La famille monoparentale représente un ménage sur cinq. La moitié des adultes qui vivent sans conjoint, avec souvent un seul enfant, ont entre 35 et 44 ans. Ce sont généralement des femmes. Celles-ci sont isolées. Elles n’ont pas toujours choisi la rupture du couple, contrairement à d’autres qui ont opté pour la solitude, en quête d’autonomie. Dans son dernier ouvrage Les nouvelles solitudes, Marie-France Hirigoyen distingue isolement et solitude. "La société veut faire passer la solitude comme une malédiction. Or la solitude ne dépend pas de l’extérieur, mais d’un état d’esprit intérieur."
La psychanalyste décrit ces solitudes nouvelles, en 250 pages à épingler, tant l'approche fondée sur les témoignages de patients reflète éloquemment l’évolution de la société. L'auteur du harcèlement moral constate que les relations se durcissent dans le couple et dans la vie professionnelle. Le surf sur Internet et les sites de rencontres pallient la raréfaction des lieux de rencontres dans une existence axée sur l'individualisme, la réalisation de soi et le bien-être.
La solitude choisie s'avère une source d'inspiration, en s’éveillant à soi-même, pour être disponible aux autres. Pour les plus âgés, la solitude reste dramatique. Comment survivre lorsqu’on est plus aimable, dans un corps flétri et en déficit de relations sociales. Près de 8 millions de personnes vivent seules en France. Leur nombre a doublé en 30 ans. Il nous faut apprendre la solitude qui permet de se concentrer tout à l’intérieur de soi. La capacité d’être seul rend disponible pour l’amour. "Quand on cesse de croire que l’autre va vous réparer, qu’on n’attend plus de lui qu’il vienne mettre fin à vos angoisses, de nouveaux liens peuvent se mettre en place."
Les nouvelles solitudes, Marabout Psy, octobre 2008
Patrice Gilly