Le Ligueur et mon bébé Les petites annonces La Ligue des familles Partenaires

Les coups de cœur du Ligueur

Rubriques : | Cinéma | Jeux vidéo | Livres | Musique | Théâtre |

Coeur Coeur Coeur

The Company Men, Le puzzle, Norwegian Wood, De l’eau pour les éléphants

The Company Men, Le puzzle, Norwegian Wood, De l’eau pour les éléphants

Honneur au cinéma américain indépendant qui stigmatise la sauvagerie du capitalisme et le blues des cols blancs. The Company Men, c’est Bobby, Phil et Gene, cadres d’une grosse société de transport maritime internationale. Le patron est parti de rien. Gene (Tommy Lee Jones), l’ami de toujours, l’a bien aidé. Le numéro 2 de la Compagnie est néanmoins remercié après 36 ans de bons et loyaux services à 60 heures par semaine. Le marché, l’œil rivé sur les cours de l’action, exige des licenciements massifs. Avant Gene, l’étoile montante Bobby (Ben Affleck) a valsé, suivi de Phil (Chris Cooper), son supérieur. Bobby incarne la réussite insolente des jeunes loups : grosse maison style colonial, Porsche et parties de golf. Il refuse de réduire son train de vie, mais le marché du travail est impitoyable, il doit recommencer au bas de l’échelle, à un salaire de misère. Il refuse. De guerre lasse, le père de famille accepte de bosser comme charpentier chez son beau-frère (Kevin Costner). Celui-ci fait des heures sup ‘ pour payer la nouvelle recrue.

Travail manuel et solidarité familiale, une belle réplique à l’économie libérale inhumaine. Relançons le système sur des valeurs sûres, sur du concret et non sur les courbes virtuelles financières. Pas si vite. Le beau-frère qui s’échine à maintenir sa petite affaire n’est qu’une bouée de sauvetage provisoire pour Bobby. John Wells édulcore la charge en réintégrant deux des trois licenciés dans la filière classique de l’entreprise. Gene et Bobby repartent, différents, après des prises de conscience. Bobby revient sur terre et apprend à renoncer aux attributs factices d’un statut social, avec l’aide de sa femme et de son fils. Gene était déçu de la tournure prise par une entreprise, au départ familiale. Il n’y croyait plus comme il ne croyait plus à son mariage fondé sur la façade sociale. The Company Men réussit à rendre attachants ces trois hommes obligés de reconsidérer leur façon de vivre et d’être. Juste un bémol pour une réalisation assez plate compensée par une distribution solide. Aux côtés des messieurs, Maria Bello porte bien son nom en directrice des ressources humaines insensible.

 

Maria ignore qu’une nouvelle vie est possible à 60 ans. Elle souffle avec lassitude les bougies de son gâteau d’anniversaire. Ses deux fils et son époux comptent exclusivement sur la femme et la mère pour l’intendance. Les jours continueraient à filer gris et répétitifs s’il n’y avait pas ce cadeau, complètement incongru parmi les colifichets, un puzzle géant à l’effigie de Nefertiti, reine d’Egypte et monarque réformiste. Maria est fascinée. Elle plonge dans ce nouvel univers et s’y sent étonnamment bien. Elle est douée, au point de séduire un habitué des tournois de puzzle. Roberto l’initie à la compétition en duo. Il habite une demeure patricienne. C’est un homme de goût et raffiné. Le vieux séducteur éveille Maria aux subtilités de la composition à deux et aux saveurs des thés exotiques. La mère de famille se révèle à elle-même et secoue doucement le bât conjugal. Elle prépare son émancipation pièce par pièce. Elle n’accompagne plus les hommes au football, elle oublie de faire les courses, elle contredit son mari.

Maria Onetto porte ce premier Puzzle de l’argentine Natalia Smirnoff. L’actrice réussit à traduire la mue de Maria dans une économie de mots remarquable. Maria change surtout de l’intérieur. Elle opère par petites touches sa transformation en femme épanouie, le plus souvent en gros plan ou en plan serré. La caméra vole un regard, un geste réprimé, une moue fugace. On oublie un film avec la même trame, La joueuse, où Sandrine Bonnaire coloriait sa vie et bousculait sa famille en se passionnant pour les échecs. Puzzle joue admirablement du non dit, dans une sensualité pudique et tendre.

Nuance et délicatesse également dans La ballade de l’impossible (Norwegian Wood). Tràn An Hung adapte le roman du même nom de l’écrivain japonais Haruki Murakami. Le cinéaste franco-vietnamien n’a tourné que quatre films en 20 ans. On se souvient encore de L’odeur de la papaye verte, évocation de la femme traditionnelle vietnamienne à travers Mui, une jeune domestique paysanne au service d’une famille de Saïgon, dans les années '50. A l’époque, le film avait été réalisé en France. Cette fois, le réalisateur a tenu à tourner en décors réels au Japon, cette double histoire d’amour, empreinte de mélancolie, déployées sur 2h13’ de projection.

Naoko et Watanabe s’unissent, malgré l’ombre d’un suicide. En 1969, Tokyo vit la révolte étudiante. L’amour est un choix risqué. La chanson des Beatles et surtout la musique du guitariste de Radiohead, John Greenwood, accompagnent cette ballade aux reflets sombres, aux images léchées. Deuil, amour et désir posent des dilemmes complexes dénoués lentement en mélodie contemplative. Rinko Kikuchi (la jeune fille sourde dans Babel) est fraîche et lumineuse.

La romance baigne encore dans De l’eau pour les éléphants. Un jeune vétérinaire (Robert Pattinson) engagé dans un cirque tombe amoureux d’une écuyère (Reese Whiterspoon) déjà en mains. Le réalisateur de Je suis une légende monte un grand spectacle avec le best-seller de Sara Gruen. Francis Lawrence ne surprend pas mais reconstitue avec brio l’ambiance du cirque dans les années '30. Pour les amoureux des grands chapiteaux et les amoureuses de Robert Pattinson…

Le ZinéGlüb du Cinéma Arenberg souffle sa première bougie le vendredi 6 mai dès 19h au cours d’une soirée prometteuse. Projection du film All Tomorrow’s Parties, de Jonathan Caouette, petit verre avant le départ à 22h précises d’un cortège retentissant jusqu’au Bonnefooi, où les festivités continueront jusqu’au bout de la nuit !

Cinéfemme est plus sage. Même si elles ont leur coup de cœur mensuel à l’Arenberg, ces dames cinéphiles convient le dimanche à 10h45. A l’affiche du 8 mai, le magnifique Get Low, d’Aaron Schneider. Un film crépusculaire, plein d’humour, avec un immense Robert Duvall, bien secondé par la sensible Sissi Spacek et Bill Murray le pince sans rire.

Fast and Furious 5 a enregistré 84 millions de dollars de recettes pour sa première semaine d’exploitation aux Etats-Unis. Il est numéro 1. Les inconditionnels monteront à bord d’une des 300 bagnoles utilisées pour le tournage. 200 sont passées à la casse. Bouclez les ceintures si vous vous voulez vous défoncer comme aux States. Moi, je préfère le vélo, avec à tout casser, une assistance électrique…

Patrice Gilly
 

 

 

Autres coups de cœur pour cette rubrique

 

Haute Ecole de la Province de Namur
 Collège de Godinne-Burnot
Les choix du ligueur
Concours de la semaine
Les favoris du ligueur
Donnez-nous votre avis...


Copyright © 2002-2012 Ligue des Familles | Droits d'utilisation | Politique de confidentialité | Site réalisé par Create2.be