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Une pluie de sorties égaye une huitaine pluvieuse dans les cieux. Zoom sur les films pour les enfants et ados avec d’abord Clochette et l’expédition féérique. Walt Disney ne déroge pas à sa vocation d’animateur familial. Il a pêché la petite fée dans le roman Peter Pan pour la porter à l’écran dans un film d’animation classique qui ravira les tout petits et les grands enfants adultes qui les accompagnent. Les papas apprendront qu’il n’est pas besoin de comprendre, mais qu’il suffit de croire aux fées. Lizzy y croit dur comme "féer" et parvient même à capturer Clochette. Celle-ci peut compter sur un bataillon de soeurettes lancées à sa rescousse. Heureusement, Lizzy réalise vite que Clochette n’est pas destinée à vivre sous cloche. Walt Disney raconte toujours de belles histoires simples. Les studios innovent aussi en nous montrant une fée plongeant ses mains dans le cambouis et capable de se mettre en colère sur un papa cartésien comme c’est pas possible. Autant savoir que Clochette sort en DVD agrémenté d’un jeu pour console en octobre prochain. En fin d’année, la féerie continue avec Raiponce et sa princesse à la longue chevelure blonde, inspiré d’un conte des frères Grimm. Décidemment, la littérature enfantine nourrit les successeurs du grand Walt.
Le studio américain vise tous les publics. L’Apprenti sorcier compose un cocktail éprouvé : trois doses d’action, deux doses de romance, un brin d’humour, au total un divertissement réussi, porteur des petits messages chers aux éducateurs américains. "Cesse d’avoir peur, aie confiance en toi. Plus l’homme est fort, plus la magie est grande." Il en faut du courage à David pour anéantir le pouvoir d’affreux sorciers. Nicolas Cage, un vieux magicien de la vieille veille à former Dave, scientifique dans l’esprit et amoureux dans l’âme d’une jolie blonde. Balthazar, son mentor, préfère une brune depuis mille ans, réincarnée en Monica Bellucci, qui fait une très (trop) courte apparition en fin d’opus. A part la joute finale un poil chargée, le divertissement tient la route, à l’instar de Percy Jackson le voleur de foudre, sorti récemment en DVD.
Marmaduke plaira peut-être à partir de 6 ans. C’est l'adaptation en images réelles d'une bande dessinée créée par Brad Anderson en 1954 et publiée dans le supplément dominical d’un journal. Le cinéma ajoute la parole à ce grand chien danois gaffeur en diable, assez perturbé à l’idée de déménager du Kansas en Californie. A ce grand benêt canin, nous préférons la chatte Kitty Galore dans Comme chiens et chats 2.
L’autre Monde est familier des univers virtuels chers aux adolescents. Les premiers plans annoncent la couleur. Des images d’animation en noir et blanc montrent un homme plongeant dans le vide du haut d’un gratte-ciel. Le saut se termine dans la mer en prise de vues réelle. Gilles Marchand tient le pari d’alterner animation et réalité. Cet excellent scénariste (Ressources humaines, Harry, un ami qui vous veut du bien) maîtrise parfaitement l’outil technique et la sphère technologique des ados. Webcam, GSM, Internet, jeu en réseau, s’intègrent naturellement à une histoire morbide, inspiré d’une réalité, en vogue au Japon, puis en Europe : le défi romantique de mourir à deux. Audrey cherche un partenaire afin de rejoindre la plage noire où il est doux d’être. Gaspard (Grégoire Leprince-Ringuet) bien sous tous rapports, bascule dans le virtuel en créant son avatar pour rejoindre la fatale et aguichante Audrey (Louise Bourgoin, ex-Adèle Blanc-Sec) devenue Sam dans le Black Hole (trou noir), jeu aux tonalités prononcées de films noir. Les allers-retours entre no life et real life sont fluides, sur une musique planante de M83. Hélas, le scénario, simpliste, dépare les prouesses techniques et les interprètes excellents. Le public jeune verra L’autre monde avec le regard condescendant à l’égard d’une vision d’adulte, interpellée par la fascination de l’actuelle génération pour les mondes fictifs. Gilles Marchand feuillette le catalogue des fantasmes adolescents, dans un environnement dénué de parents, à part un père autoritaire (Patrick Descamps), qui déconseille à Gaspard de jouer avec la fragilité de sa fille Marion (Pauline Etienne, autre belge). L’adolescence est un âge fragile, désireux de flotter, de légèreté pour échapper à la lourdeur de son corps et de la vie apparemment effrayante. L’immersion dans les jeux en ligne s’ajoute aux échappatoires classiques de la drogue et de l’alcool. Miroir aux alouettes, pour ceux qui sont mal dans leur peau et qui n’ont personne avec qui en parler. Finalement, L’autre Monde devrait intéresser des parents curieux de cette vie sur Internet, où on ignore parfois avec qui on parle, avec qui on joue, ce que l’on risque.
Patrice Gilly