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On est sonné en sortant de cette pièce. Comment reprendre son souffle après tous ces coups de boutoir, qui sont tous des demandes d'amour.
Un jeune de 14 ans, Jeannot, séropositif, se suicide et laisse un testament. Un oncle, une sœur, un frère se retrouvent chez le notaire pour en entendre la lecture. La mère apparaît soudain, heureuse apparemment. Pas de père, ni les autres frères et sœurs. Par contre Sergio l'ami, l'amant, l'amour de Jeannot est présent alors qu'il est rejeté par tous. Jeannot mort est tout à fait présent, par le texte qu'il a laissé. Il intervient et mène la discussion. Une famille, un ami, se déchirent autour de ce frère, fils, ami, mort. Chacun crie à la mère son attente d'amour, non dit, non entendu, réservé seulement selon eux par la mère à ce fils décédé…
Ces cris nous touchent d'autant plus qu'on peut y retrouver des situations familiales vécues en tant que parent, en tant qu'enfant. Tous les échanges sont violents, bruyants, crus, en rapport avec l'âge, le statut de chacun des intervenants.
C’est dur d'être un homme, dur d'être un parent, dur d'être un enfant, dur de vivre, taraudé par cette éternelle recherche d'aimer et d'être aimé. Parce qu'elle met en exergue les tensions entre parents et ados, la pièce plaira à un public jeune et fera réfléchir. Parce qu'elle se place hors de la morale conventionnelle, on pourra toujours se réfugier en disant qu'il n'en est pas ainsi dans notre famille mais, néanmoins, on réservera le spectacle à qui peut l'entendre, pas bégueule, pas fragile et pas - à notre avis - au fiston assis entre papa et maman.
Martine Adnet
"Aux hommes de bonne volonté" de Jean-François Caron au Théâtre Le Public jusqu’au 5 mars
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