d’or que le Ligueur doit fêter avec ses lecteurs qui lui sont fidèles depuis si longtemps. Pensez donc ! La 4L, première traction avant de la marque Renault, venait d’être créée, l’autocuiseur était en plein boum et les robots ménagers déboulaient sur le marché pour le plus grand bonheur des dames… Et bientôt, pour la première fois, un homme allait poser le pied sur la Lune. Les années 60, c’est aussi l’époque bénie du plein emploi où nul n’imaginait que le progrès social et économique aurait pu un jour faire du sur place.
Ce qu’en disent ceux qui l’ont connu…
"Que de souvenirs, la page 18 du Ligueur reçu ce jour (ndlr : voir l’édition du 2 février)… J’attends impatiemment le 16 février pour les années 1960 -1970, date de mon début de militantisme. En connaissez-vous d’autres de la même ancienneté ? Je suis curieux de savoir, termine James Pistral dont la signature "James le militant de 1968, année de la révolution sociale et culturelle, secrétaire du Comité communal d’Ath" est à elle seule, tout un poème en soi.
"Je suis issue d'une famille nombreuse (cinq filles) dans laquelle, aussi loin que je me souvienne, le Ligueur a toujours été présent, nous raconte Juliette. Je me suis mariée en 1969 et, à cette époque, le jeune ménage bénéficiait d'un abonnement d'un an. Par la suite, je n'ai jamais renoncé à cet abonnement."
Colette Nys-Mazure, fidèle au Ligueur depuis toujours, nous dit encore : "Vos articles autour de l'éducation sont particulièrement éclairés. Je pense que vous êtes un bastion de résistance à la bêtise, à la réduction au plus petit commun dénominateur qui nous menace. Vous ne manquez jamais d'humour, ce qui ne gâche rien.
Après lecture, je ne jette pas le Ligueur, je découpe pour envoyer les articles susceptibles d'intéresser l'un et l'autre ou je le passe, le laissant dans un train français, par exemple, pour que d'autres en bénéficient. Chaque exemplaire a donc de nombreux lecteurs. Certains articles servent de passerelles entre l'un ou l'autre de mes petits-enfants et moi."
"Un bilan très positif pour une rétrospective qui peut servir de base pour construire un avenir meilleur, nous écrit P. Damman. Continuez ainsi pour que la société, le monde puisse évoluer démocratiquement, pour que les relations sociales, intergénérationnelles puissent se renforcer, et que les personnes puissent dialoguer. La solidarité est plus forte que l'individualisme". Enfin, Andrée, 80 ans, se souvient que le Ligueur "était un journal de bon sens à la portée des gens de bon sens. Il me rendait beaucoup de services, notamment pour l’éducation de mes enfants. Le Ligueur était à l’écoute des parents. Il y avait beaucoup d’informations, bien écrites et à la portée de tout le monde."
Bien sûr, aucun des membres de notre petite équipe n'était présent à cette époque, mais ça nous fait quand même diablement plaisir de voir nos aînés salués ainsi. Comme vous êtes fiers d’être parents (c’est ce que vous nous avez confié dans le Ligueur du 2 février), nous sommes fiers d’avoir repris le flambeau et d’avoir pu évoluer avec vous, parents, au gré de votre quotidien.
Années 60 : une meilleure qualité de vie
Les acquis des premières conquêtes, surtout en matière de sécurité sociale qui se sont entretemps étendues à d’autres domaines que les seules allocations familiales, vont permettre de faire face aux situations difficiles d’après-guerre. Le redémarrage économique qui génère le quasi plein-emploi fera le reste. Sans lâcher son cheval de bataille que sont les allocations familiales (pour handicapés, pour les indépendants, etc.), la Ligue va se battre pour la réduction de la fiscalité. La réforme fiscale, la question des impôts et le budget familial seront des sujets récurrents.
Le rapatriement des Belges du Congo préoccupera l’équipe rédactionnelle qui consacre un reportage sur ces familles qui ne trouvent pas de boulot… Une rubrique santé, un embryon de réflexion autour de la consommation et de sa mondialisation voient le jour. Les journalistes du Ligueur font de plus en plus appel à la force du témoignage de parents ou de simples citoyens… et les pubs pour lessive battent leur plein. En 1962, la politique familiale et démographique occupera la Une durant toute l’année. Et la typographie prend des couleurs !
Les années se suivent et… se ressemblent. La protection de la jeunesse, la démocratisation de l’enseignement - équivalence des diplômes, place de l’enfant handicapé, surmenage scolaire et semaine des 5 jours - occupent les colonnes.
Parallèlement à ces sujets abordés davantage sous l’angle du vécu des parents, la Ligue crée des services pour améliorer la qualité de vie des familles. Le service de vacances familiales est suivi d’un Club des consommateurs…
Plus de place à chacun d’entre vous
Le Ligueur s’adapte aux changements de société. La montée du féminisme, la maîtrise de la fécondité (apparition de la pilule en 1967) et l’accent mis davantage sur l’individu conduisent de plus en plus de ses lectrices à opter pour une vie professionnelle au nom de la nécessité, mais aussi de l’épanouissement personnel.
Le Ligueur se transforme imperceptiblement et se rapproche du vécu de ses lecteurs (et particulièrement lectrices à l’époque).
Il pose les premiers problèmes de garde d’enfants et d’équilibre entre vie familiale et professionnelle, il aborde les nouvelles inquiétudes des parents que sont la cigarette, la drogue (LSD), l’ordinateur (prendra-t-il bientôt la place de l’homme ?), il crée un courrier d’orientation scolaire (démocratisation de l’enseignement oblige !) associé à une permanence téléphonique d’information et de conseils…
Le journal multiplie ses pages, encouragé par le nombre de publicité qui augmente. Il tente aussi de fidéliser ses lecteurs d’une manière ou d’une autre en publiant des jeux et des concours. En 1967, il choisit un format plus compact et passe, certaines semaines, à plus de 20 pages. Un sommaire annonce les titres en pages intérieures. On y trouve par exemple : Le divorce fait le malheur des enfants ; La pub arrive à la télé ; Trop d’échecs scolaires…
Le Ligueur est prêt à entamer sa mutation : bientôt il quittera ses habits de journal syndical pour enfiler ceux d’un magazine familial. Rendez-vous le 30 mars pour l’exploration des années '70.
Dites-nous en quoi le Ligueur vous a aidé et peut-être changé en temps que parent. Nous attendons vos témoignages sur 60ans@leligueur.be
Myriam Katz