


La région wallonne tarde à appliquer le décret sur la protection contres les effets nocifs des antennes GSM. C’est du moins ce que prétend le Groupe de réflexions et d’actions pour une politique écologique (GRAPPE). Le cabinet du ministre compétent réplique : laissez-nous le temps d’établir des paramètres corrects et fiables pour évaluer la nocivité éventuelle des rayonnements.
Gembloux a pris les devants. La ville a répertorié les antennes sur son territoire, c’est-à dire les pylônes portant des relais de télécommunications, de téléphonie mobile notamment. Sur la vingtaine dénombrée, 6 « mâts » ne sont pas en ordre de permis. La mesure du rayonnement de 8 antennes révèle un dépassement de la norme légale de 3V/m. Gembloux a appliqué à la lettre les articles 8 et 9 du décret du 3/04/2009. Les 2 articles prévoient un cadastre des antennes émettrices et un contrôle des émissions. Pour le GRAPPE, le délai de grâce est dépassé. L’association, chère au député européen honoraire Paul Lannoye et à l’ancien sénateur écolo Georges Trussart, met en demeure le ministre (écolo) Henry 15 mois après l’entrée en vigueur du décret. Ils lui demandent au moins de dresser une carte des implantations et de désigner un organisme indépendant pour évaluer la charge de rayonnement. A défaut d’arrêtés d’exécution dans les 4 mois, le Groupe d’action saisira le Conseil d’Etat.
Selon nos informations, le ministre Henry planche sur un autre décret prévoyant des normes plus sévères de rayonnement électromagnétique autorisé, soit 0.6V/m au lieu de 3V/m. C’est ce que souhaitent les associations environnementales. Ce changement de normes entraînerait une multiplication des pylônes afin de garder la même qualité de communication. Il s’agit de concilier des critères techniques, sanitaires et esthétiques. L’équilibre est complexe. « Vous comprendrez que nous progressons lentement, nous dit-on au cabinet du ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de la Mobilité. Nous avons 5 ans de législature pour mener des politiques à bien. Depuis juin dernier, nous évaluons le rayonnement des antennes de manière inopinée, de façon à surprendre les opérateurs. D’autre part, nous attendons de connaître le résultat de l'application d'une ordonnance limitant les rayonnements dans la Région de Bruxelles-Capitale pour voir si le décret wallon est applicable ; il semble que oui».
L’argument avancé pour attendre les Bruxellois : éviter des coûts inutiles. Soit, mais la région capitale très urbaine, est-elle comparable à la Wallonie plus rurale et moins dense en population. Quant au cadastre, les experts planchent sur la meilleure méthodologie, nous a-t-on assuré. Parions que la coalition régionale est prudente à l’idée de dépenser plusieurs dizaines de millions d’euros pour localiser des antennes « éventuellement » nocives.
Faute d’information claire et alarmés par les conclusions convergentes de plusieurs études, les communes et les riverains s’opposent régulièrement aux implantations. Le décret wallon d’avril 2009 est plus tolérant que l’ordonnance bruxelloise. Le texte, proposé par l’ancien ministre Antoine n’additionne pas les émissions des antennes placées sur un même support. Le professeur Vander Vorst, membre du Conseil supérieur de la Santé, estime que les puissances cumulées de 6 antennes sur un pylône produisent réellement 7.34 V/M, plus du double des 3V/M légaux. Le Grappe rappelle que le rayonnement des antennes est particulièrement opérant 500 m autour du pylône. Paul Lannoye insiste sur les effets biologiques des ondes électromagnétiques pulsées en plus des effets thermiques. Les hautes fréquences des GSM, Internet sans fil, téléphone sur socle DECT et des baby phones sont très intrusives et agissent sur le les tissus et le cerveau.
En ville, le rayonnement naturel de notre environnement a augmenté considérablement au cours des dernières décennies. Il serait 10 millions de fois plus élevé, accroissement dû à l’essor des télécommunications sans fil. Ni en Wallonie, ni à Bruxelles, le principe de précaution n’est respecté. C’est pourquoi, le GRAPPE réclame la mise en garde du public contre l’utilisation abusive du GSM, Wi-Fi, du baby phone et du téléphone d’intérieur (DECT), ainsi que l’interdiction du Wi-Fi dans les lieux où séjournent les personnes les plus vulnérables : écoles, crèches, hôpitaux, homes pour personnes âgées. Nous baignons dans les hyperfréquences, de 1000 à 3000 Mhz ( 900 Mhz, le GSM courant). Ce sont des ondes très agressives pour le système nerveux, avertissent plusieurs scientifiques. Gare à l’electrosmog.
Quant à nous, nous réitérons nos recommandations habituelles :
Liens utiles : Les champs électromagnétiques et la santé, Votre guide dans le paysage électromagnétique. Brochure gratuite est disponible au centre d’appel du SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement ( 02/524 97 97). Téléchargeable sur www.health.fgov.be.
« Les ondes, arrêtez de fermer les yeux. » Un dossier du Ligueur du 13/02/2008. Consultez les archives en ligne.
Patrice Gilly
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