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Interpellations politiques : les petits partis

En prévision des élections du 13 juin, la Ligue des familles a interpellé les quatre grandes formations politiques présentes en Communauté française (retrouvez l'édito ici). Pour donner la parole à chacun et élargir le débat, nous avons également interrogés les "petits partis", afin de mieux connaître leurs projets respectifs et de découvrir comment ils comptent répondre aux nombreuses attentes des parents.

A l'heure actuelle, seules les réponses du PTB+ et du Rassemblement Wallone-France nous sont parvenues. Les autres devraient nous parvenir sans plus tarder, la rubrique sera mise à jour dès que possible.


PTB+

Peter Mertens, Président du PTB

Allocations familiales -
Nous sommes le dernier parti national, où Flamands, Wallons, Bruxellois discutent ensemble et élaborent des positions communes y compris en matière communautaire. Pour nous, la sécurité sociale doit demeurer fédérale. Nous voulons que tout enfant soit traité de la même façon indépendamment de la région où il habite. Les allocations familiales doivent être augmentées dans tout le pays. Toutes les familles sont face aux mêmes coûts.

Capital-temps -
Nous sommes en faveur de la réduction du temps de travail à 32 heures avec embauche compensatoire. Nous sommes aussi en faveur de mesures qui facilitent la conciliation entre le temps professionnel, parental, social et personnel. A condition que le travailleur puisse choisir librement les modalités. Dans la plupart des cas aujourd'hui, les propositions patronales en cette matière servent à augmenter la flexibilité des travailleurs en fonction des seuls impératifs de l'entreprise.

Logement -
Nous demandons une loi sur les loyers qui fixe les loyers maximaux en fonction de critères objectifs, comme la qualité du logement, les équipements qu’on y trouve, sa situation, etc. Dans l’attente d’une telle loi, nous proposons que le gouvernement bloque les loyers et n’autorise que leur indexation. Dans les dix années à venir, il faudrait pouvoir disposer de 100 000 habitations sociales supplémentaires au moins. Cela ferait également baisser les prix sur le marché privé. L'énergie doit être aux mains des pouvoirs publics. Il n’y a qu’un seul gagnant sur le marché libre de l’énergie. Electrabel, filiale de GDF Suez avec en 2009 4,5 milliards d’euros de bénéfice net. Nous voulons une diminution de la TVA sur l’énergie de 21 à 6 % aux frais d’Electrabel.

Finances et climat - Nous voulons une société "Les gens d'abord, pas le profit". Aujourd’hui, tout devient marchandise : la santé, l’emploi, l’enseignement, l’environnement, la participation, la solidarité internationale et la paix sont sacrifiés à l’appât du gain. Nous voulons remettre les priorités à leur juste place. Cette société tourne à l’envers, nous voulons la remettre sur ses pieds. Avec les gens d’abord, pas le profit.


RWF

Paul-Henry Gendebien, Co-président et fondateur du RWF


Les sociétés contemporaines sont de plus en plus conflictuelles et déstructurantes.  Quel avenir pour les nouveaux nés ?!

Quant à la Belgique, son couple est au bord de la séparation.  Cela peut provoquer tristesse ou nostalgie, mais il faut être lucide.  On se « parle » depuis 50 ans, mais sans résultats, au contraire. 
Deux sociétés distinctes apparaissent, avec des visions divergentes du présent et de l’avenir.  La Flandre quitte le centre-droit et vire à droite, la Wallonie et Bruxelles demeurent au centre-gauche.  Une politique commune, économique, sociale et fiscale, est de plus en plus difficile à élaborer.

La Flandre n’a plus de projet pour la Belgique et la Belgique n’a plus de projet pour la Wallonie ou pour Bruxelles …  La classe politique officielle va à la faillite : elle n’a pas su traiter les « vrais problèmes » ni le conflit de nationalités.  D’où l’incertitude, d’où les « affaires courantes et désormais fuyantes », d’où le chaos durable. 

Les partis francophones s’abandonnent à un déni de réalité, et donc à la non-stratégie (celle de la défensive et du recul inéluctable) : déjà certains responsables wallons ou bruxellois envisagent le confédéralisme mortifère comme un moindre mal …

Dès lors, à moyen terme, notre remarquable protection sociale est menacée.  Déjà des failles apparaissent : au moins 17% de pauvres en Wallonie, près de 25% à Bruxelles, une des villes prétendument les plus riches d’Europe.  Toute notre sécurité sociale est désormais soumise aux aléas du nationalisme flamand et de ses revendications …

Ce n’est pas du défaitisme mais du réalisme que de penser d’ores et déjà à l’après Belgique.  Je pense aux quatre enfants (et à leurs propres enfants) que, avec ma femme, nous avons élevés.    Nous avons expérimenté le défi que représente aujourd’hui la parenté.  Et nous percevons aussi celui de l’éducation et de l’enseignement.

Je partage et approuve les suggestions de la Ligue en faveur des familles.  Mais avec une question grave : la Belgique a-t-elle encore les moyens de les mettre en œuvre, a-t-elle encore la volonté de dégager ces moyens ?  J’en doute absolument.  Il faudra donc nous rallier à un autre cadre politique, à une autre culture politique : la République française.  Et cela malgré les imperfections inhérentes à toute société humaine.  Je prends en compte la politique familiale et d’aide au logement volontariste menée en France par les diverses majorités. Je souhaite que les familles wallonnes et bruxelloises puissent en bénéficier demain, tout en adhérant dans le même temps aux valeurs républicaines de solidarité sociale collective et de promotion des individus.

 

 

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