Le Ligueur et mon bébé Les petites annonces La Ligue des familles Partenaires

Les coups de cœur du Ligueur

Rubriques : | Cinéma | Jeux vidéo | Livres | Musique | Théâtre |

Coeur Coeur Coeur

Descendants, La taupe, Circumstance

Descendants, La taupe, Circumstance

Hawaï, son océan paisible, ses criques enchanteresses, ses cieux immenses, sa décontraction : le rêve. Matt King vit plutôt un cauchemar. Nous suivons avec compassion et amusement la semaine infernale d’un des Descendants, croisementdes premiers colons américains et de l’aristocratie locale, propriétaire de l’archipel avant l’annexion aux Etats-Unis. Son sang hawaïen le plonge dans un premier dilemme : décider de vendre ou non une propriété familiale, 10 000 hectares en pente douce vers la mer, une nature magnifique et inviolée, ultime parcelle d’une île envahie par les promoteurs. Deuxième casse-tête, doit-il débrancher sa femme plongée dans un coma irréversible ? Troisième épreuve et non des moindres, s’occuper de ses deux filles de 10 et 17 ans, délaissées depuis perpète. Matt est complètement paumé. Il reçoit le coup de grâce en apprenant de son ainée que  son épouse mourante avait un amant. Le cocu magnifique (Georges Clooney) n’a plus qu’une envie : identifier le félon et lui dire… on improvisera. Voilà Matt, sa descendance et le petit ami ahuri de sa fille embarqués dans un tour d’Hawaï à la recherche de l’amant et des choses essentielles dans la vie. Matt paraît d’humeur égale en surface, mais un sourire triste, un haussement d’épaules, un regard perdu dans le vide trahissent un grand désarroi intérieur. Clooney mérite sa nomination aux Oscars.  

Alexander Payne (Sideways) signe une comédie douce amère, à la fois rédemption familiale, étude de caractères et questionnement sur nos capacités de bonté. Matt en veut à sa femme, elle n’est plus là pour les entendre. En fait ils ne s’entendaient plus. Matt n’entendait plus ses enfants non plus. Entendra-t-il la voix de ses ancêtres lui soufflant de garder ce petit coin de paradis où Matt campait en famille ? Une incroyable sérénité émane des Descendants, due sans doute à la bande originale, composée de musique hawaïenne locale, et des vues magnifiques de la partie de l’archipel restée sauvage. Cette nature majestueuse rappelle un passé peuplé de gens tranquilles, regardant la mort en face, apaisés à l’idée que l’océan, les forêts, les montagnes leur survivront. Matt King porte bien son nom, roi d’un bonheur reconstitué en famille, tous chagrins et absences ravalés, dans la paix des cœurs.

 La Taupe évoque un temps de l’espionnage que vous n’avez pu connaître, celui de la Guerre froide et des premiers ordinateurs. Dans les années 1970, les espions faisaient du renseignement. Ils épluchaient les dossiers, récoltaient des informations et pratiquaient la désinformation. De l’anti-James Bond porté au pinacle de la littérature du genre par John Le Carré, ancien membre du MI5, les services secrets britanniques. Le suédois Tomas Alfredson a certainement lu la trilogie des "Smiley". Il a parfaitement saisi l’ambiance poussiéreuse et désuète suintant de la vingtaine de romans d’un maître de la littérature psychologique d’espionnage. L’interprétation très british, Gary Oldman (nommé aux Oscars), John Hurt, Colin Firth… épaissit encore l’impayable vernis britannique.

Je ne vous raconte pas l’histoire, compliquée à souhait, tissu de trahisons, de manipulations, de retournements (au propre et au figuré). A la suite d’un beau ratage en Hongrie, Control et le numéro 2 du service sont virés. C’est la fin d’une époque. Smiley croit sa carrière finie. Après une phase de doute et de solitude, l’élégant briscard rebondit lorsque le gouvernement lui demande d’enquêter de l’extérieur sur une taupe (un agent double) qui gangrènerait le "cirque", surnom ironique donné à l’Intelligence britannique. Smiley dénoue les ficelles sans bouger de son fauteuil, aidé d’une jeune recrue. Il passe des nuits blanches à assembler les pièces d’un puzzle inconnu, sondant l’âme humaine pour y déceler ses failles, qui n’épargnent pas les espions. Les méandres psychiques ruinent plus sûrement une mission qu’un faux renseignement. Un régal si vous acceptez de revenir 40 ans en arrière.

Le cinéma iranien persiste à braver les tabous et la censure. Circumstance (En secret) porte la révolte de deux jeunes filles homosexuelles issues de familles aisées de Téhéran. Elles fréquentent les milieux branchés de Téhéran, fument un joint à l’occasion et s’affichent ouvertement devant le frère d’Atafeh, amoureux lui aussi de Shireen. Mehran réprime ses pulsions en adhérant à la police des mœurs, fief des mollahs. Les parents progressistes d’Atafeh rentrent dans le rang, redoutant les nouveaux amis de leur fils. La réalisatrice Maryam Keshavarz a grandi aux Etats-Unis et en Iran. Elle a tourné ce premier film au Liban. Son regard original sur l’Iran contemporain cède parfois à un penchant esthétisant : on ne distingue pas toujours ce qui est rêve, fantasme ou réalité. Après Une séparation et Les Chats persans, Circumstance approche un Iran moderne insoupçonné en Occident.

Georges Lucas a gonflé sa Guerre des Etoiles en 3D. J’ai fermé les yeux sur cette deuxième vie de la célèbre saga, flairant l’opération commerciale à dix galaxies à la ronde. Porter des lunettes pendant 2h16 pour revoir La menace fantôme, 14 ans après : non merci ! Luke Skywalker précède Titanic attendu au port 3D en avril.

Patrice Gilly

 

 

Autres coups de cœur pour cette rubrique

 

Haute Ecole de la Province de Namur
 Collège de Godinne-Burnot
Les choix du ligueur
Concours de la semaine
Les favoris du ligueur
Donnez-nous votre avis...


Copyright © 2002-2012 Ligue des Familles | Droits d'utilisation | Politique de confidentialité | Site réalisé par Create2.be