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Retour vers le passé. La semaine dernière, j’ai omis de vous parler de Real Steel, un croisement de Rocky, de Transformers, voire de Rollerball et de Mad Max. Shawn Levy (Une nuit au musée, La panthère rose) réussit à combiner les ingrédients musclés de ces illustres prédécesseurs en y ajoutant finesse, tendresse et dénonciation de l’argent-roi. C’est aussi le récit d’une rédemption, celle de Charlie (Hugh Jackman), un perdant né qui se réconcilie avec son fils Max (Dakota Goyo), abandonné à la naissance.
Père et fils, aidé de la jolie Bailey (Evangeline Lilly) réaniment un Roboxeur de l’ancienne génération et en font un champion, capable de défier au Crash Palace un redoutable titan de 900 kg et 2m40 de haut, financé par les Russes et conçu par un Japonais. Les machines ont remplacé les boxeurs : le public avide de combats ultra- violents se délecte. Atom, le poulain de Max, a été construit pour encaisser les coups qui pleuvent dru sur le ring. A la différence des automates de la nouvelle génération, Atom a un regard et sait reproduire les gestes que mime son coach Charlie. Cette connivence met KO des monstres technologiques dénués d’instinct. Consoles et écrans ne font pas le poids face à l’expérience de l’ancien boxeur. Quelle scène magnifique quand Charlie caracole autour du ring et guide Atom vers la victoire sous le regard admiratif de Max, fier de voir son père se battre enfin pour lui. Chapeau à Animatronics pour le swing de ses roboxeurs.
Real Steel est un excellent divertissement dans la tradition Disney. Humour, sentiments et action font mouche, le tout au service d’une belle histoire humaniste et anti-consumériste. Atom est un produit de récup, Charlie croit finalement à une nouvelle vie, Max retrouve un père. Rien n’est jamais définitivement perdu, à condition de laisser le cœur guider sa route et ses actes. Le père a autant à apprendre du fils qu’inversement. Des messages utiles à redire et passés à 100% après 2 heures de spectacle 4****. A voir à partir de 10 ans
Le Chat Potté, malgré sa fière allure, ne suscite pas le même enthousiasme. Les studios d’animation Dreamworks donnent du galon à un personnage de Shrek 2 et puisent une inspiration poussive dans le répertoire des contes et des héros populaires. Pour renouveler le genre, Chris Miller (Shrek 3) s’est inspiré des westerns spaghetti de Sergio Leone. Son chat a un port hispanique et aime séduire. Il a du répondant avec Kitty, pattes de velours, sexy et virile. Un oeuf félon et des haricots magiques complètent une distribution alléchante mais qui n’emballe guère, tant les recettes scénaristiques ont un goût de déjà vu. En dépit de quelques scènes conçues pour la 3D, un passage poétique dans les nuages et un combat dansant (resservi à la fin), ce chat Potté ne griffera guère les mémoires. Dès 8 ans.
Je ne m’attarde pas sur Les Adoptés, premier film de Mélanie Laurent. L’actrice française a toujours rêvé de passer derrière la caméra. Elle adopte le format 2:10, très peu utilisé, mais, dit-elle, "qui allait complètement avec ce que je souhaitais. L’image est assez large et si on fait un gros plan, il y a forcément de l’air autour et beaucoup de profondeur". Hélas, Mélanie Laurent brasse plus d’air que de profondeur. Elle ne résiste pas à l’envie de se mettre en scène, dans une approche narcissique et régressive, défilés de clichés sur fond de mélo douceâtre. Pourtant, les dix premières minutes accrochent bien. Ensuite, on décroche, stupéfait de tant de vacuité et d’effets gratuits (flous, ralentis, passage au point, sons assourdis).
Encore un film américain sur le baseball, penserez-vous en voyant l’affiche de Moneyball (Le stratège). C’est un peu plus que cela. Bennet Miller (Truman Capote) raconte une histoire vraie, dont il a puisé le corps dans un best-seller écrit par un ancien trader. Celui-ci règle ses comptes avec le milieu financier en portant au pinacle la réussite de Billy Beane, entraîneur d’une équipe de seconde zone. Au lieu de remplacer les stars qui désertent les Oakland Athletics, Billy recrute des joueurs décotés en combinant leurs talents respectifs. Jouer collectif plutôt qu’individuel, une option qui indispose le conseil d’administration et les supporteurs. Brad Pitt prend un plaisir évident à jouer seul contre tous, épaulé par un statisticien génial. Avec ses copains Clooney, Di Caprio, le beau Brad s’inscrit dans une lignée d’acteurs qui s’engagent en poussant des films à contre-courant de la production formatée hollywoodienne. Le stratège a un cachet indéniablement américain, mais le côté David contre Goliath a un rayonnement universel.
Cinergie.be organise depuis sept ans un concours de critiques pour jeunes, en partenariat avec le WBInternational, La Libre Belgique et le Centre du cinéma de la Communauté française de Belgique et, cette année pour la première fois, Cine Pocket.
Le lauréat bénéficiera d’une accréditation "jeunes cinéphiles"» au Festival de Cannes, cinq jours aux frais de la princesse. Le meilleur critique du film de Bouli Lanners, Les géants, recevra en outre un téléphone portable avec caméra qui lui permettra de réaliser des reportages. Ses mini-films seront postés sur Internet. Les dix premiers lauréats seront bombardés de DVD et de livres sur le 7e Art. Le premier lauréat doit avoir impérativement 18 ans en mai 2012.
Pour participer, il faut avoir entre 17 et 23 ans inclus, écrire une critique d’une page A4, maximum et l'envoyer avant le 15 février 2012, par courrier électronique à info@cinergie.be ou courrier postal à cinergie.be, Maison de la Francité, 19F avenue des Arts, 1000 Bruxelles
Le texte primé sera publié dans le webzine de Cinergie et dans La Libre Culture. Un portrait du lauréat sera également publié. A son retour de Cannes, il lui sera demandé d'écrire un article sur ses impressions festivalières.
J’ai anticipé de deux semaines la sortie de L’Art d’aimer. Retrouvez la critique ici.