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L’élève Ducobu, Brighton Rock, Pater

L’élève Ducobu, Brighton Rock, Pater

Les cancres ont leur héros plébiscité en bédé. L’élève Ducobu a séduit des millions de lecteurs. Au cinéma, le bon gars tricheur risque le bide tant la réalisation de Philippe de Chauveron est plate. Les gags se suivent, téléphonés, à un rythme d'escargot. Je persiste à penser que la bande dessinée n’a rien à gagner sur grand écran, à moins qu’un réalisateur génial ne s’approprie le héros pour l’entraîner dans de nouvelles aventures. On attend d’ailleurs avec curiosité le Tintin de Steven Spielberg prévu le 26 octobre en sortie mondiale. Revenons un instant à St Potache, l’école qui a hérité du roi fainéant. Placé à côté de la frotte-manches Léonie Gratin, Ducobu copie allègrement sur la première de classe. Le professeur Latouche (Elie Semoun), d’abord dupe, prend sa revanche, avant d’être obligé de vanter publiquement les mérites de Ducobu. Pourquoi ? La suite à l’écran. Le tandem Latouche /Melle Rateau (Joséphine de Meaux) sauve le film de l’ennui intégral

Cette semaine de sorties n’est pas la plus glorieuse de l’année. Quelle mouche a donc piqué Rowan Joffe de transposer un roman de Graham Greene, écrit en 1938, à l’époque des Beatles et des bandes rivales, les Mods et les Rockers. Brighton Rock avait déjà été adapté au cinéma en 1947, avec Richard Attenborough, dans le rôle de Pinkie, un jeune malfrat aux dents longues. Sam Riley est loin d’avoir le même charisme pour incarner un être tourmenté, plongé dans un dilemme terrible. Rose (Andrea Riseborough) représente-t-elle une menace après avoir assisté à un meurtre ? Elle jure que non, amoureuse folle de ce premier garçon qui passe dans sa vie de 16 ans. Ida (Helen Mirren), sa patronne, connaît bien le milieu des gangs. Elle fera tout pour protéger la crédule tentée par les fleurs du mâle. Bien que Rose personnifie l’émancipation féminine naissante, que le Pier de Brighton soit très photogénique et les acteurs excellents, cela ne suffit pas à redorer ce classique du film noir. La musique tonitruante est exaspérante.

Il faut se tourner vers le Pater pour illuminer cette huitaine un peu terne. A 80 ans, Alain Cavalier continue à sonder l’art de sa vie en mêlant réalité, fiction, amitié et expérimentation. Pater est autant son œuvre que celle de Vincent Lindon qui avait une envie folle de tourner avec le vétéran du cinéma français. Pourtant, celui-ci ne joue plus avec des acteurs. Mais la demande formulée il y a une décennie a fini par fléchir le cœur du réalisateur, conquis par la facilité et la souplesse des mini-caméras numériques. De là l’idée de se filmer mutuellement, dans une posture de président de la République et de Premier ministre sur le point de prendre une décision grave : réduire l’écart salarial entre les Français. Le premier (Vincent Lindon) est déterminé, le président (Alain Cavalier) y est opposé. "Personne ne pourra gagner plus que le président de la République", décrète Vincent. Pater suit cette veine politique lors de visites sur le terrain, notamment chez un artisan, boulanger depuis 33 ans avec maman au comptoir. Il fait une petite sieste recroquevillé dans son atelier après avoir sorti du four "les baguettes qui chantent."

Plus passionnant encore, la connivence, la complicité entre le père spirituel et son héritier (politique et artistique). Leur vibration commune dans cette aventure exceptionnelle les amène aux confidences personnelles, souvent touchantes et drôles. On oublie que c’est du cinéma. C’est normal, dit l’acteur Lindon, "un film, c’est la vie". Maniant la caméra tour à tour, chacun épouse le métier de l’autre, en miroir permanent. Quelle part d’improvisation ? Quelle part de jeu ? Les questions s’estompent rapidement devant le naturel et la légèreté du duo, dans une confusion des identités, des rôles, des intentions. Je préviens, il n’y a pas de scénario, pas de rebondissements à répétition, que de la pâte humaine modelée au gré des humeurs du jour. Une expérience en objectif libre, à prendre ou à laisser. A écouter comme le testament d’un cinéaste au-delà des modes :

- Je n’ai pas de téléphone portable, pas de PC, pas de voiture, rien en propriété personnelle. »

- Vous êtes libre alors ?

- Oui, je m’envolerai léger, pour me dissoudre comme un gaz.

 

Ne rangez pas trop vite Blitz au rayon des policiers traditionnels. Elliot Lester innove en faisant des flics londoniens les indignes représentants d’une corporation en perdition. Tellement perdue qu’un tueur en série décide d’en dégommer huit au hasard. Assez violent et tendu.

Pas vu. Bad Teacher avec Cameron Diaz qui séduira ceux qui veulent prolonger un peu l’école avec une belle blonde aux seins trop plats. Miss Halsey a envie de bomber le torse, mais il lui faut 10 000 dollars.

Un DVD. Rien à Déclarer, de Dany Boon, avec lui et Benoît Poelvoorde. Le papa des Ch’tis fait moins fort avec les douaniers qu’avec les postiers. Tout de même un petit million de spectateurs en Belgique et quelques gags toujours prisés par une belle soirée pluvieuse d’été.

Patrice Gilly

Kung Fu Panda 2, Minuit à Paris, Si veux siffler, je siffle : retrouvez la chronique de la semaine précédente ici.

 

 

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