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La 14e édition du Brussels Short Film Festival commence demain et dure jusqu’au 8 mai au coeur de Bruxelles. En ouverture, Bozar propose jeudi 28 avril à 19h30 Retour de Flamme, un ciné-concert permettant de (re)découvrir des classiques signés Chaplin, Méliès ou Segundo de Chomón. Depuis 1985, Serge Bromberg et Eric Langejouent contre la montre pour restaurer les premiers films de l’histoire du cinéma. Les bobines du début du siècle dernier résistent mal à l’épreuve du temps. Composées de nitrate, les pellicules sont extrêmement inflammables. Serge Bromberg présente, à sa façon, chaque oeuvre qu’il accompagne ensuite au piano, comme à l’époque. Au programme, ce jeudi, du rêve, du rire et de la magie pour faire tourner un siècle de cinéma avec des numéros de music-hall, des films comiques, des contes féériques. Cette année, le Brussels Short Film Festival décline plus de 300 œuvres, issues du monde entier.
Le grand écran continue à élargir les cases des bandes dessinées parues dans le célèbre magazine américain Marvel. Spiderman, Hulk, X-Men, Iron Man sont apparus à l’écran avec plus ou moins de bonheur. Thor complète la galerie avant Captain America annoncé au mois d’août. Le dieu du tonnerre dans la mythologie scandinave a convaincu Kenneth Branagh de passer derrière la caméra. On n’attendait pas l’acteur shakespearien, féru d’histoire et de théâtre aux commandes d’un comic strip. Pourtant, à l’écouter, il n’y a rien de surprenant, Thor est un copain d’enfance. "Les couleurs des couvertures des Marvel Comics étaient éclatantes dans les kiosques. J’aimais chez Thor le rapport à un monde antique, la beauté des armes, l’aspect monumental de la calligraphie, et la force physique du protagoniste. C’est le premier à suivre le précepte selon lequel il ne faut pas demander à un autre ce qu’on ne ferait pas soi-même".
Ici, papa Odin (Anthony Hopkins) furieux contre son fils, le bannit et le condamne à vivre avec les humains pour punition d’avoir déclenché une guerre ancestrale. Le rejeton du grand Odin range son arrogance au vestiaire et protège les terriens des Forces du mal. Rien de neuf au royaume des dieux. Chris Hemsworth (Captain Kirk dans Star Trek) a le physique nordique requis (en 3D). Natalie Portman guide le paquet de muscles sur terre. A voir le nombre de personnes qui ont regardé la bande-annonce, Thor est vachement attendu. Les fans de jeux vidéo apprécieront.
Danis Tanovic se souvient des années d’avant la guerre civile en Yougoslavie dans les années 1990. Le cinéaste bosniaque, qui a aussi la nationalité belge, choisit la comédie douce-amère pour retourner en Bosnie Herzégovine. La province est suspendue entre la fin de la dictature communiste et la guerre fratricide latente entre Serbes, Croates et Bosniaques. Un petit livre de 90 pages, Cirkus Columbia, incite doucement le réalisateur de No Man’s Land à renouer avec une période gommée de sa mémoire. Danis a mis trois semaines à lire les vingt premières pages. "Pendant longtemps, la période qui a précédé la guerre appartenait à une vie dont je ne me souvenais pas. Quand j’essayais d’y penser, je me retrouvais confronté à un trou de mémoire, comme si la guerre avait éclipsé tout ce qui existait avant. J’ai eu l’impression que cette partie de ma vie était perdue, irrécupérable. Mais il y a quelques années, sans raison particulière, j’ai commencé à me souvenir. Parfois c’était une odeur, ou le visage d’une personne familière, parfois une scène sans importance. J’ai essayé de capturer ces moments, les connecter à d’autres souvenirs, mais ils s’envolaient aussi vite qu’ils étaient venus, me laissant avec un sentiment de solitude et de frustration."
Pour fixer ses souvenirs, le belgo-bosniaque a fait un film. Tourner dans la mère patrie l’a réconcilié avec son histoire. Danis Tanovic ressemble à ce Divko Buntic, revenu se venger après vingt ans d’exil en Allemagne. Divko provoque choque les esprits en ramenant une nouvelle épouse de 40 ans sa cadette, une grosse Mercedes et de l’argent plein les poches. Il chasse de sa maison son ex-femme et le fils qu’il n’a jamais connu. Il n’est pas quitte. Sa jeune moitié tombe amoureuse du fiston. La guerre frappe à la porte. Divko oublie son idée de vengeance et va à l’essentiel. On attend avec curiosité le prochain film d’un cinéaste paraissant avoir apaisé ses guerres intérieures.
Patrice Gilly