Il y a des petits riens qui font du bien, à tous âges. Mais avant huit ou neuf ans, l’être humain a cette capacité de poésie qui s’émousse ensuite, pour la plupart d’entre nous en tout cas. C’est dire l’émotion du spectateur, quel que soit son âge, quand un artiste a le don de retrouver en lui ces moments d’enfance et de nous les faire partager.
C’est exactement ce qui se passe avec la Suédoise Lotta Geffenblad, une illustratrice pour enfants qui a pas mal d’albums à son actif, hélas pas encore traduits en français.
Heureusement pour nous, Lotta a croisé Uzi, un réalisateur d’origine israélienne qui est devenu son compagnon ; ensemble ils réalisent des courts métrages d’animation qui s’inspirent librement des albums de Lotta.
Certains se souviendront de Franz le chef d’orchestre, un moyen métrage sorti sur nos écrans il y a deux ans. C’est à présent une série de trois courts en papiers découpés qui nous plonge dans l’univers des tout petits: dans Les pierres d’Aston, Aston ramasse les pierres qu’il trouve sur le chemin de la maison. Il les dorlote, les lave et leur fabrique des petits lits douillets, mais ses parents trouvent sa collection un peu envahissante.
Les Abricots racontent la journée d’un petit garçon à la plage, en compagnie de son oncle, avec la découverte de la mer sous un autre jour.
Dans Lola s’est perdue, Lola vient d’emménager dans sa nouvelle maison. Elle part au supermarché acheter de la confiture mais au retour, elle s’aperçoit que toutes les maisons sont identiques. Comment alors retrouver la sienne ?
Dans ces trois histoires désarmantes de simplicité, le style graphique original colle au propos et il se dégage de l’ensemble une fraîcheur pas mièvre, susceptible de séduire les adultes. Ainsi, une connivence s’installe aussi petit à petit entre les parents et la réalisatrice.
L’ensemble, complété par L’enfant sans bouche du français Pierre-Luc Granjon, forme un programme de quarante minutes, idéal pour les très jeunes cinéphiles.
Petit à petit, de Lotta Geffenblad, Uzi Geffenblad et Pierre-Luc Granjon - Les films du Préau, 40 minutes.