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La bouteille, c’est celle qu’a envoyée Tal, une jeune Israélienne de 17 ans, emplie de rêves d’un monde meilleur. Son frère est au service militaire à Gaza. Elle lui confie la bouteille contenant son adresse mail qu’il jettera à la mer. C’est Naïm, un jeune Palestinien de 20 ans, qui la trouvera. Une étrange correspondance commence alors entre ces deux êtres que tout sépare, mais qui au fond partagent bien des rêves.
Le théâtre Varia propose l’adaptation à la scène du roman éponyme de Valérie Zenatti, née à Nice en 1970 et qui, comme tant de jeunes Israéliennes de son âge, a fait son service militaire . Elle en avait d’ailleurs tiré un autre roman, "Quand j’étais soldate" qui évoque son expérience dans l’armée israéliennee. "Une bouteille dans la mer de Gaza" s’attache pour sa part au quotidien de cette jeunesse qui vit dans un contexte géoplitique où la violence, les attentats et l’angoisse du lendemain dominent. A tel point que l’auteur s’interroge sur la possibilité pour cette jeunesse d’avoir encore une part de rêve. Tal, la jeune protagoniste, qui vit à Jérusalem, est d’ailleurs une grande rêveuse et espère un jour faire du cinéma… Elle en est presque naïve et son correspondant, Naïm, s’en montrera un peu irrité, n’hésitant pas à déverser sur elle sa colère, pas toujours à bon escient. Mais petit à petit, au fil du récit, un glissement va s’opérer. Tal va se refermer alors que Naïm se fera plus compréhensif. Il finira par encourager Tal à garder ses rêves. Leur point commun étant dans leur envie de changer un monde de violence dans lequel ils sont projetés et qu’ils n’approuvent pas.
La thématique de la jeunesse aux rêves malmenés par un contexte politique difficile rappelle, d’ailleurs, à bien des égards le film iranien de Bahman Ghobadi "Les Chats Persans" actuellement sur les écrans. Mais "Une bouteille à la mer" ne se contente pas de dresser le portrait de jeunes gens en prise avec un monde qu’ils n’approuvent pas : le spectacle aborde aussi le pari de l’amitié entre camps adverses, avec le fol espoir d’en réconcilier certains membres… Fort de cette belle idée, le roman de Valérie Zenatti , paru à l’Ecole des Loisirs, a d’ailleurs reçu le Prix Tam Tam du livre de jeunesse, catégorie "Je bouquine" en 2005.
Un spectacle dépouillé
La mise en scène du Varia joue la carte de la sobriété : Naïm et Tal sont seuls sur scène, face au public, avec pour seul décor un écran. Le début de l’hisytoire commence par une hypothétique prise de rendez-vous, à Rome, devant la célèbre fontaine de Trévi. Aux spectateurs de conclure sur une fin positive ou non. Et puis, Naïm commence à se confier. Tout au long du spectacle, les deux personnages ne se voient pas. Ils se parlent, par ordinateur interposé. Les éclairages changent selon les moments. Lumière froide lorsqu’ils naviguent sur Internet, plus chaude quand les mails se déclinent sur le mode des confidences ou d’une certaine intimité… Et puis, l’écran, qui diffuse des images d’un contexte politique violent, mais qui est aussi là pour évoquer la beauté d’un pays, d’un paysage, d’une culture, d’une musique.
Un spectacle tout en nuances sur un sujet ultra médiatisé.
A voir du 24 au 27 février 2010 au Théâtre Varia.
Infos : www.varia.be ou 02 640 82 58