Le Ligueur et mon bébé Les petites annonces La Ligue des familles Partenaires

En savoir +

Dilma présidente... Viva Lula!

Dilma Roussef, première femme élue présidente du Brésil, fin octobre, devra sortir de l’ombre de Lula, le président sortant qui fait figure de sauveur aux yeux de la moitié de la population brésilienne.

Entre les partisans de Dilma Roussef, premier ministre de l'ex-président Lula, et José Serra, son adversaire, les débats se sont considérablement apaisés les derniers jours avant l'élection. Comme si chacun connaissait l'issue du scrutin. Le bilan de Lula, le président sortant, était salué même par ses détracteurs qui préféraient critiquer le parti politique, le Parti du Travail, que celui que la majorité des Brésiliens adulent comme une idole. Corruption, échec du système éducatif, absence de réformes fiscales et agraires. Les reproches se sont multipliés, notamment à travers la presse -dont les plus grands titres sont aux mains des plus riches-, mais sans jamais attaquer la personne de Lula. L'ombre de celui-ci planera à l'évidence sur le mandat de Dilma qui devra consolider ses acquis et entamer les réformes indispensables pour éviter de ternir le travail de son mentor.

Quelques jours avant le scrutin, nous avions rencontré des jeunes, et des moins jeunes, qui ont confirmé la fracture entre les nantis, qui semblent craindre pour leurs privilèges et traitent les Européens de "romantiques" n'ayant qu'une vision partielle du bilan de ces huit dernières années, et ceux qui y ont vu l'espoir de jours meilleurs. La liberté d'expression, symbole d'un pays démocratique malgré les difficultés liées à son statut de pays en développement, était à l'évidence une des caracéristiques de ces élections.

Gabriel a 14 ans et trouve qu’il habite "au bout du monde". Sa ville s’appelle Ouro Preto (Or Noir) depuis que les Portugais y ont découvert des pépites d’or recouvertes de boue dans les rivières de la région. Les ancêtres de Gabriel on tous travaillé dans l’eau puis, quand il n’y a plus eu d‘or et que les Portugais sont partis, dans les mines de fer. Lui deviendra ingénieur –ou musicien, il trimballe partout sa guitare. Ses parents lui ont promis que l’année prochaine il pourra partir étudier à Belo Horizonte, la capitale de Mina Gerrais, la province du centre du Brésil qui a couvert d‘or et de diamant l’Europe des colonies. Il dit que c’est grâce au président Lula que ses parents peuvent lui payer des études. Les années de son mandat ont « transformé le pays » assure-t-il comme 80% des Brésiliens –un record d’appréciation pour un président ! Gabriel est le premier de sa famille à pouvoir imaginer des études supérieures. Sa mère ne sait ni lire ni écrire et son père a longtemps été chômeur. Aujourd’hui, grâce à l’aide sociale accordée par Lula à 32 millions de Brésiliens, sa famille a commencé à goûter au bien-être. Elle fait désormais partie de la classe moyenne inférieure, celle qui affiche des revenus mensuels entre 500 et 2.000 euros. Qui peut désormais ouvrir un compte d’épargne et acheter à crédit. Qui a vu les salaires augmenter et le chômage diminuer. Gabriel a désormais accès à Internet, comme 80% des Brésiliens. Un vrai rêve éveillé.

Car, si des millions de Brésiliens restent toujours extrêmement pauvres, et si le pays reste très mal placé en termes de développement, ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté sont passés de 35% à 22%. « On ne transforme pas un pays de 90 millions d’habitants en 8 ans » clament ceux qui ont soutenu Dilma, la protégée de Lula qui a du se retirer après les deux mandats consécutifs prévus par la constitution mais qui pourrait se représenter en 2014, dans 4 ans, sous la pression du peuple qui voit en lui le sauveur du Brésil.

Ana et Roselina, elles, vivent à Belo Horizonte et sont en voyage scolaire à Tiradentes –du nom d’un héros de l’indépendance du Brésil (1822). Elles sont étonnées par ma question et ne semblent pas très concernées. Pourtant, elles assurent que si elles pouvaient voter (facultatif dès 16 ans et obligatoire à partir de 18 ans), elles plébisciteraient Serra. Filles de militaires, elles n’ont pas profité des changements économiques et sociaux comme Gabriel. Les militaires, comme les grands propriétaires terriens et les milliardaires qui profitent des revenus du pétrole, de l’or et du diamant, n’ont pas vu la différence. Pourtant, ils ont aussi profité de l’ère Lula.

Ce qui fait dire aux observateurs que l’écart entre les plus riches et les plus pauvres est toujours aussi incroyablement grand. Seulement les plus démunis sont tellement occupés à savourer les miettes qu’ils ont enfin pu grappiller avec Lula qu’ils n’ont pas encore eu le temps de faire les comptes du grand gâteau brésilien (qui est un pays riche) et réclamer de combler ce fossé indécent. C'est à cela que devra s'atteler la nouvelle présidente.

 

Un reportage de Béatrice Demol

 

 

En savoir + encore

 

 

Université de Mons
Haute Ecole de la Province de Namur
 Collège de Godinne-Burnot
Les choix du ligueur
Concours de la semaine
Les favoris du ligueur
Donnez-nous votre avis...


Copyright © 2002-2012 Ligue des Familles | Droits d'utilisation | Politique de confidentialité | Site réalisé par Create2.be