


Chaque année, l’Agence wallonne des télécommunications prend le pouls numérique des familles. Le baromètre annuel est en hausse, avec 72% des ménages connectés à Internet. Les décodeurs HD et les tablettes tactiles semblent séduire un large public.
Les jeunes entre 15 et 29 ans sont 99% à utiliser Internet régulièrement. Les hommes sont plus connectés que les femmes. Les seniors (65 ans et +) restent minoritaires, à 32% d’utilisateurs. Globalement, le taux d’équipement en PC progresse à 70%, soit 4% de croissance sur un an. La téléphonie mobile et la télévision à écran plat suivent le mouvement. Près de 9 Wallons sur 10 ont un GSM et les décodeurs numériques sont en vogue. Ces appareils permettent de visionner les émissions et les films en haute définition. Le public est chaud, ce qui explique la guerre actuelle entre Belgacom TV et Voo, notamment pour les droits de retransmission sportive.
Les familles connectées à Internet possèdent souvent un deuxième ordinateur (54%). Le PC sert de terminal universel, essentiellement pour la télé, la console de jeux et l’ordinateur de poche ou le téléphone intelligent. Le réseau sans fil (Wi-Fi) est apprécié, présent dans une majorité de foyers. Fait remarquable : 24% des Wallons possèdent un GSM avec un écran tactile. Les usages avancés se répandent avec le succès des Smartphones. On écoute de la musique téléchargée (24%), on consulte des sites Internet (13%) et on regarde des vidéos téléchargées (9%). Ces usages nouveaux s’ajoutent aux fonctions traditionnelles du téléphone : appeler quelqu’un (93%) et envoyer des textos (89%). La photo est stable à 55%.
Le courrier électronique reste l’application Web favorite des internautes. La recherche d’information sur l’actualité et les loisirs, la recherche d’itinéraires complètent le quatuor des activités courantes sur Internet. En général, ces usages sont stables au contraire du boom des réseaux sociaux et professionnels ainsi que la progression de l’e-gouvernement. 43% des Wallons participent à une plateforme communautaire et 48% ont consulté des sites administratifs
Le commerce en ligne augmente aussi. 53% des internautes wallons ont acheté virtuellement en 2010. Selon une enquête nationale de la fédération de la distribution, le Belge dépense 1 560 euros par an en moyenne. Les femmes et les personnes peu qualifiées ont récemment grossi les statistiques. Les achats concernent principalement les vêtements et les chaussures. C’est assez étonnant dans la mesure où la plupart des consommateurs souhaitent essayer un article avant de l’acheter. La musique et l’alimentation ont capté une clientèle fidèle.
La santé s’y met
Nouveauté par rapport à 2009, le baromètre de l’AWT s’est également intéressé au secteur médical. Que ce soit en hôpital ou en cabinet privé, les médecins recourent couramment à l’informatique. 89% des généralistes ou spécialistes et des dentistes ont un PC, le plus souvent utilisé en mode fixe. Les soignants informatisent le dossier du patient et sollicitent nettement moins les logiciels de prescription. Voilà qui est rassurant, le médecin entend conserver le dernier mot qui guérit. Les praticiens communiquent beaucoup par Internet avec leurs confrères et les laboratoires d’analyses.
Les pharmaciens sont branchés aussi. 97% des officines commandent leurs médicaments par voie électronique. Le site web spécifique est peu répandu. La vente de médicaments en ligne reste embryonnaire. Question santé, le patient préfère le contact humain. Ce qui n’empêche pas 2,5 millions de Belges (selon nos informations) de fréquenter les sites médicaux, majoritairement après une visite chez leur médecin. L’information a portée de clic incite à vérifier le diagnostic humain. Internet est sollicité aussi avant de voir un médecin. L’autotest marche très fort. Le malade en puissance essaie d’identifier la maladie dont il souffre en cochant les symptômes éprouvés. Ensuite, il se décide à consulter en chair et en os.
Les réticences aux TIC paraissent donc s’amenuiser au fil des années. La fracture numérique subsiste, mais elle est de deux ordres. 30% de Wallons ne possèdent toujours pas d’ordinateur. Outre l’impossibilité ou la difficulté de se connecter à Internet, l’AWT observe une deuxième fracture numérique liée aux compétences de l’utilisateur. Une frange de la population peine à employer efficacement les nouvelles technologies. Cette difficulté est liée au fossé qui se creuse entre les générations. Cet écart entraîne un désintérêt du troisième âge à l’égard des évolutions technologiques. L’étude note également un déficit de compétences pour « un usage des TIC sans risque et pleinement profitable à la personne. »
L’Agence recommande donc de privilégier l’ergonomie et la simplicité électronique. Il n’est pas indispensable d’acheter une tablette tactile dernier cri si vos usages se bornent au courrier et à l’information. L’e-inclusion impose de renforcer la place des TIC à l’école, de développer la formation permanente et de soutenir les Espaces publics numériques.
A propos d’école, le baromètre annuel n’a pas sondé les établissements comme l’an dernier. L’enquête assez lourde sera probablement renouvelée en 2012. Les chiffres de l’an dernier, plutôt affolants en matière d’équipement scolaire ont eu, paraît-il, un impact majeur. Le gouvernement wallon a pris plusieurs décisions pour remédier à la pénurie de matériel et de formation, en impliquant directions et enseignants. A vérifier sur le terrain. En attendant, n'hésitez pas à (re)lire notre dossier L'école connectée dans le Ligueur n°11 du 25 mai.
Patrice Gilly
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