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BHV et facilités : deux problèmes différents

Avant de plonger dans BHV, il faut rappeler ce qu’est une commune à facilités. Pour cela, il faut remonter à l’année 1962, une date particulièrement importante dans l’histoire (récente) de la Belgique. Cette année-là, la frontière linguistique est tracée pour séparer la région où l’on parle le français de celle où l’on parle le néerlandais. Quelques mois plus tard, en 1963, les limites de ce qui allait devenir la Région de Bruxelles-Capitale étaient aussi fixées. À l’époque, le problème suivant s’est posé : de part et d’autre de cette frontière linguistique vivaient des habitants dont la langue maternelle (le français ou le néerlandais) n’était pas la langue officielle de la région. La solution suivante a été trouvée. Celle-ci a été inscrite dans une loi, qui existe d’ailleurs toujours aujourd’hui : dans certaines communes, les habitants ont le droit de recevoir leurs documents administratifs dans leur langue maternelle. Mais aussi d’aller à l’école ou d’être jugés devant les tribunaux dans cette même langue. Il s’agit en quelque sorte de facilités accordées aux habitants de certaines communes. Voila pourquoi ces communes ont été appelées les communes à facilités.

 

Au total, il existe dix-huit communes à facilités. (Sur la carte ci-dessus, elles correspondent aux points rouges.) Comme on le voit, six d’entre elles se trouvent dans la périphérie bruxelloise, soit directement autour de la Région de Bruxelles-Capitale. Actuellement, ce sont ces communes à facilités-là qui font le plus parler d’elles. Elles font tellement de bruit qu’on en oublierait presqu’il existe d’autres communes à facilités, situées de part et d’autre de la frontière linguistique. Il s’agit des communes flamandes avec des facilités pour les francophones, mais aussi des communes wallonnes avec des facilités pour les Flamands. Moins connues encore : les communes à facilités qui sont situées dans l’est de la Belgique où certains habitants parlent l’allemand.

Les facilités ne sont pas hors la loi

Revenons maintenant à Bruxelles-Hal-Vilvorde. Parmi les 54 communes de BHV, six d’entre elles sont des communes à facilités. Il s’agit de communes situées dans la périphérie bruxelloise : Rhode-Saint-Genese, Linkebeek, Drogenbos, Wemmel, Kraainem et Wezembeek-Oppem. Comme nous vous l’expliquons dans le dossier de l’Actu jeunes du Ligueur n°4, la circonscription de BHV concerne l’organisation de certaines élections. Dans ce domaine-là, les habitants de ces six communes à facilités sont sur le même pied que ceux des autres communes. Le fait qu’ils bénéficient des fameuses facilités, dans leur vie de tous les jours, n’a en fait rien à voir avec BHV. Lorsque les responsables politiques auront trouvé une solution pour BVH, les habitants des communes à facilités devront s’y plier, comme les autres. Et ils conserveront bien sûr leurs facilités.

Pourquoi donc avons-nous souvent tendance à mélanger les problèmes liés à BHV et ceux liés aux communes à facilités? Probablement parce qu’il s’agit de sujets très compliqués à propos desquels les Flamands et les francophones s’opposent et ont bien du mal à se mettre d’accord. Or, il existe pourtant une grande différence entre ces deux sujets de discorde. La circonscription de BHV ne respecte pas la loi (voir Le Ligueur n°4). Ce n’est pas le cas des fameuses facilités dont bénéficient les habitants des communes à facilités qui, elles, sont inscrites dans une loi, depuis 1962.

Petite précision. Malgré cette énorme différence, BHV et les communes à facilités ont tout de même un point commun. Derrière ces deux sujets se cache une même grande idée, partagée par la majorité des responsables politiques flamands. La Flandre étant une région où l’on parle le néerlandais, tous les habitants, sans exception, doivent s’adapter et apprendre cette langue. C’est le cas pour BHV : pas question donc, pour les Flamands, que les francophones continuent à pouvoir voter pour des francophones de Bruxelles. Et c’est pareil pour les communes à facilités : les Flamands voudraient que les facilités accordées jadis aux francophones disparaissent et qu’ils n’utilisent désormais que le néerlandais. En ce qui concerne BHV, les Flamands ont en quelque sorte raison d’exiger que la situation évolue. En effet, comme on l’a vu, la formation de cette circonscription est contraire à la loi. Ce qui n’est pas le cas avec les communes à facilités.

Anouck Thibaut

Lire aussi, sur ce site, Une de l'Actu jeunes : cette semaine, retour sur la situation du rail en Belgique.

 

 

 

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