


De la ferme à la table, la 4e édition de Goûter Bruxelles (19 au 25 septembre) s’annonce fermement rurale en ville. Le convivium Slow Food Karikol a rallié une soixantaine d’enseignes, petites et grandes, pour charmer les palais des Bruxellois et des 356 000 navetteurs qui migrent vers la capitale. Détail du menu et histoire d’alimentation lente.
Lundi prochain, une quinzaine de snacks et traiteurs de petite restauration saine (fast good) varient l’ordinaire du sandwich mangé sur le pouce. Comme de grandes maisons étoilées ou des restos de quartier, les participants à Goûter Bruxelles s’engagent à proposer mets et menus estampillés Slow Food. Roberto Pintus, sarde d’origine (lire son portrait dans le Ligueur du 28.09) donne sa définition du mouvement lancé en 1989 en Italie : "C’est bon, juste et sain, avec les gens du coin. Chez moi, on ne mange pas de sole, de cabillaud ou de thon, des poissons menacés d’extinction. Pourtant, j’adore. Je travaille la sardine, le merlan, le carrelet… Plus tu mûris, plus tu vas vers le produit, puis tu vas vers la personne qui est derrière. L’humain prend le dessus. Si tu ne valorises pas le producteur, plus personne ne mettra les mains dans la terre."
Historiquement, le Slow Food est né en réaction à l’ouverture du premier McDo à Rome. Carlo Pertini défend la gastronomie de la dégustation et de la lenteur. Il arbore l’emblème de l’escargot, lent et délicieux comme la bonne cuisine. Le Slow Food est radicalement opposé à l’uniformisation du goût proposé dans les chaînes de restauration rapide (fast food). En 2004, Pertini crée Terra Madre, fédérant les petits producteurs locaux soucieux de sauvegarder les traditions culinaires du terroir. Les cuisiniers slow suivent les produits de saison, en respectant l’environnement, l’être humain et l’animal. L’association Slow Food compte actuellement 100 000 membres dans 130 pays. Le mouvement s’articule sur les conviviums, jouissant d’une mode de fonctionnement propre. Karikol est une des douze sections locales belges, réparties également entre Flandre et Wallonie.
Menu copieux et varié
Prenez le temps de lire le programme de la semaine sur gouterbruxelles.be. Vous pointerez sûrement une activité appétissante parmi les dégustations et les rencontres, les promenades gourmandes et les visites d’atelier. Si la mise en bouche vous plaît, vous aurez peut-être envie d’approfondir et de suivre des cours de cuisine et de jardinage, des conférences et des séances d’initiation, que ce soit chez les artisans, les producteurs et dans les potagers. Le site donne aussi le détail des menus inventés par les chefs, l’origine des produits et un bouquet garni d’informations sur les producteurs. Et en guise de dessert sur la table conviviale, un grand pique-nique public aura lieu dans le parc de Bruxelles, le dimanche 25 septembre. Le droit d’entrée consiste à amener un plat ou une boisson à partager avec les autres convives.
Selon la charte de Goûter Bruxelles, snack, bar à vins, traiteur, resto familial, enseigne branchée, brasserie, table gastronomique, restaurant scolaire, maison de quartier, restaurant d’hôtel… "tous veulent attester du fait que la qualité, le goût, l’équilibre, le travail en réseau, le respect des autres et de soi sont accessibles à quiconque, aux professionnels comme au public."
Bruxelles capitale de l’Europe, siège de multiples organisations internationales présente une large palette de cultures culinaires, valorisées par cette semaine du bon goût, où il fera bon se promener en tous sens pour le plaisir des sens.
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