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Twilight 3 et Toy Story 3

Twilight 3 et Toy Story 3

Vive les vacances, vive la fraîcheur des cinémas, disons le soir après une belle journée au soleil. Le temps est révolu où l’été rimait avec désert cinématographique. Curieusement, les distributeurs de films ont été lents à la détente pour croire à la disponibilité du jeune public prêt à rêver sur les toiles pendant deux mois de congé. Plus encore en vacances, le ciné reste la sortie familiale par excellence. Cette année, le programme estival promet de chaudes séances.

A commencer par Twilight, chapitre 3 à l’affiche dès ce 30 juin. Les ados fans de Bella et d’Edward sont sur des charbons ardents : les exploitants de salle leur ont donné l’occasion de devancer la sortie officielle de 24 heures en proposant une "nocturne" avec les trois épisodes d’affilée. La plupart des sessions ont affiché complet. L’aura de la série est intacte, malgré un numéro 2 faiblard, dit de transition.

Je me demande ce que la saga gardera de crédit après ces nouvelles péripéties, placées sous le titre Hésitation. Et pour hésiter, Bella hésite. Son cœur (son corps?) balance entre Edward et Jacob, ce dernier bien humain, mais doté du pouvoir surnaturel et ancestral de se métamorphoser en loup. Ni Edward, ni Jacob n’hésitent à protéger Bella d’une nouvelle menace. Les Cullen (clan d’Edward) et les Quileutes vont même nouer alliance pour terrasser des néo-vampires particulièrement cruels et sauvages. Entre les séquences d’actions courtes (tous les quarts d’heure environ) ce sont de sirupeux dialogues amoureux entre les deux rivaux et leur aimée.

Twilight est finalement assez conventionnel. Une rivalité virile, une fille qui hésite entre deux gars et l’obsession adolescente de vivre à tout prix une vie hors norme. Bella, on le sait depuis l’opus 1 ne veut pas être une fille ordinaire : elle aime donc énormément un vampire "civilisé" immortel; elle aime un peu moins un humain costaud transformable en loup. Edward veut protéger l’âme de Bella, alors qu’il a perdu la sienne depuis des siècles. Le beau vampire est touchant : il entend se marier et repousse l’idée d’avoir une relation sexuelle avant l’échange des alliances. Pour Bella, le mariage n’est qu’un bout de papier. Elle est définitivement allergique au conformisme, prête à être transformée en vampire pour vivre éternellement un amour absolu, quitte à tuer le premier venu et à se repaître de son sang.

Vu ainsi, les parents se demanderont pourquoi Twilight fascine littéralement leurs enfants. Parce que l’amour est idéalisé de façon extraordinaire. Parce que nos ados se retrouvent dans les doutes et les émois de Bella et d’Edward. Jacob est le seul à être déterminé, persuadé que Bella l’aime et qu’elle refuse de l’admettre. Cette belle conviction contrebalance les atermoiements du couple titre. Pour être au diapason de la génération numérique mais toujours aussi romantique, allez voir leur film avec, ou sans eux. Et lisez l’un ou l’autre tome de la suite écrite par Stephenie Meyer.

Bizarrement, les 13-15 ans étaient majoritaires à la séance où j’ai vu Toy Story 3. La ronde des jouets - qui est sortie le 23 juin - passera certainement l’été chez nous. A juste titre. Walt Disney, associé aux studios d’animation Pixar ont réussi garder la fraîcheur et l’inventivité du premier Toy Story, sorti en 1996. Le troisième volet clôt la série. Andy part à l’université. L’heure est grave pour ses jouets favoris, relégués au fond d’une malle. Au mieux, ils survivent au grenier ; au pire, ils aboutissent en décharge. Entre les deux, il y a la réaffectation dans un autre foyer. La troupe de Woody, Mr Patate et Buzz l’Eclair est partagée. En route vers Sunnyside, une garderie séduisante aux yeux de jouets répudiés. Hélas, c’est une prison déguisée. Heureusement, Woody réussit à fédérer l’équipe et à s’extirper d’un fameux guêpier. Toy Story ne lésine pas sur les rebondissements et sur les clins d’œil aux précédentes productions Pixar (onze à ce jour). Son principal mérite est de tenir en haleine et de faire rire en valorisant la solidarité. Il ya de réelles trouvailles, comme le défilé de mode pour Bambi et l’exploration du circuit des déchets. Après avoir vu les jouets se débattre pour survivre, les enfants (et même les ados…) regarderont leur ours en peluche ou leur poupée d’un œil différend. Les plus grands se souviendront avec nostalgie des heures passées à faire vivre de fabuleuses aventures à leurs figurines préférées. Chacun pensera à donner une seconde vie à ses jouets compagnons avant de les condamner au rebut.

 

La semaine prochaine, rendez-vous avec la programmation de juillet, avec notamment un zoom sur Ecran Total, qui commence le 30 juin et se déroule jusqu’au 14 septembre, au cinéma Arenberg à Bruxelles. A découvrir, entre autres, un cycle de comédies italiennes d’hier et d’aujourd’hui. N’oubliez pas non plus Tournée, qui sort également ce 30 juin : un film assez désespéré, plus qu’un documentaire sur le striptease burlesque

Patrice Gilly

 

 

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