


Ce mercredi 8 décembre a eu lieu le lancement du championnat européen des métiers, organisé cette année à Lisbonne. Vingt-quatre jeunes Belges ont rallié cette semaine la capitale portugaise, pour défendre les couleurs de leurs professions.
Répartis dans quatre immenses palais à l’allure futuriste de la Foire Internationale de Lisbonne, 460 candidats de vingt-cinq pays s’affrontent dans des épreuves diverses, allant de la soudure à la construction de routes (utile en Wallonie !), en passant par la mécatronique, la coiffure (avec la seule candidate flamande !), la soudure, l’horeca, les techniques de l’information et de la communication, la construction, etc.
Près de mille jeunes ont participé à des sélections dans les vingt-deux métiers choisis par EuroSkills Belgium. "Ces métiers ont été retenus par notre délégation parce qu’il y a une pénurie de main d’œuvre qualifiée dans ces secteurs ou par souci d’en développer l’excellence ou d’en assurer la promotion. Cela dépend aussi du soutien apporté par les secteurs en question, car participer à cet événement demande un gros investissement en terme d’accompagnement et de formation des jeunes notamment", explique Francis Hourant, directeur général. Seule condition de participation : avoir maximum 25 ans au 31 décembre de l’année de compétition.
Le show...
Et les choses ont été faites en grand. Show en soirée dans un palais survolté, sur le mode d’une cérémonie d’ouverture de Jeux Olympiques, avec stars de la chanson, danseurs, groupes de musique, fumigènes, grands écrans, équipes de télévision de différents pays… Nos jeunes sont sapés comme les Diables Rouges en déplacement : veste noire stylée sur tee-shirt noir et Converse rouges… Une équipe que l’on sent motivée, soudée, gonflée à bloc, grâce notamment à un trio de coachs formés du docteur Pol Wotquenne, du psychologue Christian Neys, spécialisé en accompagnement de compétiteurs et du kinésithérapeute et ostéopathe Jean Bourguignont, qui a suivi pendant trente ans les… joueurs du Standard !
Ces trois Team leaders sont envoyés par l’Institut Ernest Malvoz de la Province de Liège, partenaire important de d’EuroSkill Belgium. Notre équipe n’est pas la dernière à mettre l’ambiance ! Il faut dire qu’ils sont soutenus par une forte délégation belge composée de représentants de différentes confédérations professionnelles, du Forem, de l’Ifapme, de Bruxelles formation, de l’EFPME, de Technifutur et Technofutur, d’enseignants, d’experts qui ont préparé leurs poulains. Quelques parents ont aussi fait le déplacement, avec des éclairs de fierté dans les yeux. Voire une pointe d’émotion. Un regret peut-être : aucun représentant politique pour apporter leurs encouragements avant le lancement des épreuves…
... avant la compétition
Le lendemain, fini de rire ! Les choses sérieuses commencent. Les jeunes reçoivent leur épreuve. Leurs experts ne peuvent plus les conseiller. Il faut dire que les consignes sont strictes. Pas question de déconcentrer les candidats… ou de s’inspirer de ce que fait le voisin. Mais l’esprit des jeunes est ailleurs. Comme nous confient les parents de Steven Bruyère, 18 ans, qui étudie la menuiserie à l’IND de Malmédy, et benjamin du groupe : "Il est maintenant dans son monde à lui, concentré sur sa pièce." Il faut dire qu’il a la menuiserie chevillée au corps depuis ses primaires. Il a ainsi remporté le Rabot d’Or 2010, ce qui lui a donné son accessit à cette compétition européenne des métiers techniques et manuels.
Les uns participent en individuels, comme Olivier Lecocq, le soudeur enfermé dans sa cahute, ou en équipe comme les cinq mousquetaires lancés dans la construction d’une maison. Ou Alexandre Huppertz et David Ahn, un duo de copains mécatroniciens, déjà rodés à ce genre d’épreuves pour s’être classés 10e sur 28 équipes aux WorldSkills de Calgary au Canada l’an dernier. Dès la première journée, ils ont pris une sacrée longueur d’avance et leurs chances de médaille sont tout à fait réelles. Mais précisent-ils, "nous serions fiers de gagner bien sûr, mais on vit plein d’autres choses. Nous découvrons ici de nouvelles techniques. C’est aussi une expérience humaine extraordinaire. Nous formons un groupe soudé même si nous venons de différents métiers et nous rencontrons aussi nos concurrents, à l’hôtel, aux repas, durant les pauses, on a vite dépassé la barrière des langues et, à travers le métier, nous parlons de choses que nous connaissons."
De fait, nous avons pu assister au coup de pouce que David et Alexandre ont donné à leurs collègues slovaques qui pataugeaient dans l’installation de leur matériel informatique avant le démarrage de la compétition. L’an dernier, l’équipe belge a d’ailleurs reçu le prix du fair-play ! Proclamation des résultats ce dimanche.
Pour suivre les représentants belges au jour le jour : www.skillsbelgium.be
À noter : la présence d’une délégation du circuit de Spa-Francorchamp, car si la Belgique n’a pas été retenue pour l’organisation de la Coupe du Monde de football, elle l’a été pour les EuroSkills 2012 qui se dérouleront là où rugissent d’habitude d’autres moteurs. Un autre défi à relever, et pas que pour nos jeunes cette fois !
De notre envoyé spécial Michel Torrekens
Crédit photo : Euroskills Belgium
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