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L’apprenti Père Noël, Mother and Child, Mother

L’apprenti Père Noël, Mother and Child, Mother

Le ciel plombé au-dessus de nos têtes  donne envie de lumière, de joie et de chaleur, comme dans les contes de notre enfance. Saviez-vous que le Père Noël est obligé  de prendre sa retraite, atteint par la limite d’âge ? Le Conseil des Anciens est formel : il est temps de chercher l’Elu parmi des millions d’enfants. Le successeur doit remplir trois conditions : s’appeler Nicolas, être orphelin et avoir le cœur pur. La perle rare vit dans un orphelinat de Sydney. Le prétendant n’a pas vraiment le profil d’un bon Père. Il est sujet au vertige et manque de confiance en lui. Son apprentissage sera tumultueux et comique. Nicolas prendra ses responsabilités pour pallier les pertes de mémoire de son mentor à la barbe blanche. L’apprenti Père Noël arrive sur nos écrans  un mois avant l’heure pour se dégager de la cohue de fin d’année, particulièrement dense le 22 décembre. Cette sortie anticipée laisse le temps d’apprécier le chaud et lumineux dessin animé de Luc Vinciguerra, inspiré d’une série  de 52 épisodes diffusée à la télévision. Le réalisateur explique : "nous avons souvent mesuré à quel point le public appréciait le style visuel, ce crayonné particulier qui rappelle un esprit  fait main. Nous étions tous d’accord pour rester fidèles à ce style. Il rappelle un peu les livres de Noël de notre enfance." Les 1200 plans du film sont essentiellement réalisés en animation traditionnelle, avec quelques images de synthèse 3D pour les tournées en traîneau. Les fans de l’école Walt Disney, à l’ancienne, sont comblés. Palette de couleurs chaudes, rythme reposant, L’apprenti  est doux à l’oeil et bon pour le cœur.



Les mamans ont le choix entre deux  Mother cette semaine, coréenne ou américaine, possessive ou fille-mère. Bong Joon-Ho (Host, Memories of murder)  mêle suspense, humour, chronique sociale dans une Mother, ultra protectrice à l’égard de son fils de 27 ans un peu simplet. Ce dernier, accusé de meurtre, peut compter sur sa mère pleine de ressources. Elle remue ciel et terre pour disculper son rejeton. La lutte acharnée et démente de la maman détective est traitée dans un style décalé, déroutant. Kim Hye-ja  a l’âge requis pour  incarner la mère septuagénaire. Elle fait un tabac en mère dévouée et généreuse dans une série télé  coréenne qui en est à sa 23ème saison. L’actrice a le cran de casser son image. Chapeau !, même si Séoul est loin. 

Deux belles performances d’actrices aussi d’Annette Bening et de Naomi Watts dans Mother and Child. Rodrigo Garcia aime dépeindre des femmes  de caractère,  un peu à la dérive (Frida, 9 femmes, Ce que sais d’elle, d’un seul regard). Cette fois, il a travaillé avec Gonzales Inarritu, à la production, spécialiste des scénarios à tiroirs et des histoires croisées. Très construit,  Mother and Child donne le champ nécessaire à une réflexion sur la maternité, l’adoption, l’engagement amoureux, la solitude, la culpabilité… La sobriété assumée du réalisateur vis-à-vis d’êtres blessés, marqués par un passé déchirant nous laisse dans le non jugement  (bien) et nous maintient (trop ?) à distance de destins violents et moralement durs. A 37 ans, Elisabeth (Naomi Watts) n’a jamais connu sa mère qui l’a abandonnée en accouchant à 14 ans. La fille-mère, Karen (Annette Bening) ne s’est jamais pardonné d’avoir cédé à sa mère, qui la pressait de laisser adopter Elizabeth. Aujourd’hui à 51 ans, Karen  vit avec sa mère agonisante. L’amertume est perceptible. Karen est peu sociable, sort ses griffes dès qu’un homme l’approche. Au contraire, sa fille, revenue à Los Angeles, aguiche les mâles, sans jamais les aimer, pour les punir d’avoir été lâchée à la naissance. Une troisième femme complète le chœur, une obsédée de l’adoption. Il est difficile de donner ce qu’on a n’a pas reçu. Karen, enceinte à son corps défendant, décide de connaître celle qui l’a trahie. Sa maternité inattendue l’incite à écrire : "cet enfant que je porte doit savoir d’où il vient." Rien ne sert de forcer sa nature avant l’heure.



Féminité encore, la remise du Prix CinéFemme 2010,  lundi 29 novembre 2010 à 19h30, au Centre Culturel de Woluwe-Saint-Pierre ,avenue Ch. Thielemans 93, suivie d’une réception et  de l'avant-première du film de Fabienne Berthaud Pieds nus sur les limaces, avec Ludivine Sagnier et Diane Kruger. Les bénéfices de la soirée iront à la Fondation Charcot pour la recherche en sclérose en plaques. Réservations : cinefemme.be@gmail.com ou marysia.cukier@skynet.be
Le ZinéGlüb propose une initiation au Street Art le 1er décembre, à 19h, Galeries de la Reine, à Bruxelles. Le ciné-club des jeunes du cinéma Arenberg promettent un surprenant, voire complètement déroutant Exit Through The Gift Shop, de Bansky. www.arenberg.be
A ne pas manquer, ce week-end, l'opération DIAGONALE,   Toutes les entrées à 3 euros samedi 27 et dimanche 28 dans les salles d’Art et Essai. L’occasion de vous gaver de films en version originale. Le programme des 11 cinémas en Wallonie et à Bruxelles sur www.cinemasdiagonale.be

Patrice Gilly

 

 

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