


La recommandation vise à inscrire l’éducation aux médias tout au long de la vie "en tant que mission d’intérêt général qui relève de politiques publiques ambitieuses et de mécanismes de financement public volontariste dans le respect de l’autonomie opérationnelle des bénéficiaires". Le texte insiste sur le nécessaire développement et la promotion de pédagogies adaptées à chaque public, à tous les âges de la vie, à différents contextes sociaux et culturels.
En clair, les pouvoirs publics sont invités à contrebalancer le poids de l’industrie médiatique, prodigue en nouveautés et avare en information. L’éducation aux médias ne peut être l’apanage du secteur marchand. Evidemment, les 27 pays membres de l’Union européenne ont des conceptions éducatives différentes. C’est une source de richesse à préserver. L’éducation aux médias universelle n’existe pas. Il n’y a pas un seul public concerné, c’est pourquoi la recommandation insiste sur l’accès de tous, riches ou pauvres, ruraux ou urbains aux outils formatifs.
Les parents figurent en première ligne des publics concernés. Ils invoquent souvent un argument technique pour expliquer les difficultés vécues en accompagnant leurs enfants dans la découverte des jeux vidéo et d’Internet. Rassurons-les une fois encore, les compétences sociales et informatives priment sur l’habileté technique. S’intéresser à ce qui captivent nos internautes juniors, les informer sur les avantages et les inconvénients de Facebook, c’est éduquer aux médias en commençant par installer un dialogue. Cela nécessite du temps et d’un minimum d’information pour se forger et transmettre une approche critique à l’égard des nombreux écrans, copains précoces de nos enfants.
Patrick Verniers, vice-président du CSEM a répertorié deux modèles parentaux :
Dans ce modèle, c’est la compétence de l’adulte éducateur qui est visée. Il s’agit de le rendre capable d’entrer en dialogue avec un partenaire sur lequel il a une responsabilité éducative. Nous sommes en pleine compétence sociale.
L’éducation aux médias vise à rendre capable le parent de donner des règles, d’agir avec autorité dans sa mission éducative.
Nous touchons ici un des attributs fondamentaux de la parentalité : être celui qui permet à l’enfant d’être auteur de sa vie. Le parent devient référent grâce aux savoirs, par ex ; qu’il acquiert lors d’ateliers pratiques organisés par les pouvoirs publics. Et aussi lors de rencontres entre parents concernés par l’éducation aux médias. Les participants à ces échanges admettent que faire semblant d’être au parfum des TICs est de mauvais aloi pour pénétrer dans la bulle monde numérique des natifs digitaux. Nous l’avons déjà écrit, pour la première fois dans l’histoire, les jeunes en savent davantage que les adultes en matière de technologie. La transmission des savoirs est inversée … dans ce domaine. C’est une révolution.
Qui dit révolution, dit politique. Le cap de cette révolution, c’est une éducation aux médias structurée et accessible à tous et à tous âges. La conférence de décembre dernier (voir Fil Actu du 6/12/2010) voulait relier les expériences pratiques et les recommandations politiques afin de permettre à chacun, à tous les stades de la vie, de participer à des expériences d’apprentissage. L’éducation aux médias a besoin de mises à jour constantes. Sans politiques concertées, elle restera, au pire, un vœu pieu, au mieux un outil dépassé.
Le CSEM lance une campagne d’adhésion publique à la "Déclaration de Bruxelles" sur internet ici.
La Commission européenne a défini l’éducation aux médias comme étant la capacité à accéder aux médias, à comprendre et à apprécier avec un regard critique, les différents aspects des médias et de leurs contenus. Elle vise à sensibiliser davantage les gens aux diverses formes que peuvent prendre les messages médiatiques dans leur vie quotidienne. Par message médiatiques, on entend les programmes, films, images, textes, sons et sites Internet qui sont fournis par divers moyens de communication.
Un livre : Le couple, l’ordinateur, la famille, de Laurence Le Douarin, Ed. Payot
Patrice Gilly
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