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Actualité du 28/07/2010

Ipad : attendez avant de l’acheter

Ipad : attendez avant de l’acheter

La machine marketing d'Apple a une fois de plus bien fonctionné. Quelques grandes villes dans le monde ont pu vendre sa nouvelle merveille en primeur. Avec, à chaque fois, dès l’aube, des dizaines de geeks - ces férus de technologie, prêts à acquérir à prix d'or les plus récents gadgets - massés devant les portes des magasins, afin d'être premiers à bénéficier des bienfaits de ce Saint Graal des temps modernes nommé Ipad.

L'Ipad a tout pour plaire aux passionnés de technologie nomade. Cette tablette PC, sorte d'Iphone grand format, permet de surfer sur internet, de lire et de répondre à ses mails, de visionner ses photos et vidéos, d'écouter ses musiques, d'utiliser des logiciels de bureautique adaptés… et, enfin, de lire des livres électroniques. (Précision : contrairement à l’Iphone, l’Ipad ne permet pas de téléphoner, ni de prendre des photos). Tout ça sur un cm d'épaisseur, en moins de 700 gr. et avec une autonomie "annoncée" de 10 heures : les possesseurs d'Iphone, obligés de recharger leur téléphone pratiquement tous les jours, savent qu'entre les autonomies "annoncées" par Apple et la réalité, il y a un large fossé.

La lecture de livres numériques - ou ebooks, versions numérisées des livres, pouvant être lues sur écran - est le principal intérêt de cette tablette. Vous pouvez stocker une bibliothèque complète, ou presque, en un seul appareil. Lorsqu'on voyage, lorsqu'on part en vacances, pouvoir transporter en un petit volume ses livres de référence, ses romans ou albums de bande dessinée préférés, c'est un avantage indéniable. Et Apple a bien fait les choses pour présenter l'Ipad comme un acteur incontournable, à la fois en tant que liseuse électronique et en tant que librairie de livres numériques, l'Ibook Store. Mais cet objet est-il pour autant incontournable? Pas nécessairement…

Certes, l’Ipad fait beaucoup de choses, mais il est très cher : entre 499 € et 799 €. Outch! Si vous cherchez une liseuse électronique, il y aura bientôt des alternatives nettement moins chères, plus performantes et… plus légères. D’ailleurs, essayez de lire un livre de 700 grammes, vous comprendrez pourquoi c'est important ! Autre bémol : tout nouvel appareil électronique fait ses maladies de jeunesse. Apple va donc apprendre de tous les défauts des premiers utilisateurs, et proposer dans quelques mois une nouvelle version rectifiant le tir. Plus tard, encore, une version vraiment satisfaisante. Dans ce domaine, on a donc toujours intérêt à patienter !

Exemple de maladies de jeunesse de l’Ipad : l'écran, qui n'est pas du tout adapté à une lecture en pleine lumière. En effet, il capte tous les reflets. Pire : par précaution, l'appareil se bloque lorsqu'il a trop chaud, comme ont pu le constater à leurs dépens certains vacanciers. Parmi les autres points très discutables, on peut citer également le fait que la batterie ne soit pas remplaçable - or, toute batterie rechargeable s'use avec le temps -, mais aussi la politique très dure d'Apple au niveau du respect de la garantie. Les possesseurs d'Ipod et d'Iphone savent qu'il suffit de quelque chose aussi anodin qu'une griffe ou un coup sur la coque pour qu'Apple refuse la garantie. Pour des appareils aussi coûteux, et un service après-vente qui n'est pas des meilleurs marchés, c'est un manque de respect réel des consommateurs.

Le plus gros point noir, cependant est la censure systématique d'Apple. Vous achetez un livre via l'Ipad ? Il y a de fortes chances que vous y rencontriez des mots remplacés par des astérisques parce que considérés comme non-politiquement corrects selon les critères américains. Vous aimez les bandes dessinées ? Les versions vendues sur l'Ipad seront différentes des versions papiers : les seins nus sur une plage, par exemple, seront floutés ou camouflés. Apple se permet même d'interdire à la vente les livres si les éditeurs ne se plient pas à sa loi. L'adaptation BD de l'"Ulysse", de James Joyce, a ainsi été rejetée par Apple. Nous nous trouvons donc devant un distributeur qui impose sa culture pudibonde au reste du monde. Ce qui est évidemment inacceptable. D'autant plus inacceptable qu'Apple n'a pas la même pudibonderie avec le marché (juteux) de la musique. Il vend via l'Ipad des milliers de chansons de rappeurs bourrés de mots tels que "dick", "shit", "fuck", que nous ne vous traduirons pas mais qui sont loin d'être politiquement corrects. La bonne conscience d'Apple s'efface donc derrière ses intérêts financiers. Et l'Ipad, gadget contestable, est le parfait reflet de cette hypocrisie !

Patrick Pinchart

 

 


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