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L'armée du crime ; Démineurs

L'armée du crime ; Démineurs

Deux films de guerre à l’affiche. Guerre passée et guerre présente dans une approche grand public. Deux réussites avec la mention "Attention, grand film" pour...
 

L’armée du crime

Le poète avait accepté de prendre la tête d’un réseau de résistance à Paris en 1942, à condition de ne pas recourir personnellement aux armes. Sa résolution bascule un matin dans une cour lorsqu’il s’empare d’une grenade pour lancer lui-même l’engin de mort sur un peloton de soldats allemands. Quand Manouchian marche vers son destin, repasse dans sa tête l'exécution de sa famille arménienne par les Turcs. Après l’attentat, Missak dira que désormais, il ne pouvait plus reculer. Ils sont une vingtaine à composer le réseau Manouchian, la plupart communistes, tous étrangers, polonais, espagnols, italiens, hongrois et juifs aussi. Ils sont très jeunes et très déterminés à occire l’ennemi. Entre juin 1942 et  novembre 1943, les FTP-MOI, Francs-Tireurs et partisans-Main d’œuvre immigrée vont agresser 230 fois l’occupant nazi. Ils réussissent même à exécuter un général SS, une exécution qui aboutira au démantèlement du réseau.

Le réalisateur, Robert Guédiguian, ne nous épargne aucune scène de violence, y compris les séances de torture menées par la police française, ardente collaboratrice des Allemands. Ces scènes dures, jamais gratuites,  alternent avec la vie quotidienne de jeunes gens, amoureux et joyeux, qui en d’autres temps, auraient vécu heureux et insouciants. La guerre les voit s’engager résolument dans un combat pour la liberté, qu’ils sont certains de gagner, au delà de leur exécution, le 21 février 1944 après avoir été livrés aux Allemands. Ces derniers imprimeront une affiche reprenant les 21 "traîtres", assimilant la Résistance aux étrangers  communistes et juifs. L’affiche rouge inspirera un poème à Aragon mis en musique par Léo Ferré.

Arménien, comme Manouchian, R. Guédiguian éclaire un pan sombre de l’histoire de France et de la deuxième guerre mondiale que nos grands-parents ont vécue.  Il s’est appuyé sur des archives historiques, même s’il n’a pas respecté la chronologie des faits à la lettre. Il a voulu privilégier la fluidité narrative pour que le spectateur comprenne les enjeux. Le réalisateur  évite le piège de la démonstration et de la démagogie. Son film est émouvant et passionnant, parce qu’il nous montre des êtres ordinaires qui  se subliment  au service d’une noble cause. Quel courage. Heureusement que nous n’avons plus à nous positionner face à une occupation oppressante et liberticide. Chapeau à ceux qui se sont sacrifiés pour les générations suivantes. Les acteurs sont à la hauteur du sujet : justes, dignes, humbles et imprégnés de l’époque, joliment reconstituée dans un Paris souvent ensoleillé.


 
Démineurs

Enormément de soleil aussi en Irak pour vivre le dernier mois d’une équipe de démineurs  de l’armée américaine. Ici, nous sommes en pleine fiction ; l’histoire est en train de s’écrire. Pourtant, on s’y croit, tellement Kathryn Bigelow a peaufiné le côté documentaire. Cette fiction docu est basée sur le reportage en Irak du scénariste qui a suivi ces soldats de l’ombre. Ils désamorcent des bombes en prenant des risques inouïs. Ces hommes sont volontaires pour risquer leur vie. Ils deviennent littéralement accros à ce métier bourré d’adrénaline. La tension est permanente. Le tournage en Jordanie donne le change. Nous sommes plongés dans l’horreur des bombes humaines et des dispositifs machiavéliques. Plusieurs scènes ont été tournées caméra à l'épaule au format super-16 afin d'obtenir un style pris sur le vif. Les images vous prennent viscéralement.

Evidemment, nous n’avons qu’un point de vue, les Américains sont les bons. Reste encore une fois que des hommes risquent leur vie pour en sauver d’autres, c’est éminemment respectable et crédible dans ce film coup de poing d’une réalisatrice qui n’avait plus tourné pour le cinéma depuis 8 ans.

Deux films à voir en famille et débattre ensuite du bien-fondé d’un conflit armé.

 

P.G.

 

 

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