


La rentrée approche à grands pas. Tout le monde se met en ordre de marche. Les parents au premier rang et, notamment, ceux de l’UFAPEC, qui en profitent pour rappeler leurs quatre priorités du moment. Dont les transports scolaires. Un sujet qui montre combien l’école est imbriquée dans la société.
Alors que plus de 200 enfants, essentiellement bruxellois, sont encore en attente de savoir s’ils auront une place dans une école de leur choix en 1ère année du secondaire, l’UFAPEC (Union des Fédérations des Associations de Parents de l’Enseignement Catholique) en a appelé à une évaluation en profondeur du décret Inscriptions (notamment les critères de proximité géographique en relation avec l’objectif de mixité sociale), tout en soulignant les efforts notables mis en place par la ministre et les services de l’administration pour répondre au mieux à toutes les requêtes des parents. L’UFAPEC souhaiterait ainsi que les procédures soient davantage explicitées pour que tous les parents soient placés à égalité au moment de l’inscription et que les familles voient confirmée l’inscription de leur enfant avant le break de l’été pour que les vacances soient de vraies vacances. Décréter, c’est bien, anticiper, c’est mieux. Face à une forte pression démographique d’ici 2015 où 18.000 élèves rejoindront l’enseignement fondamental bruxellois, la Région de Bruxelles-Capitale a, dans l’urgence, débloqué 9 millions d’euros en mai pour créer 3.500 places dans les écoles fondamentales. Le 15 juillet, le gouvernement flamand a cependant introduit un recours en annulation de cette décision devant la Cour constitutionnelle. L’UFAPEC regrette que la Région n’ait pas conclu un accord de coopération pour que cette mesure puisse être sans reproche. L’urgence est donc toujours là. Autre problème et de taille : la pénurie d’enseignants, liée notamment aux nombreuses défections en début de carrière (selon l’UFAPEC, 40 à 45 % des jeunes enseignants quittent la profession dans les 5 premières années). D’où la nécessité de revoir leur formation initiale et leur entrée dans la carrière.
Transports scolaires : inquiétude de parents
L’UFAPEC en a fait un de ses chevaux de bataille. Depuis de nombreuses années, nombre de parents s’inquiètent que leur enfant souffrant d’un handicap physique, mental ou comportemental soit quotidiennement confronté à des difficultés dues à la longueur des trajets et au manque d’accompagnateurs dédiés sur le réseau des TEC. Imaginez : certains de ces enfants, en plus de leur 6 à 7 heures de cours, pouvaient se retrouver plus de trois heures par jour dans des bus. Trois heures assis dans un bus… En octobre 2010, une enveloppe de 500.000 euros dégagée par le ministre wallon de la Mobilité avait permis la mise en place de huit nouveaux circuits plus rapides. Malheureusement, cette mesure répondait à l’urgence, de manière ponctuelle. À la veille de la rentrée, le problème risque de se poser à nouveau. L’UFAPEC voudrait que la réponse ne soit pas confinée, comme actuellement, dans une enveloppe budgétaire fermée. Celle-ci ne permet pas une adaptation spécifique et régulière des services de transport scolaire aux réalités vécues par ces enfants dont le quotidien est déjà suffisamment pénible. Cela passe également par un nombre suffisant de bus adaptés et par la présence d’un accompagnateur formé dans chaque véhicule ainsi que le remplacement des absents. La longueur et la durée des parcours scolaires de ces enfants sont aussi dues à l’offre d’enseignement qui leur est faite. En d’autres mots, il faudrait organiser un enseignement adapté aux handicaps spécifiques des uns et des autres plus près de chez eux.
Mais la question des transports scolaires patine d’une manière générale. En juin dernier, la Commission wallonne de déplacements scolaires (qui regroupent des acteurs scolaires, des représentants de parents, des sociétés de transports) a formulé des propositions sur un projet d’arrêté d’exécution fixant des normes quantitatives et qualitatives aux transports scolaires, tant pour l’enseignement ordinaire que spécialisé. Arrêtés d’exécution d’un décret datant du 1er avril 2004. Au sein de cette commission, le groupe SRWT-TEC a déjà fait savoir qu’il refusera de rencontrer ces normes. La balle est dans le camp du Gouvernement wallon qui sera amené à faire adopter ces arrêtés d’exécution, mais aussi à en donner les moyens, budgétaires et autres, aux acteurs concernés (SRWT-TEC, personnel d’accompagnement). Un dossier sur lequel nous reviendrons…
Michel Torrekens
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