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Shrek 4, L’Italien et Baaria

Shrek 4, L’Italien et Baaria

L’ogre vert déferle sur les écrans pour signer la fin de la saga Shrek entamée en 2001. Un milliard de spectateurs et trois épisodes plus tard, le héros difforme, sauveur de la princesse Fiona, frise  la déprime. L’ogre au foyer s’ennuie, au point de signer un pacte maléfique avec Tracassin. Voilà notre Shrek propulsé dans un univers parallèle. Il va vivre  où il vit mille et une péripéties qui le ramèneront à son point de départ, cette fois heureux en famille. La morale est sauve et la série consommée. Les studios Dreamworks ont "claqué" 145 millions d’euros pour composer un bouquet final truffé de sorcières, d’ogres et de personnages inédits. Le Chat Potté est fidèle au rendez-vous. Il survivra à la série en étant promu personnage principal d’un prochain long-métrage. La sortie de Shrek 4, Il était une fin, relance le match entre les deux grands studios d’animation mondiaux. Toy Story 3 de Pixar  terrassera-t-il l’ogre de Dreamworks ? En 2001, Shrek avait enregistré 614.000 entrées en Belgique. En nombre de salles, l’ogre vert tient la corde avec 1509 séances/ 58 cinémas et 1007 séances/26 salles en 3D. Soit 900 séances de plus que Toy Story3. Il est vrai que le bijou Pixar a déjà réduit la voilure deux semaines après sa sortie. Quel que soit le résultat de ce choc entre géants de l’animation, les enfants sont à la fête ainsi que papa et maman qui accompagnent.



Les grands-parents aimeront peut-être voir à deux Les petits ruisseaux, une tendre évocation de la sexualité et du désir chez les sexagénaires bien sonnés. Daniel Prévost troque ses mimiques habituelles pour renaître à la vie en compagnie de deux grandes actrices françaises, Hélène Vincent et Bulle Ogier. Entre les anciennes, une jeunette qui requinque l’ardeur d’Emile. Pascal Rabaté adapte sa BD au cinéma.

Kad Merad inspire la sympathie. Les choristes, les Ch’tis ont assis sa notoriété, sans oublier le très émouvant Je vais bien, ne t’en fais pas, où l’acteur d’origine franco-algérienne joue un père qui assume. Sa double filiation a poussé l’acteur populaire à tourner L’Italien, un film sur l’identité et l’intégration.  Dino Fabrizzi, ça sonne  mieux que Mourad Ben Saoud pour placer des Maserati à Nice. Mourad a italianisé son nom, lassé d’être remballé quand il cherchait un logement. Depuis 5 ans, il dupe ses proches et son employeur. Dino/Mourad est constamment sur le fil du rasoir, en train de polir un mensonge intenable à terme. Quand son père souffrant lui demande de faire le ramadan à sa place, le masque finit par tomber. Retour à la case(bah) départ, à Alger. Le père retraverse la Méditerranée pour libérer son fils emprisonné. Lui aussi, a menti. Et la mère de Mourad explique que lors de leur arrivée en France en 1960, ils se sont faits tout petits. "On a vite compris qu’on ne nous demandait pas de nous intégrer, juste de ne pas déranger." Kad Merad est crédible en  apprenti musulman. Le squelette de L’Italien est une comédie sur laquelle se greffe les difficultés d’intégration pour un enfant d’immigré. Kad est touchant et attachant, impliqué aussi, lorsqu’il dit à son patron :
"Si j’avais dit mon vrai nom, tu m’aurais embauché ? Quelle question tu me poses là, répond-t-il. Eh, tu vois, cette question, elle trotte tous les jours dans la tête des immigrés." Nous nés, natifs, on ne l’entend jamais. Merci L’Italien.



Si vous avez un faible pour l’Italie, Giuseppe Tornatore raconte la vie de son père dans Baaria, une fresque imposante de 2h30. Baaria est un petit village sicilien où naît Peppino que nous suivons des années '20 aux années '70. La reconstitution d’époque est réussie, c’est le moins après deux ans de tournage et 35.000 figurants. Hélas, le réalisateur accumule les clichés, les histoires, sans vraiment réussir à imposer un personnage auquel le spectateur peut s’identifier. L’arrière-plan politique est éducloré, voire estompé, le comble, pour un destin voué au Parti Communiste. Tornatore est plus à l’aise dans l’évocation intimiste de son passé (Cinéma Paradiso) que dans la superproduction historique.

La semaine prochaine, je vous donne rendez-vous exceptionnellement  le 22 juillet (après le Fête nationale) avec un documentaire sur les bébés, Babies et Inception, un film ambitieux de Christopher Nolan (Batman Begins, Le chevalier noir, Memento) avec Leonardo di Caprio


Patrice Gilly

 

 

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