Dans le prolongement de notre article "Un enfant de plus... et la maison se réinvente", Mireille Pauluis s'intéresse à la rivalité fraternelle.
On parle de fraternité, d'amour fraternel. Il faut aussi parler de rivalité fraternelle ! La famille est un lieu de socialisation privilégié : il faut tenir compte de l'autre, partager, faire sa place. La proximité quotidienne, l'intimité des lieux favorisent tant les rivalités que les connivences. Il va falloir y gérer la compétition, l’opposition, la jalousie… Et chaque famille a son style pour gérer ces interactions. Chacune a sa couleur affective, sa personnalité.
Il y a des familles tendres, où l’on se parle doucement, où l’on apprécie les câlins. Des familles "feu de paille", où ça crie très vite, très fort mais pas longtemps. D'autres où l’on s’exprime peu. Celles où la table familiale est un lieu de débats, de discussions animées sur tous les sujets possibles et imaginables. Il y a les familles promenades, les familles jeux de société, les familles bricolage, jardinage, théâtre, cinéma, télé ou sport...
La qualité des relations familiales est un excellent baromètre de la qualité des relations sociales futures. La rivalité fraternelle est inévitable. La jalousie est un sentiment naturel : ce n'est ni bien ni mal d'être jaloux. On est tous jaloux lorsqu'on a peur de perdre l'amour de celui ou de celle qu'on aime. La meilleure chose à faire, c'est de reconnaître cette peur, de la nommer. Dire à un enfant qu'on comprend qu'il soit jaloux, c'est la meilleure façon de le rassurer et de l'aider face à sa difficulté. De même, parler de la rivalité qu’il vit va lui permettre de l'apprivoiser, de l'intégrer.

