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Le cœur géographique de votre Cinétoiles sera très bruxellois jusque fin juin. Le cinéma Arenberg déploie son traditionnel Ecran total à partir du 30 juin, le Brussels Film Festival fait peau neuve à partir du 23 juin. Je reviendrai les semaines suivant sur ces deux événements promoteurs d’une cinématographie internationale de haute tenue. Bruxelles peut paraître loin aux familles wallonnes, mais l’été est propice aux excursions d’un jour. Il y a tant à voir dans la capitale, pourquoi ne pas coupler tourisme dans la rue et sur grand écran. Je pointerai les toiles susceptibles de plaire aux petits et grands. De belles sorties sont néanmoins prévues pendant les vacances comme Babies (21 juillet) et Les Mains en l’air (7 juillet). Ce film est déjà visible au nouveau Cinescope de Louvain-la-Neuve, à raison d’une séance par jour. Le complexe rouvre ses portes aujourd’hui dans une cité universitaire privée de salles depuis le printemps 2008. Ne loupez pas cette bande d’enfants extraordinaires qui se mobilisent pour sauver un des leurs menacé d’expulsion. Et j’allais oublier ( pardon, mesdemoiselles) le troisième épisode de la saga Twilight (30.06). L’été sera chaud.
D’ici là, les étudiants en règle avec les examens et les parents cinéphiles ont l’occasion de découvrir une sélection de la Quinzaine des réalisateurs au cinéma Arenberg toujours (Galeries de la Reine, 1000 Bruxelles). L’an dernier, la vénérable salle d’art et essai avait innové en proposant le festival de Cannes bis pendant Ecran total. Cette fois, la Quinzaine est autonome avec en ouverture ce soir, Pieds nus sur les limaces, de Fabienne Berthaud, en présence de la réalisatrice et de Frédéric Boyer, délégué général de la Quinzaine, excusez du peu. Je vous livre l’avis du comité de sélection cannois : "Fabienne Berthaud poursuit son travail sur les personnages en rupture, fragilisés par la violence de la société. Le portrait intime de deux soeurs interprétées avec grâce par deux comédiennes lumineuses, Diane Kruger et Ludivine Sagnier." Clara l’aînée et Lily la cadette se rapprochent à la mort de leur mère. L’une vit à la campagne, l’autre à Paris. Clara remet sa vie en question sous l’influence de sa petite sœur pourtant sous son aile. Ce soir à 19h15, comme toutes les séances "Quinzaine" programmées jusqu’au 29 juin.
La tonalité générale de la sélection cannoise est assez grave. Les auteurs traitent des sujets lourds : dictature en Argentine, adolescence violente, répression des jeunes délinquants, immigration clandestine. Ce dernier sujet est abordé dans Illégal (mardi 29.06) par le belge Olivier Masset Depasse. Il a reconstitué un centre de rétention et nous plonge dans le quotidien assez révoltant d’une mère séparée de son fils de 14 ans. L’univers impitoyable des sans-papiers. Ces films sont à l’image de la réalité, dure pour certains. Heureusement, quelques cinéastes émaillent leurs œuvres d’humour, de poésie et d’entrain. Le quattro volte (samedi 26.6) donne une vision poétique des cycles de la vie et de la nature, des traditions demeurées intactes d'un lieu hors du temps. The light Thief (lundi 21.06) nous vient du Kirghizistan, pays en pleine agitation politique. "Croisement improbable de Monsieur Hulot et de Gengis Khan, l'acteur cinéaste Aktan Arym Kubat, balade son personnage d'électricien généreux, illuminé et en proie à une baisse de tension dans un pays en pleine tourmente." Et je termine par un documentaire congolais, cocktail détonnant à base de rumba congolaise, blues, funk. Benda Bilili, rien qu’au titre, on a des fourmis dans les jambes, (et pourtant…) raconte le rêve insensé devenu réalité d’une bande de musiciens en fauteuils roulants (samedi 19.06). La musique ouvre le ciel, disait Baudelaire. Les stars moins valides de Kinshasa ont créé leur paradis sur terre en concentrant une énergie folle dans un pays au bord du chaos.
Horaire détaillé sur www.arenberg.be
Patrice Gilly