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Les sorties se calment en période de congé scolaire. Plusieurs films d’animation occupent les grands écrans des vacances. La vague animée déferle depuis le 3 février avec La princesse et la grenouille. Le dernier Walt Disney a démarré en force dans 69 salles. Jasper le Pingouin et Planète 51 ont suivi le 10 février et voilà que le Fantastic Mr Fox pointe le bout de son museau aujourd’hui.
L’histoire de ce voleur de poules repenti, puis récidiviste est inspiré d’un roman jeunesse du célèbre Roald Dahl (Charlie et la chocolaterie). Le fantastique renard plaira autant aux adultes qu’aux enfants.
Les grands reconnaîtront Georges Clooney et Meryl Streep (excusez du peu) qui prêtent leur voix à Mr Fox et à sa femme Felicity. Le film recourt à d’anciennes techniques d’animation comme le stop-motion. Cela donne une consistance et un petit côté "campagnard" qui cadre parfaitement avec l’histoire. Disney fait des émules après son retour à l’image dessinée à la main, dont je vous ai parlé dans Cinétoiles 16.
Je profite de cette accalmie dans les sorties, trois cette semaine contre treize la huitaine précédente, pour marquer une pause et vous conseiller quelques toiles de rattrapage (dont vous pouvez retrouver la chronique en cliquant sur le lien). 68 salles (en 2 et 3 D) projettent toujours Avatar qui a déjà dépassé le Titanic en record de spectateurs. Invictus (Mandela éclairé par Clint Eastwood) tourne toujours dans 20 salles. 22 salles pour Mr Nobody, de Jaco Van Dormael que je n’avais guère apprécié, mais qui a déjà conquis 65.000 spectateurs. Ne manquez pas non plus Océans (27 salles), installé à une honorable 12è place au classement des films préférés des spectateurs. En tête pour le moment, Percy Jackson, le voleur de foudre (pas mal), Valentine’s day (pour les amoureux), et Wolfman (pour les cœurs bien trempés). Suivent La Princesse et la grenouille et Lovely Bones, dont je vous ai déjà dit le plus grand bien.
Ces deux derniers passent dans 69 et 33 salles respectivement. Plus les distributeurs croient à un film, plus ils tirent de copies. Ils jouent sur un effet de masse. L’appétit des spectateurs est rapidement assouvi. Les écrans sont vite libérés pour les bobines qui bouillent d’impatience. Quand j’étais petit (années '60), je rêvais de My Fair Lady, Ben-Hur, Les 10 commandements, West Side Story qui tenaient 52 semaines, voire 2 ans à l’affiche. Les temps ont changé. Un film chasse l’autre. La plupart des longs-métrages dont je vous parlais en décembre, (En eaux troubles, Altiplano ou Kerity) ont disparu ou survivent dans le réseau Art et Essai. Ces cinémas subsidiés, à vocation non commerciale, remplissent admirablement le rôle ingrat de promouvoir des œuvres hors des publics battus. Ces 9 cinémas dizaine de cinémas sont associés dans Diagonales. 
Une autre sortie de ce mercredi, Qu’un seul tienne, les autres suivront, est estampillée Art et Essai. Léa Fehner signe un premier opus poignant et étouffant. La réalisatrice a une expérience associative derrière elle ; elle a notamment travaillé avec des accueils famille prisons en France. Son point de vue est de montrer que la prison existe à l’extérieur des murs des maisons d’arrêt. La vie s’arrête aussi pour les familles de détenus, emmurées dans leur souffrance et parfois dans l’injustice. Stéphane, Zohra et Laure ne se connaissent pas mais se retrouvent un jour dans le même parloir. L’un veut y entrer en acceptant un marché de dupes, l’une cherche à comprendre pourquoi son fils a été tué et Laure, l’adolescente, rend visite à un premier amour, en étant accompagnée d’un adulte, parce qu’une mineure n’a pas le droit de voir seule un prisonnier. Les scènes de prison sont rares, la privation de liberté apparaît en creux. dans la solitude des proches, condamnés à quémander un parloir. Un film fort pour public motivé.
Patrice Gilly