Cinéphile et familial
Pour ses 20 ans, L’Ecran Total s’offre une quinzaine à Cannes. Du 24 juin au 1er juillet, le cinéma Arenberg affiche une vingtaine de toiles d’une qualité rare. La trentenaire quinzaine cannoise, un des lieux parallèles du Festival, a fondé sa réputation en programmant les talents naissants du cinéma mondial. Citons Scorcese, Haneke (palme 2009), Lucas ou les frères Dardenne.
Ce 23 juin, à 20H30, la sélection cannoise invite Les Beaux gosses, au 26, Galerie de la Reine, à Bruxelles, en présence de leur père, le réalisateur Riad Sattouf. Le film plaira aux ados. Ils vivront les premiers émois amoureux d’Hervé, pas vraiment doué avec les filles. Les étoiles cannoises scintilleront 4 fois par jour, de 14h30 à 21h30.
Après cette belle ouverture, la salle d’Art et Essai enchaîne avec L’Ecran Total classique, soit 70 œuvres mêlant le cinéma d’hier et d’aujourd’hui. Il y a 20 ans, Thierry Abel, le toujours directeur de l’Arenberg, tentait un pari fou : peupler les salles obscures de reprises marquantes, d’inédits négligés par la grande distribution, de classiques célèbres ou méconnus, le tout en plein "désert estival". Pari tenu et reconnu par le prestigieux Festival de Cannes, qui a délégué sa Quinzaine.
Parmi les inédits, j’épingle L’étranger en moi, vu il y a 2 ans et jamais sorti sur nos écrans. L’apprentissage de la maternité chez une femme perdant totalement pied à la naissance de sa fille.
D’une grande pudeur et d’une grande justesse (les 17, 18, 19,21,22,24,25,27et 28/07). Je pointe aussi dans la section Inédits, la comédie roborative des frères Larrieu, Le Voyage aux Pyrénées, avec Sabine Azéma et Jean-Pierre Darroussin. (3,5,6,7,8,10,12, 14,15,17,19,20/07). Parmi les classiques, je reverrai avec émotion et nostalgie le très beau film de Paul Newman, De l’influence des rayons Gamma sur le comportement des marguerites. L’acteur passé derrière la caméra dirige sa femme Joanne Woodward et sa fille Nell dans un huis clos familial qui se dénoue dans la poésie et l’espoir amené par la cadette des 2 sœurs. Tourné en 1972, sous le mandat Nixon. J’avais 17 ans. Je n’ai jamais revu ce film, mais je m’en souviens comme si c’était hier. J’irai le revoir, au risque peut-être d’altérer un beau souvenir, le (15,17,19,20,22,24,26,28,29,30,31/07et 1er août).
Je boucle ma sélection avec 3 des 5 films qui ont compté dans la vie du réalisateur français Arnaud
Desplechin. Million Dollar Baby de Clint Eastwood, Providence d’Alain Resnais et Rushmore de Wes Anderson. Ce dernier est inédit en Belgique. Nous suivons une trajectoire adolescente assez stimulante dans un lycée où un cancre s’avère un génie créatif partout, sauf en classe.
Vous aurez compris que mes choix sont très famille. Surtout si j’y ajoute Le Fils, des frères Dardenne (14,17,21,22,24,25/07). Le Ligueur pense à vos loisirs, même en vacances. N’hésitez pas à prendre le train vers la capitale. Vivez Bruxelles sous le soleil et rafraîchissez-vous dans une salle bien fraîche. L’Arenberg est à deux pas de la grand’ Place et du cœur de Bruxelles. La promenade dans la Galerie de la reine vaut le détour.
Puisque j’ai pointé beaucoup en juillet, voici deux belles toiles en août et septembre. La fille du RER, d’André Téchiné, avec la Belge Emilie Dequenne (à partir du 12 août) et Espions de Nicolas Saada, avec Guillaume Canet et Géraldine Pailhas. (fin août et septembre.) Oh, j’allais oublier, les séances dédiées aux enfants. Un fil d’animation japonais, Le petit chat curieux, précédé d’une animation conte (19 et 23/08, 14H30,) pour les tout petits. Une fable écologique, Un été avec Coo, (22,29/07, 5 et 12/08) et l’inusable Ruée vers l’or, de Charles Chaplin, (1,8,15/07).
Le détail de cette programmation exceptionnelle dans un catalogue très documenté et très pratique, Galerie de la reine, 26, 1000 Bruxelles (Tél 02.512.80.63) ou sur le site
www.arenberg.be.