Le Ligueur et mon bébé Les petites annonces La Ligue des familles Partenaires

Les coups de cœur du Ligueur

Rubriques : | Cinéma | Jeux vidéo | Livres | Musique | Théâtre |

Coeur Coeur Coeur

Benda Bilili, Wall Street 2, Twelve

Benda Bilili, Wall Street 2, Twelve

On les a vus à Esperanzah et à Couleur Café. Ils ont été applaudis debout au Brussels Movie Days. Benda Bilili chauffe les salles et les cœurs. Le groupe, composé de musiciens victimes de la poliomyélite, est allé jusqu’au bout de son rêve : devenir le meilleur "band" du Congo Kinshasa. Le documentaire vidéo retrace le parcours des combattants, de la rue miséreuse et féroce  au triomphe dans les festivals du monde entier. Cinq années de galère en fauteuil roulant, un premier disque improbable et une reconnaissance universelle. Benda Bilili signifie "au-delà des apparences". Les apparences sont trompeuses. La réussite de ces gars unis comme les doigts de la main force l’admiration et la sympathie.



Quelle admiration subsiste chez une fille engagée face à  un père manipulateur boursier ? Gordon Gekko (Michael Douglas) sort de prison en pleine crise  financière. Personne ne l’attend à la sortie, il est seul. Que ce soit en 2008 ou en 1987, à Wall Street, l’argent ne dort jamais. Gekko le sait. Il n’en a pas l’air, mais il brûle de se refaire après la déroute vécue dans le premier Wall Street d’Oliver Stone, voici 23 ans. Revanche est inscrit en grand sur le front de l’avide père indigne aux yeux de sa Winnie (Carrey Mulligan, révélée dans Une Education). Celle-ci dirige un site d’information progressiste. Seul lien souvenir avec papa, Winnie est amoureuse d’un jeune cambiste prodige (Shia LaBeouf) au service des énergies vertes. Pour Gekko, la seule énergie verte, c’est l’argent. Et sa fille possède 100 millions de dollars qu’il veut récupérer pour recommencer à jongler avec les indices. Le prétendant de Winnie rencontre Gekko. Les deux passent un marché. Le vieux gourou tuyaute son beau-fils potentiel et Jake prépare le terrain des retrouvailles familiales.



Ne vous y trompez pas, Stone a gardé sa patte de trublion du cinéma US. Il suit les  acteurs d’une bulle à milliards de dollars, cupides, insensibles et drogués du risque. Imaginez : pour décompresser, un grand trader affronte un rival à moto sur des routes étroites et sinueuses. Les deux financiers s’offrent  une dose d’adrénaline pour effacer la déprime d’une crise naissante. Ces mecs sont gonflés à bloc tant que leurs  certitudes  leurs spéculations hasardeuses ne leur éclatent pas dans la figure. Même la mère de Jake investit dans l’immobilier l’argent qu’elle n’a pas. Excellente introduction aux subprimes et à la faillite de Lehman Brothers. L’Etat doit renflouer les banques, ce qui désole comiquement  un gros bonnet, consterné de basculer dans le "socialisme". Les rumeurs font et défont les fortunes, les GSM sonnent sur l’air du Bon, de la Brute et du Truand, le western implacable de Sergio Leone. La caméra gravite autour des salles de marché, dans les soirées caritatives où l’essentiel est d’être vu et de sortir un gros chèque. Stone affine le trait après avoir été frontal dans Né un 4 juillet (les vétérans du Vietnam), JFK (qui a réellement tué Kennedy) ou L’enfer du dimanche, incursion brutale dans le foot américain. Il maîtrise parfaitement le format scope que ce soit en gros plan captant des émotions  ou en travelling fluide dans une salle de cambistes. 2h16 de régal, l’ancien volontaire du Vietnam  alterne vertige et intimité, accélération et temporisation. Morale de l’histoire selon Oliver Stone : "Je pense que l’avidité est aussi ancienne que la bible. Elle est enracinée en nous mais il semble qu’aujourd’hui elle soit devenue légale. Elle fait partie de la vie." Heureusement, la voix du sang continue à primer sur l’avidité, ce qui nous vaut un heureux dénouement.

Joël Schumacher, 71 ans, est également un vieux routier du cinéma américain. Il adapte à l’écran un roman de Nick McDonell, écrit à17 ans. C’est très violent, noir et sans aucun recul. Chace Crawford, héros de la série Gossip Girl, est là pour racoler un jeune public, curieux de voir comment s’éclatent les ados friqués et blasés de la haute société new yorkaise. Drogue, alcool et sexe à répétition ne  compensent pas l’absence des parents. Il faut de la Twelve, nouvelle substance chimique, genre ecstasy, pour vraiment décoller. White Mike (ça ne s’invente pas) ne vend pas cette m…, tenant  à son petit honneur de revendeur (dealer) réputé. Une volte-face très morale au final ne grossit en rien la minceur du propos. Ne parlons pas de la voix off, horripilante.

Je n’ai pas encore vu le dernier Claude Lelouch, Ces amours-là. J’y reviens la semaine prochaine. En attendant, je vous conseille l’avant-première coup de cœur de CinéFemme, Un homme qui crie, film tchadien de  Mahamat-Saleh Haroun, prix du jury à Cannes. La séance a lieu le dimanche 26 septembre, à 10H45, au cinéma Arenberg, à Bruxelles. CinéFemme rassemble des cinéphiles amoureuses d’un cinéma alliant qualités artistiques et humanistes. Outre les coups de cœur mensuels à l’Arenberg, ces dames tiennent chroniques sur le site www.cinefemme.be. Elles parlent avec talent et intelligence des films qu’elles ont sélectionnés pour tous publics. L’association décerne annuellement son prix CinéFemme,  élu parmi 350 œuvres sorties en Belgique. Contact : cinefemme.be@gmail.com (02/343.61.77 – 02/660.98.98). Un homme qui crie sort le 13 octobre. Je vous parle longuement de ce très beau film ce jour-là. Si vous l’avez vu entretemps, vous pourrez réagir à notre point de vue.
Pour les friands d’avant-premières, une grosse banque de la place finance 3 journées de cinéma à 3 euros la place partout en Belgique. (www.filmdays.be).  Si je compte bien, pour 30 euros, vendredi, samedi et dimanche prochains,  vous verrez une dizaine d’avant-premières dont 2 films d’animation : Despicable Me  en 3 D, Laban et Labolina en 2 D, à l’ancienne, en droite ligne de Suède. Ces 6 courts dessins animés plairont à partir de 2 ans. Pour les grands, nous recommandons particulièrement Io Sono l’amore (sortie le 29.09), avec Tilda Swinton, un premier film flamboyant. Les programmes habituels sont à 3 euros également. Je vois d’ici vos bobines réjouies.

Patrice Gilly

 

 

Autres coups de cœur pour cette rubrique

 

Haute Ecole de la Province de Namur
 Collège de Godinne-Burnot
Les choix du ligueur
Concours de la semaine
Les favoris du ligueur
Donnez-nous votre avis...


Copyright © 2002-2012 Ligue des Familles | Droits d'utilisation | Politique de confidentialité | Site réalisé par Create2.be