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Solutions locales pour un désordre global, La doppia ora, Le bruit des glaçons

Solutions locales pour un désordre global, La doppia ora, Le bruit des glaçons

"C’est l’envie qu’il faut donner, pas des leçons." Coline Serreau a gardé une âme joyeuse  de militante féministe et  écologiste. Après deux comédies sociales, La crise et La belle verte, elle propose des Solutions locales pour un désordre global dans un documentaire rempli d’espoir et de gens souriants. La réalisatrice de Trois hommes et un couffin s’est régalée en filmant avec une petite caméra HD des personnes qu’elle aimait et dont elle aimait l’engagement. Ce qui était un projet flou au départ est devenu un  voyage de deux heures partout dans le monde où fleurissent des initiatives, petites, moyennes et grandes pour redonner vie à la terre, gorgée de produits chimiques et de cultures OGM. Nous suivons Claude et Lydia Bourguignon, fondateurs du Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols (LAMS) qui s’évertuent à "remettre les sols debout et à réinstaller des hommes dans des endroits abandonnés." Les Bourguignon et la brésilienne Ana Primavesi sont les derniers microbiologistes au monde. Les universités ont supprimé cette discipline à contre-courant de l’agriculture intensive. Personne n’a envie de financer des études sur la nocivité chimique.

Pourtant l’agroforesterie, les engrais verts, les cultures alternées, représentent de réelles alternatives au capitalisme agricole, axé sur le rendement. Ce directeur de kholkoze ukrainien a banni les pesticides quand il a vu les maladies de peau proliférer chez les ouvrières agricoles. Sa ferme de 8 000 hectares a été certifiée bio en 2006. Antoniets Sviridonovitch  a les meilleurs rendements du district. Le plan quinquennal est respecté, preuve que l’agriculture biologique est praticable à grande échelle, de façon professionnelle. "La mère donne la vie et la terre donne la vie, dit-il. La terre, c’est un organisme vivant, il faut la nourrir, il faut lui donner la vie, il ne faut pas la tuer." Coline Serreau et ses potes très experts le démontrent à satiété : plus le sol est vivant, moins il faut d’engrais. Les hommes violent la terre avec leurs gros tracteurs comme ils violeraient une femme. La terre est féminine et on la rend stérile. L’industrie pare la pauvreté des sols en inventant les organismes génétiquement modifiés, "adaptation des cultures aux terres mortes."

A part de trop longues interviews de départ pour tracer le contexte, le film est passionnant et réconfortant, à voir des agriculteurs brésiliens, indiens, africains et européens renouer avec le bon sens paysan et reprendre leur autonomie à l’égard des banques et des multinationales productrices des semences achetées à prix d’or. Jadis, les femmes gardaient les graines et les transmettaient de génération en génération. L’industrie les a démunies de ce pouvoir et de ce trésor,  ce que déplore Coline Serreau, qui signait déjà en 1976 le très féministe Mais qu’est-ce qu’elles veulent ?  Solutions locales mérite d’être inscrit dans un programme de séances pédagogiques. Il sera l’objet d’une projection- débat le 22 septembre à Liège, au cinéma Le Parc.



Je n’ai pas aimé Le bruit des glaçons, le dernier Bertrand Blier. J’ai même fait l’économie des 10 dernières minutes d’une œuvre trop  théâtrale et trop verbeuse. Je lui préfère La doppia ora,(L’heure du crime) un thriller en trompe-l’oeil, émouvant grâce à l’interprétation de Ksenia Rappoport et Filippo Timi, le Mussolini de Vincere. Elle est femme de chambre, il est policier. Ces deux solitudes se rejoignent et se confondent dans un braquage alambiqué. Pour un premier film, Giuseppe Capotondi mêle habilement les genres : romance, noir, frissons, introspection psychanalytique. La doppia ora, traduite littéralement signifie "heure double", lorsqu’à 23H23, par exemple, Guido reconduit Sonia après une rencontre de célibataires (speed dating). Mais qui double l’autre finalement ?



Les fans de Claude Lelouch ne manqueront pas l’avant-première européenne de Ces amours-là ce soir en ouverture des Brussels Movie Days, à Wolubilis (Av. Paul Hymanslaan 251, à - 1200 Bruxelles). Une dizaine de films seront projetés en primeur du 8 au 12 septembre. Epinglons : Tamara Drewe, Wall Street, l’argent ne dort jamais, Blenda Bilili  et  Moi, moche et méchant, un film d’animation promis pour les congés de Toussaint. Programme complet sur www.brusselsmoviedays.be (Tél. : 02/762 08 98)


Patrice Gilly 

 

 

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