


Après avoir lu l’actualité du 22 mars sur la voracité accumulée des appareils en mode veille, vous avez envie de poursuivre l’opération éclairage économique de printemps. Bravo ! Changer de comportement est un pas difficile à franchir. Pour modifier nos habitudes de consommation, nous devons percevoir un avantage matériel ou symbolique : économies, épanouissement, bien-être. Les familles ont très vite adopté les ampoules économiques. Probablement parce que les lampes classiques à incandescence disparaissent progressivement des rayons. Place au lumen et au kelvin.
L’étiquette légale renseigne sur l’efficacité de la lampe. Le lumen (lm) devrait rapidement détrôner le watt. Le lm indique l’intensité du flux lumineux. Le watt mesure la puissance. Exemple : une lampe de 50 watts allumée pendant 100 heures consomme 5 000 watts/heure ou 5 kWh d’électricité. Cette unité de puissance énergétique (W) n’est plus adaptée aux lampes basse consommation. Ce qui compte désormais, c’est l’intensité du flux lumineux exprimée en (lm). Cette intensité varie fortement selon le type d’ampoule (fluocompacte ou LED).
Selon la législation européenne, l’étiquette doit également indiquer la durée de vie exprimée en heures ainsi que le temps de chauffage, c’est-à-dire la durée nécessaire pour atteindre 60 % du flux lumineux. Ces nouvelles étiquettes indiquent encore le nombre de fois qu’une lampe peut être allumée et éteinte sans défaillance et la couleur de la température. Celle-ci est exprimée en kelvin : 2 700 K correspondent à une lumière blanche chaude. Plus on monte en kelvin, plus la lumière est froide.
L’offre de lampes basse consommation ne cesse d’évoluer. Les fluocompactes sont bien implantées. Les LED peuvent encore améliorer leur température et leur aire de diffusion. Elles sont intéressantes en éclairage localisé, moins en éclairage général. Actuellement, Les LED équipent surtout les GSM, les lampes de poche et les feux de signalisation des voitures.
Au passif des fluocompactes, un champ électromagnétique élevé et des composants (mercure) difficiles à éliminer. Ces ampoules chères à l’achat sont rentabilisées sur 1 000 heures (1 an). Elles consomment moins et ont une longévité considérable. Une lampe économique n’use que 25 W pour produire une intensité lumineuse d’environ 1 500 lumens. Sa durée de vie est de 6 000 à 15 000 heures. Elle est classée "A" ou "B" sur l’échelle énergétique. Un néon est plus économique encore. Il ne lui faut que 20 W pour produire la même intensité lumineuse, ce qui le place en classe "A". Sa longévité est de 10 000 à 15 000 heures. Ecoconso publie un intéressant tableau comparatif de systèmes classique d’éclairage.
A nouvelles lumières, nouveaux repères et nouveaux comportements. La patience notamment, car la plupart des fluocompactes ont un temps d’allumage variable, généralement ralenti par le froid. Cette attente en vaut la chandelle : l’éclairage représente environ 10 % de la consommation d’électricité d’une famille moyenne.
Si vous éteignez régulièrement les veilleuses de vos appareils électriques et si vous avez déjà opté pour les lampes économiques, vous faites partie de la petite moitié de familles disposées à changer ses modes de consommation pour alléger son budget et soulager l’environnement. Généralement, le consommateur rechigne à changer de comportement. Une récente étude réalisée dans 10 pays industrialisés montre que la population n’est pas prête à payer plus cher pour des énergies vertes ou pour des produits bio.
Il y a 5 ans, presque jour pour jour, le Réseau IDée sondait les processus de changement en vue d’un monde plus viable et solidaire au cours de deux journées d’étude réunissant 200 personnes. Une des conclusions des travaux était claire : d’accord de changer à condition de ne pas être seul."Je veux bien économiser l’énergie si une décision politique impose une règlementation collective".
Ainsi la contrainte est acceptable, surtout si les autorités informent clairement le parent citoyen sur l’impact réel d’une trop grande consommation d’énergie. Au vu des événements tragiques au Japon, le contexte est propice aux messages vantant les vertus de la multiplication des sources énergétiques.
En tout cas, le public est réfractaire aux discours culpabilisants ou moralisateurs. Par exemple, pour encourager le recyclage des GSM, plutôt dire qu’une tonne de téléphones permet de récupérer 150 grammes d’or tandis que l’extraction d’une tonne de minerai ne livre que 5 grammes du précieux métal. La famille reste le premier terreau pour semer le changement ; autant transmettre à nos enfants des informations générant des gestes "milieu vriendelijk" comme disent nos voisins flamands.
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