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Po le Kung Fu Panda 2 brûle la politesse à Flash Mc Queen, attendu sur la ligne de départ le 6 juillet. Normal, la Chine est plus grande que le circuit de Cars 2. Les créateursdu Panda gaffeur, féru d’arts martiaux, se sont rendus dans la province du Sichuan où vivent 80% des individus de l’animal mascotte du WWF. Jonathan Aibel, un des scénaristes, est tombé sous le charme. "Les pandas sont aussi doux, drôles et taquins qu’on pourrait imaginer. On a vraiment pu voir et caresser les pandas de la réserve et même leur faire des bisous". L’équipe technique a visualisé l’environnement du mammifère le plus câlin du monde pour reproduire précisément la moindre surface, le moindre détail, la moindre texture. Les décors sont très réussis ainsi que les scènes d’action qui justifient la 3D. Comme dans toute série qui se respecte, les animateurs ont étoffé la personnalité de Po. Celui-ci doit affronter son passé et délier le mystère de ses origines pour être en paix avec lui-même. Il peut toujours compter sur les cinq cyclones, ses fidèles compagnons d’armes. Le méchant de service prend les plumes d’un paon blanc. Seigneur Shen préfère la force intellectuelle et émotionnelle à la force physique. Le spectacle familial par excellence, dès 5 ans.
Woody Allen et la France sirotent le même philtre d’amour depuis des lustres. L’intellectuel américain est plus apprécié à Paris qu’à New York. La capitale française vibre comme jamais sous la lumière de l’indécrottable romantique aux lunettes à monture d’écailles. En 1997 déjà, Woody y plantait ses caméras pour Tout le monde dit I love You. Cette fois, le cinéaste saxophoniste explore la vie après Minuit à Paris. Un jeune romancier rêveur et nostalgique est amoureux d’un fantasme. Le voici projeté les années 1920 en compagnie d’Adriana, dont il tombe éperdument amoureux. Au petit matin, il retrouve son Inez du 21e siècle, dont il s’éloigne au fil des minuits du passé. La comédie prend un tour magique comme dans La rose pourpre du Caire. Le grand Woody continue à refuser le présent. C’était mieux avant, répète-t-il à l’envi d’un film par an. Son propos, tantôt graves, tantôt légers, séduit surtout par l’approche féerique. Je rassure les allergiques à Owen Wilson. Cet habitué des comédies potaches américaines surprend par sa candeur poétique. Le tout Paris se bouscule pour tourner avec Woody : Marion Cotillard, Léa Seydoux, Carla Bruni, Gad Elmaleh, rejoints par les Américains à Paris, Rachel McAdams, Adrien Brody, Michael Sheen …
Si je veux siffler, je siffle (If I Want to Whistle, I whistle) n’a d’autre intérêt que d’avoir été tourné avec de vrais délinquants juvéniles. La vie d’un centre de redressement respecte une hiérarchie sociale pareille à celle des prisons. Il y a des maîtres et des esclaves, des insoumis et des petites natures. Silviu file droit, assez solitaire et fermé. A cinq jours de sa libération, il pète les plombs en apprenant que sa mère, longtemps aux abonnés absents, veut emmener son frère en Italie. Silviu jette sa haine à la figure de sa mère au cours d’une entrevue très dure. Puis, il prend une stagiaire psychologue en otage. Longs plans séquences, déambulations insignifiantes dans le camp installé à la campagne, improbable cavale, je n’ai pas saisi les intentions de Florin Serban, pourtant Ours d’argent au festival de Berlin en 2010 pour ce siffleur puéril, centré sur lui-même et impulsif sans charisme.
Dommage la simultanéité entre deux rendez-vous cinéphiles bruxellois traditionnels à l’approche de l’été. Qui fera de l’ombre à l’autre, Le Brussels Film Festival (22-29 juin) ou La reprise de la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes, à partir du 23 jusqu’au 28 juin à L’Arenberg ? Priorité chronologique au Festival de Bruxelles. Benjamin Biolay vient présenter Pourquoi tu pleures ? en ouverture le 22 juin, au Flagey. Le film de Katia Lewkowicz sort le 29 juin. Je vous dirai alors ce que je pense de ce premier long-métrage qui m’a passablement agacé. Le Festival a élargi sa programmation au-delà des premières et deuxièmes œuvres refusées par Berlin et Cannes. Fidèle à sa vocation de découvreurs de jeunes talents, le Festival propose les films européens les plus attendus de l’été et de la rentrée, avec notamment Omar m’a tuer et Ni à vendre, ni à louer, avec François Damiens. Dans la compétition officielle très éclectique, je pointe Innocent Saturday qui se déroule sur toile de fond de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Jimmy Rivière évoque la tolérance culturelle au sein du monde des gens du voyage. Le dimanche 26 juin, une matinée jeune public (13-15 ans) à 11h à Bozar : Nicostratos, le pélican, renoue le dialogue rompu entre un fils et son père. Le Festival délocalise aussi à Bozar (projection de films US indépendants sous label Sundance Channel) et maintient les séances en plein air gratuites sur la place Ste Croix (Pulsar, Illégal, Io sono l’amore…).
La quinzaine des réalisateurs très belge cette année sur la Croisette le sera forcément à Bruxelles. La fée, du trio Abel, Gordon et Romy (La Rumba) ouvre la sélection le jeudi 23 juin à 19h15. Les géants, petit dernier de Bouli Lanners clôture le 28, à 19h15, en présence des réalisateurs. 6 jours, 11 films sélectionnés sous la présidence de Frédéric Boyer, délégué général de la Quinzaine.
Low Cost, Un baiser papillon, Une séparation, Le voyage du directeur des ressources humaines : retrouvez la chronique de la semaine précédente ici.