Le Ligueur et mon bébé Les petites annonces La Ligue des familles Partenaires

Les coups de cœur du Ligueur

Rubriques : | Cinéma | Jeux vidéo | Livres | Musique | Théâtre |

Coeur Coeur Coeur

L'Artiste, Johnny English (le retour), Les Géants, Les trois Mousquetaires, Le Criquet

L'Artiste, Johnny English (le retour), Les Géants, Les trois Mousquetaires, Le Criquet

C’était une gageure, oser renouer avec le muet en noir et blanc façon Chaplin, King Vidor ou Douglas Fairbanks. L’Artiste tient le pari sur tous les plans. Michel Hazanavicius réussit un film populaire et abouti esthétiquement, en revenant à l’essence même du cinéma, expérience sensorielle vécue de l’intérieur. Sans paroles, le spectateur est amené à ressentir les sensations créées par la gestuelle des acteurs et la musique partie intégrante du plan. Le succès de ce retour aux sources tient beaucoup au compositeur Ludovic Bource, auteur d’une partition symphonique, tour à tour ample et discrète. La bande originale a été enregistrée à Bruxelles aves les 80 musiciens de l’Orchestre philarmonique de Flandres. La musique accompagne magistralement les émotions, les souligne ou les nuance selon ce que l’acteur transmet à l’écran.

Sans la parole, il ne reste que le jeu et l’émotion pure. Jean Dujardin (prix d’interprétation à Cannes) et Bérénice Béjo jouent d’un battement de cil, d’un regard, d’un geste pour traduire les états d’âme de ces deux stars d’Hollywood. George Valentin, icône du muet, ne veut pas entendre parler du parler qui perche le bout de la voix en 1927. Peppy Miller saisit le micro au bond et accède au statut de première reine du cinéma parlant. L’ange montant veillera sur l’ange déchu. L’histoire est fidèle à l’esprit des pionniers du 7e art : romantique, pure et tragique. La réalisation lèche les cadres, compose avec les ombres, les obliques, la lumière. Michel Hazanavicius s’est imprégné de la palette des grands maîtres ; il a visionné leurs œuvres tournées il y a près de 100 ans. Le muet n’a pas pris une ride. L’artiste est un hommage à une époque révolue et nous renvoie à une autre révolution en cours : le remplacement de la pellicule par des copies numériques. Une scène y fait allusion, celle où un incendie détruit les bobines des films de Valentin. Il en sauve une seule, les rushes du premier rôle de Peggy Miller, dont il tombe éperdument amoureux. À voir en famille pour montrer aux enfants ce qui faisait vibrer leurs arrière grands-parents. Le numéro de claquettes (parlant) est pétillant de joie.

 

Rowan Atkinson connaît bien le muet. Il est surtout connu pour son personnage burlesque de Mister Bean. On se souvient moins de Johnny English, espion des services secrets britanniques. La terreur du MI7 revient 9 ans après sa première mission. Johnny English (le retour) a l’occasion de se réhabiliter après le ratage d’une mission au Mozambique. Exilé au Tibet, il a acquis la maîtrise de l’esprit sur le corps, tout en renforçant certaines parties sensibles de son anatomie. L’enseignement des moines lui sera finalement profitable, mais il reste un indécrottable gaffeur, dans la grande tradition de la série Y’a-t-il quelqu’un pour sauver la reine… Quelques trouvailles - la Rolls roulant à la reconnaissance vocale, l’hélicoptère terrestre et une mamy asiatique tueuse à gages - maintiennent la cadence du premier épisode.

Le FIFF a donc couronné trois fois Et maintenant on va où ? de Nadine Labaki dont je vous parlais la semaine dernière. Cette triple récompense (Bayard d’or, Interprétation féminine, Jury junior) couronne une démarche pacifiste et enthousiaste qui balaie bien des défauts. Personnellement, je me réjouis du prix du public et du jury pour Monsieur Lazhar, de Philippe Falardeau, déjà chouchou du public au festival de Locarno et sélectionné pour l’Oscar du meilleur film étranger. Ne manquez pas Bashir Lazhar (la chance d’apporter de bonnes nouvelles) le 12 janvier prochain.

Un autre lauréat namurois sort cette semaine. Les géants, de Bouli Lanners, a gagné le Bayard d’or de la meilleure photo (Jean-Paul De Zaeytijd) et de la meilleure interprétation masculine. Trois lascars se partagent le prix : Zacharie Chasseriaud, Paul Bartel, Martin Nissen sont épatants dans leurs personnages d’ados livrés à eux-mêmes l’espace d’un été fertile en péripéties et en rencontres insolites. Bouli filme deux frères et leur copain dans une nature panoramique, aux horizons larges comme ceux du cinéma américain. Il suit la rivière, se perd dans les bois, improvise un terrain d’aventures. Le cinéaste choisit la forme du conte pour évoquer le manque d’affection. Et la défaillance des grands. Les adultes sont en effet très laids, très violents et très fourbes, à l’exception de Marthe Keller, lumineuse en refuge ultime pour ados paumés. Rosa a un enfant autiste, une réalité plus douloureuse encore que la déshérence des trois compères. Recueillis une deuxième fois par la fée des bois pianiste à ses heures, les trois comparses décident à prendre leurs responsabilités. Ils veulent préserver Rosa. Zak, Seth et Dany larguent les amarres, abandonnent ce coin de terre désert et leur famille (absente, sauf la mère au téléphone). Ils se laissent dériver sur le  fleuve. Le frère cadet renonce à guetter un message maternel sur son Gsm et suit son frère par loyauté fraternelle. La tonalité des Géants est sombre, plutôt No Future. Le rejet du monde adulte est radical, faute de tuteurs de croissance. Le cinéma de Bouli Lanners grandirait encore si son amour des grands espaces et sa nostalgie de l’adolescence s’appuyaient aussi sur un scénario plus élaboré que cette cavale sans issue.

Les trois Mousquetaires ont fait le vide autour d’eux. Aucun distributeur n’a osé placer une grosse production face à cette nouvelle version du roman d’Alexandre Dumas annoncée à grand fracas. Crainte mal placée, ce gros machin ne fracasse rien. Un prologue à Venise et un vaisseau dirigeable (anachronique) constituent les seules innovations d’une intrigue archi connue, qui voit D’Artagnan et ses pairs sauver la Reine de France et contrer le cardinal félon. Milla Jovovich incarne Milady de Winter, seule tête un peu connue d’une distribution aux accents très shakespeariens.

Le Criquet est un condensé de découverte de la nature, des insectes et de la musique pour les tout-petits. Le Parc Distribution continue à chérir les enfants de maternelle. Le distributeur liégeois propose sept historiettes de 5 minutes animées par Zdenek Miler, connu pour être l’auteur de la Petite Taupe. Le Criquet possède un violon magique qui envoûte les objets. L’insecte sympa joue pour les coccinelles, disparaît dans le ventre d’une poule et est sauvé un mulot médecin. Le Criquet guérit aussi l’arbre appartement des oiseaux. Il sympathise avec la contrebasse, le tuba, la scie musicale. À l’occasion de la sortie nationale du Criquet, les Jeunesses musicales proposent, à Bruxelles, Namur, Mons, Charleroi et Liège une animation musicale spécialement destinée aux bambins dès 3 ans. L’occasion rêvée d’initier les jeunes pousses à la fois au cinéma et à la musique vivante. Plus d’informations sur les animations musicales, cliquez ici.

CinéFemme a un coup de cœur pour We need to talk about Kevin, dimanche 16 octobre à 10h45 au cinéma Arenberg, Galerie de la Reine, 26 à 1000 Bruxelles. L’incommunicabilité totale entre une mère et son fils, disséquée par Lynne Ramsay, d’après le roman de Lionel Shriver (paru en poche, J’ai lu). Comme son pseudonyme ne l’indique pas, Lionel est une romancière.

Patrice Gilly
 
Et maintenant on va où ? Un amour de jeunesse, Dream House, Identité secrète, (S)ex List : retrouvez la chronique précédente en cliquant ici.

 

 

Autres coups de cœur pour cette rubrique

 

Haute Ecole de la Province de Namur
 Collège de Godinne-Burnot
Les choix du ligueur
Concours de la semaine
Les favoris du ligueur
Donnez-nous votre avis...


Copyright © 2002-2012 Ligue des Familles | Droits d'utilisation | Politique de confidentialité | Site réalisé par Create2.be